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Tome troisieme. K - P.
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Passages que je raporterai là-deílus contiennent des choies qui illustreront cet Article. Mont-maur logeoit au Collège de Boncour, 8c cela fournit une matière de plaisanterie (L). II mourut

l’an

,, fer. Quelqu’un lui disant que M. Ménage l’avoit méta--, morphosé en Perroquet, bon (répondit-il) je ne man--, querai ni de vin pour me réjouir, ni de bec pour me„ défendre: & parce qu’on loiioit beaucoup cette méta--, morphosé, il ajoûtoit, ce n’est pas merveille qu’un-, grand parleur comme Ménage ait fait un bonsPerro-5, qu et. Montmor porta plus impatiemment le refus que„ Messieurs Dupuy lui firent de l’entrée de leur cabinet,,, qui étoit le réduit des plus honnêtes gens de Paris. Ces-, Messieurs, graves comme des Catons, prenoient les-, sciences du côté de leur plus grand ferieux, & ne fou--, frôlent pas aisément ceux qui n’ont, pour ainsi dire,-, que le Polichinel de la Littérature. Ils n’entendoient„ point raillerie, 8c il auroit mieux valu faire un solecis-„ me au nés de l’Unìversité, que de fe relâcher à turlupi-„ ner en leur présence (47).

Mon troisième témoin est le Pere Vavasseur. II n’apoint nommé Montmaur; mais il l’a designé dune ma-niéré si intelligible, qu’on doit être certain qu’il parle delui. II n’en fait point l’éloge : il le charge de quelquesdéfauts très-grans & très-haïssables, & lui rend bailleursjustice fur l’Erudition ; 8c il condamne, non seulement lesAuteurs qui le déchirèrent avec tant d emportement, maisaussi les Magistrats qui tolérèrent cette licence. II tait en-suite une réfléxion assez judicieuse; c’est qu’il arrive par unjuste jugement de Dieu, que les Princes & les Ministresqui ont négligé de punir í’audace des Ecrivains satiriques,& des faiseurs de Libelle, portent la peine de leur noncha-lance, & se trouvent exposez à la fureur des médisans. Jene donne là qu’un craion grossier des pensées de ce Jésuite.II les a exprimées fort noblement dans un Ouvrage qu’onne trouve presque plus chez les Libraires. C’est pourquoije ne ferai point blâmable si je mets ici ses paroles. Vidi-znus quemdam nuper non expertem literarum , sed cuì nihil pla-fieret. , nec pulcrum viieretur , ritst quod ejfet suum. Hunepropter ipstus odiofijstmos mores , nemo tum poeta five scriptoralius nef as duxit constindere omnibus probrìs. ■ Quanquam nonreíte. nec ratione, mea quidem fententia , er pejfimo exemplotMon enìm , fi dìgnus is contumelia-, perhonesti , graves, litera fi•viri digrit t amen, qui contumeïiam inferrent. Et erant alio-quin in isto, qu* amare poses fine morìbus , memoria, cogni-tio sermonis Graci , -varietas al'tqua dotlrina er copia ; undedifeerent nonnihil etiam periti, quamvis hominem non proba-rent, Sed valuit ritmirum maledicentia, grata cunïïis, etiamUs, qui neque fibi malediá, neque maiedicere ipfi alïts velint.Mtque banc , ut a me ante diftum ejl, maledicentiam vêtant,natura, mos, disciplina, jura, leges: ubique gentium ac ter-rarum, atque in omni memoria pœn* maledicis graves propofitœ,trtmen tamtn impunis um perfape etr olim fuit , ejr nunc efi , &erit, vel veterno er socordia, vel pravaricatione eorum , a qui-tus oportuerit pro officio vindicari. Ac multa peccant principes,

in his illud , quod tantam petulantiam , ita ut meretur, quan-tumque posstmt, non coerceant , nec populo caveant fatis, necprivâtes conservent ab injuria. Intérim nutu divinì numinis &providentia quíd fit ? Ne ab iftis quidem abjlinetur tam lenteferentibus probra in alios : immo lìnguas hominum magis infestashabent, mmufque fermones effugiunt obtreSiatorum : maudirePJerumque coguntur ipfi, qu* nolint , quia de aliìs patianturdict, qu* non debeant (48).

Voilà les autoritez que j’avois promises. II n’y a pointde doute que si l’on s’arrête simplement aux déclarationsformelles 8c litérales, le Jésuite Vavasseur ne soit celui quicondamne le plus fortement les Adversaires de notre hom-me: mais si l’on pese les conséquences des expressions,Vigneul Marville est celui qui lance fur eux les Arrêts lesplus foudroians; car lors qu’il déclare que Montmaur étoitun fort bel esprit, qui avoit lu tous les bons Auteurs de 1 An-tiquité , e? qui avoit de grands talent , une intelligence pro-fonde Lc du Grec 8c du Latin, une mémoire prodigieuse jointed beaucoup de vivacité, 8cc., il accuse d’une injustice très-énorme les Satires qui furent faites contre lui. Tout cequ’il avoue à l’avantage de Montmaur , font autant decoups de barres fur la tête des Auteurs de ces Satires, puisqu’elles s’accordent toutes à faire passer ce Professeur pourle plus fot, 8c pour le plus ignorant de tous les hommes;Lc notez que les louanges, qu’il lui a données, doivent êtred’autant plus de poids, qu’il n’a point dissimulé les défautsdu personnage. Ce qu’il remarque de son insensibilité estsurprenant, 8c je doute que l’on eût pu rien imaginer demieux entendu , que de rire comme fit Montmaur desHcrits de ses Censeurs. Mais il y a lieu de s’étonner qu’unhomme, qui avoit tant de lecture, tant de mémoire, 8ctant de présence d’esprit, n’ait voulu rien composer encette rencontre, Lc que dans toute fa vie il n’ait presquetien publié. II faut croire que le feu de son esprit avoithesoin de la présence des objets vivans, 8c que cette vastemémoire fe trouvoit en quelque façon engourdie , lorsqn’il s’agissoìt de composer dans le silence, 8c dans la re-traite du cabinet(49). II faut croire, dis-je, que Montmaurexpérimenta comme quelques autres, qu’il y avoit infini-ment moins de peine à bien discourir sur le champ, qu’àcomposer un bon Livre. Le moien de rendre utile au pu-Wic le savoir de ce Professent, auroit été de lui donner? O u, m, .- .

un Disciple judicieux, qui ne l’eût presque point quité, 8cqus eût recueilli tout ce qu’il lui eût entendu dire. Nousaurions en ce cas-là un Montmauriana qui seroit peut-êtreun bon Livre, Je croi qu’il y eut des gens qui desaprou-vérent le mépris de notre Montmaur pour les Satires quicoururent contre lui, 8c qui eussent souhaité qu’il en de-mandât justice à Mrs. du Châtelet; car on ne sc contentapas de l’accuser d’ignorance , 8c d’un vain amusement àdes Anagrammes, 8c à de mauvaises pointes: la justice nefe mêle point de ces fortes de procès, nihil h*c ad ediètumpratoris : on l’accusa aussi d’être bâtard, 8c meurtrier, com-me on l’a vu ci-dessus (50): 8c voici un Passage qui l'ac-cuse d’avoir été un Faussaire, 8c un Sodomite:

Jadis dans un fameux procez,

Dont il eut un honteux sttccez ,

Il appella d'une Sentence,

Qui riefpargnoit que la potence,

Quand de tout point il eût estéConvaincu d,'une fausseté :

Car il imitoit de natureToute forte de [ignature ,

Et gagna tout en jugementQiuand il ne tint qu à son serment .

Il eut d'autres vices encoreQue je tairay , car je l'honnore.

L'on dit que son valet un jourL'accusa de la sale amour,

Imputant à ce Parasite ,

Le crime d'estre Sodomite (51).

Cela passe la raillerie: on est responsable dune telle Ac-cusation au Tribunal criminel. L ’atïìo injuriamm a lieuen cette rencontre (52), 8c l’accusé peut avoir recours àla Loi du Code St quis famosum, selon laquelle un Diffa-mateur, qui ne produit point de preuves valables, doit êtrepuni comme un Calomniateur. -

(L) ll logeoit au College de Boncour , c? cela soumit unematière de plaisanterie.j Prouvons ce fait par ces parolesde Mr. Ménagé,

Quà collis Genovefa tuus Jupereminet Urbem ,

Stat Becodina domus, doïti celeberrima quondamAtria Gallandì, summo Reâlore juventa,

Illic exiguo conduxerat are pénatesGargilius (53).

Et par ces beaux Vers de Feramus,

Quà postât stabìles Paristna Academia sedesIn monte excelso , mons emìnet altior. illicExiguâ parvos habitat mercede pénates.

Mon illuc ftudia, c/ dotìi vicinia PhoebiPellexere hominem, sed ut hinc totì incubet Urbi,

Majoresque alto speculetur vertice fumos,

In tua jejunus ruiturus prandia , ME M MI,

Vel famofa tu* , BONELLI, fercula menst,

Seu vefiras, HMNEQJJINE, dapes tantâ arteparafas ,Et quïeumque alil menfâ prafìatìs opïmâLuculli illustres, Macenatefque beati (54).

Vous voiez que l’on prétend qu’il ne se logea dans ceCollege, qu’afin de mieux découvrir la fumée des cuisinesde Paris, car c’étoit le lieu le plus haut de toute la ville.Mais s’il étoit commode par cette raison, il étoit incom-mode par sa trop grande distance des maisons où le para-site trouvoit à dîner. Cela fit qu’il fut contraint de sepourvoir d’un cheval. Volons là-dessus les plaisanteries deMr. Ménagé. Verum cum sttmmo in cacumine montts Geno-vefarii tune temporis habitaret, ut hinc stilicet culinarumfumos , ex quibus auguria captabat , commodiòs prospteerepojset ; atque adeo horum omnium quos ajfidu'e eblebat, abejus tugurto domus longé distarent : ne ad illorutn cenas acprandia tardïks acceàeret , Equum fibi comparavit: qui , quo -niam Becodiana in Schola , (*) quam Parnasum PariliensemRonsardus vocare folebat , stabulabatur , Pegasus ej appella-tus; de quo Carmen est S P ESSE I(SS)- commence-ment de ce Passage contient une jolie pensee,, savoir queMontmaur en consultant les Augures n attendoit pas quedes vautours ou quelque autre espece, d oiseaux se présen-tassent, il n’étoit attentif qu’à la fumee des cuisines. IIeût falu dire conséquemment à cela (50) qu aiant vouluconoître les disciplines augurales il íe boina a la Capno-mance (57). La raillerie de ces Messieurs est devenueun lieu commun pour ceux qui veulent caractériser leparasitisme. Ils disent qu un parasite, sortant de son lo-gis fans savoir encore ou il dînera, conduit ses pas dansles rues de Paris fous la direction de la fumee des cui-sines, que cette fumée est fa boussole 8c son étoile po-laire 8tc.

Qoî lìotis lesRem. (D)

& CWj.

C.O Ris-

toire de !aVie 8c dela Mort dugrand Mo-

g°r> fag.

2; , 2 6, eu

Hecucìl

d’Hadrieu

Valois.

(st) Cause-rez. avec cecices r/iots

d’Horace,Efijt. I fi.

I St. U tri II;

<ìuin èriamlex

Pœnaquelata, malocjua; nolleccarminequemquamDescribi.

(s A Menag.Miscell.pag 7 &i.

(54) Fera-mus, inMacriniParasito-grammaticï

y,{z((cc. »

itiis. tipud

Menagiuni

Miscellan.

adoptivo y?*&• 7.

(*) Bìnctusin Vita T{ons,

(ss) Mena-gius, i n VitaMamurrre

pag. m. z o.

f J s) c’est-à.dire dansrendrait oieâ. Menagçdonne luLijïe des^rts fy desSciences que

MtmiiYYAvoulut savoir *

(57) C*eflde

deviner par léFumet*

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