4.id • M O N T M A U R,
Voilà les faits véritables à j'ai cru pouvoir tirer de fa Vie composée par Mr. Ménage, ou iîssont mêlez avec beaucoup de fictions ingénieuses Sc satiriques. Je n’y ai pu découvrir la patrie deMontmaur; mais, si l’on prenoit au pied de la lettre certaines paroles d’une autre Satire, l’onassûreroit qu’il naquit dans le Querci. Ce seroit se tromper; car il naquit dans le Limosin (D )J’ai lu dans les Mémoires de l’Abbe de Villeloin,qu’en 1617 il fut donné pour Précepteur au filsaîné du Maréchal de Praílin (E) Je raporterai une Histoire très-curieusc qui fera voir tout àla fois ses hâbleries, Sc la fausseté d’un Conte qu’on publia contre lui (E). II me semble qu’ónpeut dire sans se tromper que cet homme-là n’étoit pas à beaucoup prés aussi méprisable qu’on lereprésente. II aimoit trop la bonne chere; il alloit manger chez les Crans plus souvent qu’il n’eûtfalu; il y parloit avec trop de faste, je n’en doute point; mais si la fécondité de fa mémoire,
si la
(tt) Ci »v-
toit point en<el<t qm con -Jijiait le Ca-raftcre deGorgias , ni leyofytá&iv.
fl z) lAbbé
de Marolles,Dénombre~ment desAuteurs,
W*
(13) Imprimék Paris Pan16ìn 4.
,, Montmaur, Professeur du Roi dans la Langue Greque,,, qui affectoit ces jeux de paroles. Les Grecs ont dit de,, mesme yopyiáiseni : à cause du Rhéteur Gorgias le Léon-„ tin qui affectoit aussi ces annominations (n). Volez„ Philostrate dans son Epitre à Julie Auguste ”. Joignonsà cela un Passage du Catalogue des Auteurs qui firent pré-sent de leurs Ouvrages à Mr. l’Abbé de Marolles. Pierrede Montmaur , Professeur du Roi en Langue Greque , pourplusieurs Devises es? Inscriptions Latines , qui font presque uú-jaurs dans des allusions aux noms , cz dans des choses à doublesens, oìíson esprit se plaisoit grandement (iz).
(Z>) L'on assûreroit qu il naquit dans le Querci. Ce se-roit se tromper-, car il naquit dans le Limostn .] FeramusAvocat auParlement de Paris fut un de ceux qui écrivirentle plus malignement contre Montmaur. II fit un PoëmeLatin intitulé Macrini parasitogrammatici h m e p a ad Cel-sum, que Mr. de Valois le jeune inséra dans son Recueil,& que Monsr. Ménagé fit entrer depuis dans son Livre deMiscellanées (13). C’est aussi lune des cinq Pieces duRecueil de Nuremberg. Voici un morceau de ce Poë-me : nous en donnerons quelques autres dans les Remar-ques suivantes.
(14) Mena-gii Miscel-lan. p. ii,n,Libri adop-tìvi.
(15} Elletft dans leRecueil«^HadrienValois.
( 16 ) QifilAvait afirifede Mr.Baluse.
(17I Balzac,
a la. pagel6i daBarbon.
(18) Mena-gius, in VitaGargiliiMamurne,t a S- 16.
Tu, ME M MI, decus Aonidum ìmmortale Sororum,
Qui famam ìngentem meritis superantìbus impies ,
Tu desperatis restas spes unica rébus.
Et Musas quod doélus amas, quod Pallade Grec dInstgnis, mediis clarum caput inseris astris ,
Macrinum pateris bonus, esr misereris egeniTabenûsque famé, nullo mìserante, Sophists.
Grsca etenim cûm verba sonat, licet ore Cadurco ,llla placent, seris dìdicit qus G moulus annis.
Ecce tibì properatus adest, esr Boípme x&peIngeminans , menfs optatum sortttur honorem (14).
Mais l’Auteur anonyme de l'Histoire de la Vie & de laMort du grand Mogor (15), s’exprime plus clairement;car il afirme fans détour que Montmaur naquit à Castors,& que fa mere y menoit la vie d’une femme prostituée.Je me défiois de ces Ecrits satiriques , 8c pour avoir demeilleures instructions, je m’adrestai à Mr. Simon de Val-hebert, qui pouvoir avoir ouï dire à Mr. Ménagé beau-coup de choses particulières, & qui pouvoit trouver chezMr. I'Abbé Bìgnon plusieurs Imprimez concernant Mont-maur. II a eu la bonté de m'informer entre autres chosesde celle-ci (16), que ce Professeur étoit natif de la paroissede Retaille dans le bas Limousin. Depuis cela j’ai lu unPoëme de Balzac, qui témoigne que la Province de Li-mousin étoit le pais natal de ce personnage.
Ne jaile t nimis Auratum , cmasque Murets:
Nobilis hune quoque tam clarìs natalìbus, asperEduxit pago Lemovix-, dein magna TholosaCivem habuit, propriumque tenet mne maxima rerum ,Haud cedens Domina formosa Lutetia. Roms (17).
Vous remarquerez en passant que les autres Ecrivains, quiont fait satiriquement sa Vie, renvoient d'abord à Bour-deaux , 8c ne parlent point de Toulouse ; mais Balzacl’envoie tout droit de Limousin à Toulouse , & puis àParis.
(E) En 1617 il fut donné pour Précepteur au fils aîné duMaréchal de Prastin.] L’Abbé de Marolles observe queles trois fils du Duc de Ne vers n’avoient qu’un Précepteurappelle G. G. de la ville st Orléans , homme d’un petit gente,qui fut pourtant préféré à plusieurs, esr entre autres à PierreMonmaur surnommé le Grec , qui alla prendre la place quecelui-ci occupoit auprès du fils aîné du Maréchal de Prastin.Ce que dit Mr. Ménagé, que par contre-verité on le sur-nomma le Grec, n’est qu’une plaisanterie de satirique. Sedquod fidem omnemsuperai, Grâce tune nescitbat, GRAìcustnim ea tempestate per antiphrafim, quod minime Grscus ts-set , ab Invtdis ac Malevolis vocabatur (r 8).
(P) Ic raporterai une Histoire .... qui fera vo'tr . . ,fes hâbleries, esr la fausseté d’un Conte . . . contre lui. J j’ a jlu cette Histoire dans un Ouvrage qui n’est presque pointconu hors du pais où si a été imprimé. Cela m’encourageà la donner toute enticre. II n’est pas besoin de la tra-duire , si sustra d’observer en faveur de ceux qui n’enten-dent pas le Latin , que notre Montmaur, aiant dit àMonsr. le Chancelier que l’on trouvoit certaines chosesdans tels 8c dans tels Auteurs, eut la confusion df ne pou-
voir point avérer cela quand on mit ces Livres fur table.Mommorius Grscarum lìterarum Professer Regius , foins fuiordinis eques , esr apud Vrbìs Proceres inexhausis diélionis, eru-ditionis, ac memoris, ideoque gratus menfarum astecla, coramIllustrissime Cancellario, (is repente me accirì justum ,esr currufuo humaniter acceptum , in villulam amici, paulo ultra sub-urbia, exspatiatum duxerat ) multos authores laudavit, Grâ-ces est Latinos, ad locum quemdam D. Pauli, ubi a d besiiariosesr damnatos alludttur. Ego subdubitavi de fide laudautis ,aliofque qui aderant, in meam sententiam adduxi, nonnifi con-sultis libris ei credendum. Poflridie, ubi diluxit, firipfí adunum é famìliaribus esr domesiieis lllustriffimì Cancellarit, meanimi causâ , domum vesperi reversum adiiste authores ab eucitâtes , nil eorum qua dixerat , reperiisfe ; Non credideramfore, ut id resciret Dominus, aut porro suâ cura àignum du~ceret. liiduo post ad solitum prandium ivit Mommorius, mul-tis jocis super menfam exagitatus est, tanquam saisi fufpeóïus,aut plané reus. illico homo mira confident ta partes agere , ve-lus in feena , cavillarì, vociferari, vix exjpeílare dum é men-fa surgeretur, appellare fmgulos er univerfos. Prafertim Illus-triffimam Matronam, qutt ad latus viri erat , ut, qua teftis-esr cmfcia objettorum fuisses , suo de Accufatore triumpho inté-resse vellet: & cedo, inquìt, libros, Hefychìum, Manìltì As-tronomica, Strabonem, altos-, qui cûm fat ci ib reperiri nonpostent à novo nomenclatore, quamvis in refertistima Eibl'mhe-ca, mittitur confefiim servus à pedìbus meos postulatum, moxetiarn currus, qui me adveheret. Adventu meo non parvaexpeélatio omnium , quorfum res evaderet, nam , tametsi ho-minis hstrioniam fatis inteïlìgebant, ob ìngentem tamen fidu-cìam, vel à me ipso ver a dìcere prope creàtbatur. Itum estin cubiculum superius, prolato omni librorum instrumenta, se-dit Illustrist. Cancellarius tanquam supremus judex, affidebantduo Libeííorum Supplicum Ex-magtstri, Conststorìani Comités,aliquot Abbates, esr virì honefii complures utrtmque: Totamcontroverfitam. exposait diserte esr diltteide Héros jlle maximus,laudatâ nonnìhil etiam modestiâmea, tum suffit Mommorium (19)ex libris , quorum qam copia fieret , suas authoritates petere. Iau2jbi noster tergiverfari, aliéna concionari, verborum diverticula n '? s ’y Uquarere, concesto femel quod petierat, mox aliud requirens, eas (7iaud* ull Ledittones parum commoàas caufari, nec intérim de fententìa Mera 11 ':' u al ,decedere, nec manus dare-, cìtm urgeretur k Cancellario, ni- Avau* 1hilominus comperendinationem petere. Sefqui-horam fermé te-nuit ea dechnaiio, donec pronuntìamm est, saisi manifestum fjcjdeeste, esr foluia rifu concione, Batavie. Ex-legatus ad ignem , extempore hos uçmuculos yecïtavit a se jdóïos :
Mommor, c’est fait de ta mémoire,
Tu bronches fous ie vieux Bourbon,
Tous les Autheurs te font faux-bond,
Si tu n’as recours au Grimoire (19).
La Lettre de Nicolas Bourbon d’où je tire ce récit est , eSdatée du 3 de Novembre 1637. La chose s’étoit passée (2.0)cinq ou six jours auparavant (zo). Montmaur n’avoit doncpas été chassé de l’Hôtel de Mr. le Chancelier, lors que faVie fut écrite satiriquement par Mr. Ménagé l'an 1636(2.1). ííia
II y a donc aparence que les paroles que je vais citer font ^.4 1 3 ‘une pure fiction, ou qu’elles ne furent fondées que furun faux bruit. Mamurram é Convìvìo propter nefeio quidìnfandum Magnus Nomophylax turpiter ejecit: qua infortunii ^genere acerbius homìni Parafito accidere nullum potest. Arts-tippum quidem Dionyfius olim confputavit, ac postremus utaccumberet suffit : fed tamen ut accumberet jusfit, nec cend, «f j„pt> *ut Mamurra, privatus est Aristtpfus (zz). Mr. Feramus, i'od>qui fit un Poëme contre Montmaur avant que Mr. Me* iâ! 6 -nage publiât la Vie de Gargilius Mamurra (23), fupofe endivers endroits que Mr.le Chancelier avoit interdit fa' mai' B*son à ce Professeur. II exprime cela admirablement.
Livnst
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Tolonìfs
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Sed plurìmus h&ret
Claras ante domos atque alta Palatin magniSegueb.ii, tum fortuna , fortìfque retordant{ststuà licuit quondam divins, accumbere menfs')
In vetitas audax irrumpere cogitât sdes.
Ah\ quoties votis precibufque, esr supplice sietuAdmittì petitt , fed inexorabilis illeJanitor, Helvetis duris de rupibus ortus ,
Arcet ab ingrestu, prohibetque, esr justa mìnaturVerbera, esr offenfi Domini pro crimine pœnas ,Intentant fusiem, fumptamque iratior hafiam ,
Ni cédât procul esr rétro veftigia, yertat (24).
[uri*’
Mita
M- si.
( 23 ) Cí/aparait par
t*Epitrednatûire 4e/a Vie deMamurra,
(h) MiCcdlan, Menas*$ titré
W f l-Ì9>
(G) Si