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M O L s a:
(6) Idem »íLÍdt foL 86.
( 7 ) La_Monnoie,Lettre MS.
un fils qui fut pere d’une illustre fille, dont je vais parler,dépens du Molsa (D).
qu’elle étoit fort proche. On ne se trompa pas ; car nousaprenons par une Lettre qu’il écrivit de Milan le aï deFévrier 1543 à Claudio Tolomei, qu’il avoit assisté auxfunérailles du Molsa : Havrète saputa la morte dell'unicoMolza. io gionfi à tempo di vederlo vivo & mi su lecito d'ac-compagnarlo al sepolcro mono (6). Après avoir lu ces cho-ses, je ne doutai point que Mr. de Thou ne se fût trom-pé : néanmoins ,je voulus avoir de bons éclairciffemens; &pour cet effet je m’adressai à Mr. de la Monnoie, qui eutla bonté de m’écrire tant de particulariser touchant le Mol-sa, que ce sera faire un très-grand plaisir à mon Lecteur,que de les produire ici. ,, (?) Le Molza n’est pas mort„ en 1548 mais en 1544- Leîa se justifie par trois Let-„ tres d’Annibal Caro son intime ami; la premiere écrite„ de Rome au Molza malade à Modene est du z de Jan,„ vier 15^44, la seconde du xr de Fevrier, même année,„ servant de réponse à celle qu’il paroit que le Molza lui„ avoit faite, 8c la troisième du 6 de Mars suivant, par„ laquelle il mande au Varchi la mort du Molza comme„ une chose toute revente: Con le lagrime à gli occhi , ce,, sont les mots par ou il débute, vi dico che'l nostro da„ ben Molza é mono , e per lo graviJfimo dolore ch’io ne
,, sent0 , non ne pofib àir altro .- C’étoit un heu-
„ reux naturel que le Molza : l’étude le perfectionna, il„ joignit l’érudition à la politesse, la connoissance du„ Grec, 8c même, selon Lilius Gyraldus, de l’Hébreu à„ celle du Latin 8c de fa Langue. II réuffissoit en prose,„ en vers, dans le sérieux, dans le comique, en forte„ qu’allant bien loin au delà du jugement qu’avoit fait„ de lui son compatriote Sadolet, qu’il excellerait en,, quelque genre de composition que ce fust auquel il„ voudrait fe fixer, il a excellé en tous fans se fixer à pas„ un. Le P. Rapin l’a regardé parmi les modernes com-„ me un modèle de l’Elégie Latine. Son caractère étoit„ celui de Tibulle, fur quoi vous pouvez voir Barthelemi„ Riccius de ìmitatïone. Ses Pièces auraient pu estre en-
„ core plus châtiées, si la mort ne l’eust prévenu.
„ II est difficile de l’excuser fur fa vie licentieuse, à moins„ que d’admettre cette morale corrompue, fur les prin-,, cipes de laquelle il fe perfuadoit que pourvû qu’il s’abs-„ tînt des grands crimes, tels que l’athéisme, le larcin,,,'le meurtre , 8c toutes fortes de violences, il pouvoít,, dans une innocente liberté goûter les plaisirs des sens.„ Auslì, à l’entendre, étoit-il plus pur qu’une hermine,,, 8c jamais vie ne fut plus irréprochable que la sienne.,, II fe flate que quelqu’un venant un jour à la parcourir„ la proposera en exemple, Sc que ce sera la matière de„ son Panégyrique :
,, Tum faciles memoret mores , &• purìter aSía,, Percurrat vita tempora qu&que meA 9
dìt-il, dans cette belle Elégie qu’il fit peu de jours avant„ fa mort. Sa prédiction fut suivie d’un promt accom-„ plissement. 11 reçut de Paul Pansa bon Poète Latin,„ Précepteur du fameux Jean Louis de Fiefque, des loiian-,, ges testes qu’il les demandoit.
„ Hoc-ne meret probitas ? hoc-ne meret pietas ?
dit Celui-ci, 8c quatre vers après,
„ Ctutd prodeft vinifie pium, aât odifieprofanum„ Vulgus , er à Devis abstinuiffe malts?
Schradérus 8c Sweertius rapportent, qui plus est, une„ glorieuse Inscription consacrée à sa mémoire dans la Ca-,, thédrale de Modéne en ces termes : Si animarum auSïto„ fieret , Francifcum Molzam licitarentur Virtutes, Pa-„ tria, V Catharina ejus uxor, qm Mi & sibi vivens koc
„ pòfitit . Le Guidiccione , depuis Evêque de
,, Fossombrone, n’a pas parlé moins honorablement de la,, vertu du Molza. Datemi noyelle del Molza, dit-il dans,, ime Lettre au Tolomei, ch’io lo defidero fuor di mifura,„ cioe fe egli vuol f are povero il mondo , e ricchì i cieli con„ la sua anima , perche intendo che egli è infermo d’una,, acuta febre. Paul Jove, qui dans le fond ne l’a blâmé„ que parce qu’il ne fauvoit pas assez les bienséances, ne„ devoit pourtant pas ignorer que celui, dont il censurait„ la conduite, avoit été mis, même pour les mœurs, en„ parallèle avec'lui 8c avec beaucoup d’honnêtes gens ses„ contemporains par Longueil dans fa seconde Défense.,, %uid hic Paulum fiovium commemorem ? Angelum Colo-„ tium , Antonium Marofiicum ? %uid Marium Molfam ,„ Hieronymum Nigrum , M. Antonium Flaminium , Geor-,, gium Sauromanum , vires tum ab omni elegantiore dotïrina„ instruSliffimos, tum ìngenua animorum probitate optimos,„ atque totius vìu innocentia integerrimos ? C’étoit alors„ néanmoins le fort de la débauche du Molza. II avoit-» une maitresse nommée Furnie, qu’il aìmoit paffioriné-» ment.jusqu’à en avoir pris le nom de Furnius, 8c peut-" àe fut-ce d’elle auffi qu’il prit le mal dont il mourut.,, 'Nous avons une Lettre du même Longueil à Furnius
Le Boccalini s’est bien diverti aux
J’ai
, Marins Molza, où font ces paroles curieuses, Cujus qui-, dem rei me prímum fuis literis certìorem fecit Flavius Chry-, folinus , deinde A. Lalius Max'tmus , quem Gpuintì prnnomen, fecutum efie arbitror , quod &uinti& alicujus , ut tu Fiirn'u .,
, confuetudine iftic teneatur. Elle devint peu de temps, après courtisane publique. C’eil encore une particula-, rité que nous tenons de Longueil. Nam de agrest't illâ ,
, dit-il livre 4 écrivant à Flaminius,»» quamfe abstrufurum, efie Furnius Molsa affirmant ,speluncâ,fa 6 lus fum à Briffbne, nostro certior, Ac de Furnio quidem non valde fum mirât us,
, vult enim Furniam suam imitari, quam sese in recentem, istum luparxm furnum jam abdidifie intelligo. Sur la fin, de cette Lettre, comme il estoit prest à la fermer, il, marque par Apostille fa surprise d’une blessure qu’il ve-, noit d’apprendre qu’avoit reçue le Molza. His feriptis,, nec dum datis , accepi à Mariano literas ex quibus cognovi, quid Molsa nostro istic accidiffet. O casum acerbum. Ait, Me quidem à medicis hominem nondum efie deploratum,
, quanquam ad septum transversum vulnus pertineat. Verum„ me folicitum habet continent ista febris, qua nist cito difiol-
„ vitur . Sed non queo plura pra dolore scribere. On
„ peut voir auffi la Lettre qui fuit, 8c une Italienne du„ Sanga, dans le Recueil de l’Atanagi, écrite de Tortofe„ le 27 de Juin 1522 à Jean Baptiste Mentebuona, où il„ est parlé de cette blessurg, 8c où il dit de plus que le„ Molza s’étoit dégoûté de fa Furnie. 11 est aisé d’en de-„ viner la raison par le Passage que j’ai allégué de la Let-,, tre de Longueil à Flaminius. Che non credero io hora-,, mai dit le Sanga, poiche tl Molza ha sostenuto di mutare,, amore, e lasciare quella, quella tanto unica S. Furnia, è,, lasciarfi cadere in amore , dove havrà men bella materìa di„ scrìvere ? In un tempo medefimo ho inteso che fit ferito , e che„ erasensta pericolo-, poiche cofie, manco me ne duole. Pre-,, govi vedendolo che mi raccomandiate a lui, & al refto délia„ compagnia bestiale, e benche fia ilfior d'esta, purseparata-„ mente mi raccomandarete al dìvino , divinistimo M. Ga-„ briello <&c. On reconnoit par là qu’il y avoit alors à„ Rome une Académie de beaux esprits fous le nom de,, compagnia bestiale, à cause de l’indolence dans laquelle
apparemment ils faifoient profession de vivre. Je n’aì„ pu trouver jusqu’ici précisément à quel âge mourut le„ Molza: je juge seulement que ce ne fut pas dans un âge„ fort avancé, me fondant en cela fur ces vers de la belle„ Elégie que j’ai citée:
Hic jacet ante annos crudeli tabe feremptus
,, Molsa, ter injettopulverepafior abi.
Et fur celui-ci vers la fin,
„ Ante diem Elyfios cogor cognofiere campos 1
j, C’est auffi le sens de ce bel endroit de Paul Pansa dans„ son Elégie sur la mort de cet illustre,
,, Cur Atropos ausa es„ Pendula adhuc tereti rumpere pensa colo ?
Je croiois trouver beaucoup de faits touchant notre Molsadans Ylstorta délia voïgar Poefìa que l’Abbé Giovanni Mariode Crescimbeni a publiée depuis peu ; mais j’y ai seulementtrouvé (8) que ce Poète vécut au delà de l’an 1540, 8cqu’il mourut assez vieux à la. Cour du Cardinal Farneze.Cela est bien vague, 8c ne s’accorde point avec le Contiletémoin oculaire, qui assûre qu’il mourut à Modene. Cefut au mois de Février 1544. Je lai bien que la date defa Lettre porte l’an 1543 ; mais il faut suposer que c’est se-lon le calcul de ceux qui ne commençoient l’année qu’aumois de Mars, ou à Pâques; car autrement st y aurait dela méprise dans la date. Voiez les preuves de Mr. de laMonnoie, 8c joignez-y ce Passage d’une Lettre qui futécrite de Rome le i< de Janvier r 544, à Triton Benzio (9).Raccomandatemi, vi prego , caldamente al Molsa e datemiauviso de la fanità sua, perch’a gtorni pafiati nhavevo uditedisptacevoli nuove (10). C’est Claudio Tolomei qui parleainsi. II avoit écrit l’onzieme Décembre 1543 une Lettreau même Trifon dans laquelle il le prioit de saluer Mol-sa (n), 8c de faire un Sonnet ou une Epigramme sur lamort dune femme illustre (12). J’observe cela, afin d’a-prendre à mes Lecteurs en chemin faisant que ce Trifo»'étoit Poète.
(D) Le Boccalini s’eft bien diverti aux dépens du Molsa-]II introduit Christophle Colomb, Fernand Cortes, Ma'gellan, Vasco de Gama, Americ Vespuce, 8cc, qui & e ‘mandent à Apollon que vu la découverte d’un nouveauMonde, dont on leur est redevable, 8c dont ils étalent l eSutilitez, leur mémoire soit consacrée à l’immortalité, P ardes monumens proportionnez à leurs services. Le Chan'celier du Parnasse jninutoit déjà T Arrêt, lors que le Mollacomparut pour s’oposer à leur Requête. II avoit la tetetoute pelée, le menton sans aucun poil, le nés pourri, J®visage plein de croûtes 8c d’emplâtres. Voilà, s’écria-t-^eu montrant ses plaies, voilà les bijoux 8c les beaux P^'
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