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Tome troisieme. K - P.
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rut de la même maniéré au bout d’un an. II demeura veuf quelques années, & ne se remariaqu’aprês le rétablissement de Charles II & l’amnístie qu’il obtint de ce Monarque. II l’avoit ofenféentre autres Livres par celui qui est intitulé Iconoclastes , & qui est la Réfutation d’un Ouvragequ’on attribuoit à Charles I. II soutint que ce Monarque n’en étoit point l’Auteur. Le tems amontré qu’il soutint cela avec fondement (N). II se tint caché lors qu’on rapela Charles II,

leurs murmures ; 8c prévoiant qu’à l’avenir ce seroit unecorvée qui leur deviendroit ennuieuse de plus en plus,il les en dispensa, & leur fit aprendre des choses plus con-venables à leur condition, & à leur sexe (41).

(N) ll soutînt que Charles I n’étoit p oint V Auteur del’Eìxàv ficia-iMKÌj. Le tems a montré qu il soutint cela avec fon-dement.'] 11 n’est peut-être jamais arrivé aucune chose plusfinguliere que celle-ci dans ce qui concerne l’Histoire desLivres. La Dispute, qui s’est élevée fur ce point de fait,a été féconde en Ecrits. Les parties, aiant jugé que lachose tpaînoit après elle plusieurs conséquences notables,se sont piquées au jeu, 8c ont mis en usage toute l’industriedes Discussions. C'est ce qui m’autorife à donner quelquedétail fur cette afaire. Je commence par le Livre mêmequi a pour Titre E hèiv /teov/Uxif. II a été traduit de l’An-glois en diverses Langues. Le Sieur Porrée le traduisit enFrançois, 8c y ajouta une fort longue Préface, & dédiafa Version au Roi d’Angleterre Charles II. Je me fers del’Edition de Paris chez Louys Vendosme 1649 in 12,. Envoici le Frontispice: eikíln basiaikh, le Pour-traxct du R o,r de la Grand’ Bretagne. Faitde sa propre main , durant sa solitude & set souffrances. Rom.8. Plus que vainqueur çrc. Bona agere, & mala pati, Re-gium est. Reveue, corrigée, Z? augmentée de tiouveau. Mil-ton , qui réfuta cet Ouvrage , suposa que les Amis deCharles I, en étoient les vrais Auteurs, & qu’ils l’avoientpublié afin de rendre plus odieuse la conduite des Parle-mentaires. J’ai une Version Françoise de sa Réponse in12, & voici tout ce que le Titre en contient: ei’kono-KAA'STHS, ou Réponse au Livre intitulé Ei’icíl'n BASI-AIKH': ou le Pourtra'tcl de sa Sacrée Majesté durant sa soli-tude cr ses souffrances. Par le Sr. j È a n Miiton, Tradui-te de l’Anglais fur la seconde zr plus ample Edition, & revuepar l’Auteur. A laquelle font ajoutées diverses Pièces, men-tionnées en ladite Repense, pour la plus grande commodité duLeSleur. A Londres par Guìll. Du-Gard, Imprimeur du Con-seil d’Etat, l’an 1652. Et se vend par Nicolas Bourne à laporte Méridionale de la vieille Bourse. Volons un Passage dela Réponse de Miiton au Clamor regii sanguinis il concer-, ne Tordre que le Roi donna sur Pécha faut à Mr. l’Evêquede Londres,de faire savoir à son fils qu’il vouloit que l’onne punît jamais les Auteurs de son suplice. Cet Evêque,pressé par les Juges de déclarer ce que le Roi lui avoit re-commandé, avoua enfin ce que c’étoit. Miiton décochelà-dessus cette Remarque: O magis, regemne dicampietatis,an Episcopum rimarum plénum ! qui rem tam sécrété in peg-tnate sua fidei commtffam ut effutiret , tam facile expugnarïpotuit. At ò taciturne ! jampridem Carolus hoc idem interalia pracepta filio mandaverat, in illa Icône Bafilica, quemlibrum ideo feriptum satìs apparet, ut omni cum diligentìanobis vel invitis secretum illud , qua ostentatione fimulatumtrat , eadem paulo post evulgaretur. Sed video plane decre-vtffe vos Carolum quemdam absolutiffimum, si non Stuartumiunc, at saltem hyperboreum aliquem W fabulosum, fucatisquibusttbet colorìbus depittum , imperitis rerum obtrudere : itajabellam banc velut acroama quoddam, diverbìis zsr senten-tlolis pulchre diftinSlam, nescio quem ethologum imitatus , adìnescandas vulgi aures putid'e concinnafti (43). Le sentimentde cet Ecrivain n’avoit point tait d’impreíììon dans les paisétrangers. Tout le monde y étoit persuadé que le RoiCharles premier avoit fait le Livre qui portoit son nom.Cela faisoit tant d’honneur à sa mémoire, & paroissoit sicapable de le faire considérer comme un vrai Martyr, quel’on jugeoit que Miiton s’inscrivant en faux n’avoit faitque se servir de la ruse des Avocats qui nient tout ce quiest trop favorable au Parti contraire. Ce qui restoit deCromwellistes en Angleterre se conformoit au jugement deîdilton; mais leur sentiment étoit suspect par la raison queje viens de dire. Tous les partisans de la cause de Char-les I s’oposoient avec ardeur à ce sentiment; & commeles intérêts de leur cause se trouvoient dans l’opinion quece Prince étoit T Auteur véritable de Yeìkùiv paentoxì), i] sPouvoient être suspects tout comme les autres, de se ser-vir de Tartifice des Avocats. Néanmoins leur opinion pre-valoit en Angleterre, 8c ne pouvoit etre courbatue par deslaits certains. Enfin il est arrivé des choses qui Pont dé-truite. Voici le commencement 8c le progrès de salaireselon le narré de Mr. Toland.

L’an 1686, Mr. Millington vendoit à l’encan la Biblio-thèque de Mylord Anglesey, Sc lors qu’on en fut à Ylconh «filica, il eut le tems de feuilleter l’Exemplaire; car lesenchérisseurs étoient fort froids. II y rencontra une page°h Mylord d’Anglesey avoit écrit de sa propre main ceVd suit: „Le Roi Charles II, 8c le Duc d’Iork, voiant'> un Exemplaire manuscrit de cet Ouvrage que je leur» montrai dans la chambre des Seigeurs pendant les der-" n j er es séances du Parlement Pan 1675, dans lequel Exem-" Pwire il y avoit des corrections, 8c des changemens écrits" d e la propre main du Roi Charles I, me dirent tous" deux M’st étoit certain que cet Ouvrage n’avoit pas été

&

„ compilé par le Roi leur pere ,mais par le Docteur Gau-„ den Evêque d’Exeter. Ce que j’insere ici pour desabu-„ ses les autres. En foi de quoi j'attelle ce fait de ma,, propre main

,, Anglesey.,,

Depuis qu’on eut su cette particularité, on s’en entretintbeaucoup, 8c cela fit qu’il y eut des gens qui questionnè-rent fur ce sujet le Docteur Walker, parce qu’ils n’igno-roient pas les liaisons qu’il avoit eues avec cet 'Evêqued’Exeter. 11 leur avoua ce qu’il en savoir; 8c aiant étéprovoqué, 8c fort ofenfé par le Docteur Hollingworth, ilpublia pour fa justification un narré touchant ce Livre. IIexposa que le Docteur Gauden lui avoit communiqué toutle projet de cette afaire, 8c quelques Chapitres debafilica, 8c le plan de quelques autres: il raporta le sub-terfuge dont il fut paie par ce Docteur, après qu’il lui eutfait conoître qu’il n’aprouvoit point qu’on trompât ainsi lepublic. II raconta plusieurs autres faits, 8c nommémentces trois-ci,comme les tenant du Docteur Gauden. I. Quel’Evêque de Salisburi s’étoit chargé de composer deux Cha-pitres de l’Ouvrage. II. Que le Docteur Gauden avoitenvoie au Roi à Pile de Wicht par le Marquis de Hartfordune copie de Ylcon bafilica. III. Que le Duc d’Iorck sa-voir fort bien que le Docteur Gauden en étoit l’Auteur.On ajouta que le fils de ce Docteur, fa femme, & Monsr.Gifford qui avoit copié POuvrage, croioient fermementqu’il avoit été composé dans le lieu où ils demeuroient.On assura que l’opinion générale de la Famille étoit que leDocteur Gauden P avoit composé : on allégua que la Fa-mille en avoit toujours parlé fur ce pied-là, soit qu’il fûtprésent, soit qu’il fût absent, 8c qu’il n’avoit jamais prisla négative. Je passe fous silence plusieurs autres preu-ves ou éclaircissemens qui font dans la Relation du Doc-teur Walker.

Son narré quelque tems après fut confirmé d’une ma-niers qui passa pour une découverte totale de l’imposture.Voici comment : Un Marchand de Londres, nommé Ar-thur North, homme fort accrédité, & Membre de PE-glise Anglicane, avoit épousé la sœur de la femme de Char-les Gauden fils du Docteur, 8c après la mort de ce beau-frere il avoit eu foin des afaires de la veuve. II avoittrouvé parmi les papiers du défunt un paquet qui concer-noit uniquement l’afaìre de Ylcon bafilica. La veuve duDocteur Gauden savoir laissé à son fils Jean Gauden: quiétoit celui de tous ses enfans qu’elle aimoit avec le plus detendresse. Celui-ci l’avoit laissé à son frété Charles. Ontrouva dans ce paquet, I, une Lettre du Sécrétasse Ni-colas écrite au Docteur Gauden. II. La copie d’une Let-tre que ce Docteur avoit écrite au Chancelier Hyde, danslaquelle, entre autres obligations qu’on lui avoit, il faitmention d’un service véritablement Roial, 8c digne d’unerécompense Roiale, puis qu’il avoit eu pour but de forti-fier 8c d’encourager les Amis du Roi, 8c de découvrir 8ede convertir les ennemis de ce Prince. III. La copied’une Lettre qu’il avoit écrite au Duc d’Iork , pour repré-senter fortement les bons services qu’il avoit rendus. IV.Une Lettre écrite de la propre main du Chancelier Hydele rz de Mars 1661 , par laquelle ce Chancelier témoigneau Docteur Gauden qu’il est fâché de ses importunitez, 8clui fait excuse de ce qu’il ne peut encore lui rendre servi-ce. La conclusion de cette Lettre est remarquable; ellecontient ces paroles: ,, Cette particularité dont vous avez„ fait mention m’a été communiquée comme un secret;„ je suis fâché de savoir sçuë : quand elle cessera d’être„ un secret, elle ne plaira qu’à Mr. Miiton ”. Le même pa-quet contient entre plusieurs autres papiers une longuenarration écrite par la femme du Docteur Gauden. C’estun récit qui prouve d’une maniéré incontestable que sonmari est s Auteur de Ylcon bafilica. On y volt la confir-mation entiere du narré du Docteur Walker, Le la plu-part des faits que j’ai raportez ci-dessus, 8c plusieurs autrescirconstances tout-à-fait curieuses 8c extraordinaires. Cettenarration, copiée fur l’Original en présence de quelquespersonnes doctes 8c intégrés, a été imprimée dans un Ou-vrage qui a pour Titre, Tr ut h brought to Itght, La Véritémise au jour. Voilà les moiens par lesquels cette imposturea été pleinement manifestée. Ce grand secret qu on avoitforgé avec beaucoup d’artifice, & 5 ue , . Personnes inté-ressées à le tenir caché avoient fait valoir 1 adroitement,a été éventé par des incidens bien legeis 8c bien fortuits.Si le Docteur Gauden n’avoit pas ete frustré de 1 Evêchéde Winchester, il n’eût pas tant insiste fur les services qu’ilavoit rendus par le moien de cet Ecrit. Sa veuve n au-roit pas composé la narration, si elle eut été gratifiée durevenu de six mois âpres la mort de son man. Les deuxPrinces fils de Charles I se laissèrent echaper leur secret parune surprise bien casuelle, lors que Mylord Anglesey leurmontra de récriture du Roi leur pere. Et si d’autres queMillington eussent eu foin de la vente des Livres de ceDdd z Mylord,