MONTMAUR.
(w) n fat
imprimé kParis in 8Pan 1648.
sz6) II estdans le \e~cùcil ejtVH a-drien Va-lois publia,Van 1643.
{37) Balzac,■à. la page 160 ,161, du,Lardon.
Cî8) Idem yiòid. pag %165 .
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( A.) -i-
V .ArticleCATU1LE.
(40) Balzac,Entret.XVII, pog.m. 204.
4^8
C’eft une chose assez remarquable que les Suposts de la Faculté des Arts de FUniveríìté de Paris«'accoururent point au secours de leur Confrère Pierre de Montmaur. C’eít un signe qu’il n’a-voit su se faire aimer ni des Régens de College, ni des beaux Esprits. C’eût été un étrangetintamarre si ces Régens eussent fait une contre-ligue en fa faveur, & sc fussent mis en devoir defaire servir toute leur Grammaire, & toute leur Rhétorique en prose & en vers contre ses persé-cuteurs. II y a des personnes de mérite, qui condamnent le déchaînement de ceux-ci (K) : les
Passages
Et de Cenìpeta mihi jocofosScribat Gargilio repente versus.
Qui non fcripserit , inter eruditosInsulsijsimus ambulet patronos.
Voilà quelle fut la conclusion de l’Histoire de Mamurra.On a pu donc dire avec beaucoup de raison que Mr. Mé-nagé sonna le tocsin ; 2c l’on pourroit aussi dire par uneautre métaphore, qu’il bâtit la caisse pour lever du mon-de. Mr. de Balzac ne manqua pas de s’enrôler, ni d’ex-horter ses amis à prendre les armes. II servit 8c dans in-fanterie & dans la cavalerie. Le Barbon (35), Ouvrageen prose qu’il envola à Mr. Ménagé, fut accompagné dedeux Poèmes dont l’un elt intitulé lndignatio in TheonemLudimagiftrum Ex-jesiuitam laudatorem ineptifflmum Emi-nemijsimi Cardinalis Valet n. (3 6), 8c l’autre est une Lettre àMr.'de Boisrobert, où il le prie d’attaquer Montmaur, &de trouver bon qu’il encourage Mr. Feramus à une pa-reille entreprise,
Kec folum tibi Semidei dicantur, at ipse '
Therptes, ipse antiquo qui diêlus Homero ,
Ore animoque eanis ; pridem oui siensius Honefii efi,Extinélusique in fronte pudor. Fœdissima longasBefiia det poenas. Descende ad probra LatiniNomìnis, ac turpes Mamurra interprète Graios,
Poílutumque notis omni ex Auéìore volumen.
Monftra refer verbcruni, alto quœ vexit ab orbe,
Terribiles Grìpbos, e?e (3 7).
Hic doSlo te Marte potens, Ferrame, vocamus,
Ante alios: (ea vota meo fint grata Metello )
Cim tot tela volent, t ot in unum tela parentur,
O tia agas , tuaque arma neges communibus arm'ts ?
Vana pitm-ne putet deformi parcere Monstro,
Rellìgio ? Tu-ne inviâlos torquebis IambosIn caput alter'tus? Vivet-ne obsccenus amator,
Atque hofiis Musarum, omnis temerator Honefii,
Pindi tetra lues ? Pestem tamen il le minoremScaligeri Tullique client, & Casiare lasioConjpicuus Saclis, nigro devovit Averno:
Nec taies Verona tulit fine vindice chartas (38).'
A voir la maniéré dont ces Messieurs travailloient à grossirleur Ligue, 6c à convoquer V Arriereban de la Républiquedes Lettres, on diroit qu’il étoit question, non pas de fai-re lever le siégé de la montagne de Parnasse à des barba-res résolus de livrer les Muscs à la discrétion du soldat,mais de la reprendre fur ces incirconcis , Sc de remettre enliberté les chastes filles de mémoire détenues dans les noirscachots d’une nation sacrilege, impure, Sc abominable.
II y eut des gens qui censurèrent quelque chose dans cesVers Latins de Balzac. On y trouva de l’obscurité, & deinhumanité. L’obscurité confistoit dans les paroles quidésignent le Poëte Catulle. Nous avons vu ci-dessus (39)ce que Balzac répondit, 8c vous pourrez voir dans ses En-tretiens fa réponse quant au reproche de cruauté. II y faitvoir que l’on a eu tort de dire qu’il étoit plus inhumainenvers le nouveau Mamurra, que Catulle ne l’étoit à l’é-gard de ses ennemis. Je n ai parlé , dit-il (40), que d’unesimple exécration Poétique, ou pour le plus d’une simple mort-Car, en bon Latin , dévouer à V Enfer, ou à l’Averne, neva pas au delà de la mort -, çy la ciguë , la corde , l’espée , lapeuvent donner . Mais le vindicatif Catulle encherit fur tousces supplices communs. Il parle de la derniere, c? de la pluscruelle de toutes les peines : Il condamne à efire brusté toutvif le mauvais Poète dont il s'agit, comme un Sorcier, ou un
Infelicibsis ustulanda flammis.
Et plus bas,
Et vos interea venite in ignem.
D’autres le blâment de s’être mêlé d’une espece de com-position à quoi ils jugent qu’il n’étoit pas propre. Consi-dérez, je vous prie, ce Passage de Mr. Gueret : ,, On a„ encore cette malheureuse fantaisie de prétendre réussir„ en toutes choses, on ne veut point passer pour avoir„ un Genie borné, comme il n’y a guere de Poëte qui„ n’étende fa Juridiction depuis l’Epigramme jusqu’au„ Poëme Epique, on ne voit presque point aussi d’Ora--, teur, qui du Panégyrique ne descende jusqu’au Billet
-, doux.Scarron , que la nature fit tout burlesque,
-> 2c dont l’esprit ôc le corps furent tournez tout exprès3, pour ce caractère, eut bien l’audace de vouloir com-„ poser une Tragédie; 8c fans doute qu’il l’auroit fait, si„ la mort n’eust preyenu la témérité de son entreprise,
„ Enfin Balzac luy-mesme a suivi ce mauvais exemple; 8c,, non content de remporter la gloire du grand stile, il a„ voulu montrer par le Barbon, qu’il n’étoit pas moins„ propre à la raillerie: Cependant il s’est trompé de ce„ costé-là ; Les délicats n’ont pas été de son goust, & son„ Barbon n’a fait que gaster ses Oeuvres. Suivons tous-
jours nôtre naturel,ne sortons jamais du genre qui nous,, est propre, 8c n’envions point aux autres la gloire quepous„ ne sçaurions acquérir comme eux (41)". Mr. de Balzacavoit reçu ces nouvelles plus agréables touchant son Bar-bon : car on lui manda que cet Ouvrage avoit eu un très-grand succès, 8c qu’on l’admiroìt dans Paris. Voici lecommencement d’une de ses Lettres à Mr. Ménagé. Beneefi, abund'è est, plus fat est etiam mihi. Qua scripfi ego olim,municipalis ille C Orator c? Historiens , probata nuper suntLutetií. Parijiorum. In amplissimo orbis Terrarum theatroBarbo meus Saltavit 8c Placuit (42). II me semble que lejugement de Mr. Gueret n’a pas assez d’équité. Le Bar-bon , je l’avoue, est d’un style trop sérieux : la plaisante-rie n’y est pas tournée avec cette gaieté, ni cette facilité,que d’autres auroìent répandue ; mais le ridicule de la pé-danterie y est marqué vivement 8c heureusement parbeaucoup de caractères très-singuliers.
Si l’on veut trouver quelques excuses pour la vivacitédu ressentiment de Balzac, il faudra que l’on consulte lePoëme de Feramus. C’est là qu’on peut lire, non feule-ment que Montmaur exerçoit fa médisance contre les Sca-ligers, les Saumaises, 8c les Grotius, mais aussi qu’il trai-toit Mr. de Balzac avec le dernier mépris. •
Te quoque RALZAGI, noflrst decus additegenti,
Urbe vetat, patriâque jubet torpescere villa,
Indecorem Regique tuo nova condere Régna
Qu&rere zv effiéio Virtutes Principe dignas (43).
Vous volez bien que l’offense étoit personnelle, 8 c qu’ilne s’agissoit pas seulement de soutenir la cause publique,J’ai quelque soupçon que le Passage que j’ai cité dans l’Ar-ticle de D r s e a k r e a u x (44) concerne notre Montmaur.Ce seroit encore une nouvelle preuve de la violence duressentiment de Balzac.
(rc) Il y a des personnes de mérite, qui condamnent le dé-chaînement des persécuteurs de Montmaur.] Trois auto-ritez me susiront. Je citerai premièrement Mr. Cousin:Entre les Poésies, dit-il (45), que Mr. Ménagé composa ence temps-là , il y en eut deux qui firent beaucoup de bruit,L une fut la Métamorphosé du Pédant parasite en perroquet, ilentendait sous ce nom un Professeur en Langue Greque, contrelequel plusieurs autres Poètes s’e/loient déchaînez, , qu’ilsavoient déchiré de gayeté de cœur par des satires injuríeujes cyinhumaines. L’autre fut la fameuse Requête des DiSlionaires.C’eít ainsi qu’il parle dans son prétendu Eloge de Mr. Mé-nagé; 8c vous remarquerez, s’il vous plaît, qu’il ne ditrien de la Vie de Mamurra qui est un Ecrit tout autrementconsidérable que la Métamorphose qussi a cottée. Je suismoins étonné de son silence, que de celui des Amis deMr. Ménagé qui ont mis un Abrégé de fa Vie à la tête dela Suite du Menagiana. Us ne disent rien de cette Vie deMamurra.
Mon second témoin s’apelle en son nom de guerreVigneul-Marville. Copions une partie de son Discours (46).„ Le Professeur Montmor n’étoit pas un homme aussi„ méprisable que la pluspart le croient. C’étoit un fort», bel esprit, qui avoit de grands talens. Les Langues gré-„ ques 8c latines lui étoient comme naturelles. 11 avoit„ lû tous les bons Auteurs de P Antiquité; 8c aidé d’une,, prodigieuse mémoire, jointe à beaucoup de vivacité, il,, faisoit des aplications tres-heureuses de ce qu’il avoit re-,, marqué de plus beau. II est vrai que c’étoit presque toû-,, jours avec malignité: ce qui excita contre lui la fureur„ de ceux qui étoient lés objets’de ses plaisanteries. Avec„ ce génie il s’introduisoit facilement chez les Personnes„ de qualité qui aimoient les joies du Parnasse. L’avarice„ legâtoit, car il avoit du bien dont il n’ufoitpas; 8c il,, recherchoit trop la bonne chere. 11 disoit à ses amis :„ Messieurs, fournissez les viandes 8c lë vin, 8c moi j s,, fournirai le sel. Aussi le répandoit-il à pleines mains,, aux bonnes tables où il se trouvoit. Son humeur fats*,, rique n’avoit point de bornes; 8c il étoit Lucien P ar
„ tout. U en vouloir fur tout aux médians Poètes.
„ Jamais on n’a tant écrit de Satires en prose 8c en vers,, contre personne , que contre Montmor. Chacun s f,, épuisoit : II en reste encore aujourd’hui des Recueils„ entiers. Ce qu’il y a de meilleur est de M. Ménagé.„ Les amis de Montmor lui avoient conseillé de fairt-„ imprimer ses bons mots contre ces Ecrivains iu 1 P° r j„ tuns: mais l’amour du repos lui hoir les mains; 8c 1„ se contenta de rire de ces bagatelles, 8c 'de les rne ss
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