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M O P S U S. MORGUES. 4.21
a Claros avec Amphilochus, & pour éprouver les forces de Mopsus, il lui avoit demandé en luimontrant une truie pleine, combien elle portoit de petits. On lui fit réponse qu’elle en portoittrois, dont l’un étoit une femelle. La chose se trouva véritable. Mopsus demanda à son tour àCalchas le nombre précis des figues qui étoient fur un certain figuier. Calchas ne le put dire, Lcen mourut de regret (z). Personne, s’il est tant soit peu versé dans les Livres, ne s’etonnera quece Conte soit raporté diversement; car à juger des choses par Pexpérience, c’est une fatalité quenotre nature humaine ne peut éviter. II y a donc des Auteurs qui disent (k) que ce fut Calchasqui demanda le nombre des figues (/), 6e que Mopsus lui répondit qu’il y en avoit dix mille, 6cqu’elles pourroient tenir toutes à une près dans une certaine mesure qu’il lui nomma. Cette ré-ponse, parfaitement vérifiée par l’épyeuve, fit mourir Calchas de chagrin. D’autres disent queCalchas ne donna à deviner que le nombre des petits de la truie, 8c que la feule justesse de la ré-ponse qu’on lui fit le tua, sans qu’il fût besoin qu’on lui proposât à son tour une question qu’ilne put foudre. II y en a qui soutiennent que ceci se passa non à Claros, mais dans la Cilicie(az).Une autre espece de contestation fit périr Mopsus (F)-, car on conte (») que lui Sc Amphilo-chus partirent de Troie, 6c s’en allèrent bâtir la ville de Mallus dans la Cilicie. Qu’Amphilo-chus en sortit pour aller à Argos. Que n’y trouvant point ce qu’il avoit espéré, il fut rejoindreMopsus, qui ne voulut plus de lui. Qu’ils se bâtirent en duel, 8c s’entretuérent, 6c que leurstombeaux que l’on montroit à Margaíà, proche de la riviere de Pyrauie,furent tellement situez,que de l’un on ne pouvoit pas avoir la vue de l’autre. II est certain que la Cilicie n’a pas été lemoindre théâtre de Mopsus: il y a bâti des villes (o) : celle qui s’apelioit Mopsueste (p) avoitune relation particulière à sa personne ; 6c c’étoit dans la Cilicie qu’il étoit révéré comme unDieu, 8c qu’il rendoit des Oracles (y). Plutarque en conte une Histoire qui confondit l’incré-dulité des Épicuriens (r).
Notez que l’aplication à deviner n’empêcha point Mopsus de procréer des enfans. II eut troisfilles, Rhode, Meliade, 8c Pamphylie: leur nom fut donné à quelques pais (s).
(r) Plutarch. de Oiacul. defectu. (t) Photius, Eiblioth. mm. 17S, pag. tsz, ex Theopompo.
dit que ce fut Calchas qui le demanda à Mopsus. Ils ontfans doute été trompez par Charles Etienne (16), aprèsMrs. Lloyd & Hofman. IV. Ils ne dévoient point citerle prémier Livre de l’Iliadc ; car il ne contient rien de cequ’ils disent. Je suis moins surpris de tout cela, que del’étrange méprise de Meursius. Ce savant homme (17) aprétendu que Mopsus eut du dessous dans cette Dispute, sil’on s’en raporte à Seneque le Tragique. Seneca Mopsumtnferiorem faíium vult in Media :
Omnibus verax fibi falfus uni■ Concidit Mopsus, caruitque ThebisIlle qui vere cec'mit sutura,
Prémiérement il ne s’agit point ici du Mopsus qui disputacontre Calchas, mais de Mopsus VArgonaute. En secondlieu, Seneque n’a voulu dire sinon que Mopsus, avec touteson habileté prophétique, n’avoit pas laissé de mourir dansl’expédition. Je raporterai tout le Passage, puis que d’ail-leurs il n’est pas exemt de fausseté.
Ite nunc fortes, perarate PontumSorte timenda.
Idmonem, quamvis benefata nojfet,
Condidit serpens Libycis areuis.
Omnibus -verax, fibi falfus uniConcidit Mopsus , car nuque ThebisIlle qui -vere cecinit sutura,
II y a là trois exemples de la triste destinée des plus gransDevins. Le dernier est celui de Tirefías, qui mourut fu-gitif de Thebes : le prémier est celui d’Idmon, qui fut tuéen Afrique par un serpent : l’autre est celui de Mopsus,dont Seneque se contente de dire d’une façon vague qu’ilpérit. En cela il prend l’un pour l’autre : il attribue àIdmon ce qui ne lui convient pas; car c’est Mopsus quifut tué en Afrique par un serpent. Outre Apollonius quej’ai cité, voici comme Hygin en parle (18). Mopsus Am-
pyc't filins ab serpentis morsu in Afrìca obiit. Je n’ignore pasles contorsions que l’on donne à ce Passage, & les diféren-tes maniérés de le punctuer que les Critiques ont imagi-nées. Rhodiginus (19) se félicita sans doute beaucoup d’a-voir mis un point après condidit , & d’avoir pris serpenspour un participe. Mais je ne croi pas qu aujourd’hui au-cun homme de bon goût trouve cela plus vraisemblable,que de dire que le Poète Latin s’est trompé. Ne voions-nous pas les plus habiles Historiens confondre des faitspeu éloignez de leur tems, & ausli illustres que le pou-voit être dans l’imagination d’un Poète tragique la mortd’un Devin d’armée? Gruterus (20) qui raporte à Mopsusle caruìt Thebis , songeoit-il bien que Mopsus étoit La-pitlie ? II change je ne sai combien de prétérits en fu-turs : il veut que Seneque ait péché contre l’Histoire;mais non pas que la tentation d’entasser plusieurs gransexemples de moralité dans un chorus, l’ait fait recourir àl’asyle de la prolepse, ou ait confondu sa Chronologie. Jepuis bien dire présentement que les paroles de Seneque neprouvent point ce à quoi Mr. de Valois les emploie, jeveux dire la mort de Mopsus en Afrique. Les Passages,qu’il raporte de Tertullien & d’Apulée, prouvent seule-ment que Mopsus étoit honoré comme un Dieu en cepaïs-là ; mais il faudroit trouver dans un Auteur quelquechose de plus précis, pour pouvoir le prendre à témoindu décès d’un homme en tel ou tel lieu.
(F) Une autre espece de contestation fit périr Mopsus.'] Cecine regardant point Calchas, je puis dire que le Traduc-teur de Strabon n’a pas bien rendu ces paroles, eì> uévovjl-rtjv erept Tíjs ptxvTixîjç 'épie izei-ivSeóxatriv - ÙÀS.X xxì txC up%îjç*neque de divinatione dnntaxat eçs contendiste fabulantur, sedetìam de imperio (2.1). Cet eos se raporte nécessairement àCalchas & à Mopsus; il faut donc s’attendre à les voir dis-puter du commandement: néanmoins on ne trouve pointcela dans la luire; c’est Mopsus & Amphilochus qui sequerellent. Strabon s’est exprimé d’une maniéré à n’avoiraucune part à cette petite Censure.
í-î Mat- MORGUES (Matthieu de) Sieur de Saint Germain, Prédicateur ordinaire deLouis XIII, 6c prémier Aumônier de Marie de Medicis mere de ce Monarque, fit extréme-d c ’ ment parler de lui par quantité de Libelles qu’il publia contre le Cardinal de Richelieu. L n; j-
àL quit dans le Vellai au Languedoc (a) 9 6c d’une Famille qui avoit été louée par Louïs Pulci 1 re-
w. 4’ 5< cepteur de Léon X (b). II fe fit Jésuite, 6c il régenta quelques classes dans Avignonau Coilegede
fi) v la Société (c). II abandonna cette profession quelque tems après ; 6c sautant adroitement es mui-ml-
les de ce College (d), il capitula en liberté, 6c accommoda cette affaire le mieux qu û l u st( fj' Il emploia pour fa justification une maniéré de Dilemme qui fut rétorquée contre lui U
(A) il fauta les murailles du College des Jésuites d’Avi-gnon , . . V accommoda cette afaire le mieux qu U put,] Cequ’il avance fur ce sujet n’est pas compatible avec ce qu’onf q p lui objecta. L’ Objection porte qu’il fe fit Prêtre dans l'a-
Lttj-^'Ere postaste , avant qu avoir dénoué par une dispense les liens quide le tenotcnt encore attaché par un bout à l’Ordre qu’il venoità d’abandonner (i). Plusieurs , continue-t-on , le peuvent avoirà oui dire quelquefois au Cardinal Spada , devant lequel tu fis
l °ng temps le pleureur , pour voir fi tu le pourrois émouvoir kj' s Kcccs V ue h ue compassion. Or voici ce qu’il avoit répondu à unTSservit Auteur qui l’avoit nommé Jésuite renié .- ,, Celui que” vous accusez déclaré qu’il a esté fort jeune dans unei n e » Compagnie qu’il n’a point quitté ni par legereté ni pour» se jetter dans les plaisirs. 11 fe fuit marié s’il eust voulu
après fa retraicte, & pouvoit chostirque celle qu’il a pris Rayant aucunl’aaee pour le prendre (2) * LLW 11 C j« .
il sortit de chez les Jésuites avant que d y avoir fait
Ordre sacréCela ne fignifie-t-il poin
qml lortit ae cnez ics jcìuilw , -- --
cun vœu? Comment pouvoit-il donc tenir a leur Ordrpar un bout? Notez qu’il ue répond rien sur ce qu’olui avoit dit qu’il régenta quelques classes chez les Jesu:tes d’Avignon. II faut donc croire que c’est un fait vér:table DAii il s’ensuit qu’il a déguisé les choses, lors qu’a dit qu’il lui étoit libre de se marier en sortant de cett
Société.
(B) ll emploia .torquée contre lui .J„ sens de bien ,Ggg 3
il
une maniéré de Dilemme qui fut rII nous dit que si les Jésuistes foidoit estre loiié d’avoir hanté boi
(0 Mó-íovliçsx ,quaii laresMoplî. VoitS,Strabon,Lìbr. X1 V,
fag. 4 «;.
•Mopíiieíliavatis illiusdomiciliumMopfì , dîtAmmienMarcellin ,ou Livr.XlWS. Jerôme
é aptll rAíopíìviculum.Voîez. Beike-lius in Ste-phan. pag.5«7 > &ïhotius ,Biblioth.num, 176,
fag. Ì9Z.
O) TertuII.de Anima,Cap. X L r/,Origenes
Libr. m
contraCelsum.Euíeb deLaudibusConstant,
(19) Antiq.ictl. Libr.X XIX,Cap. XV,
(20) ídpudSenecamScriverii,pag. 237 ,
(21) Strabo;Libr. XI r,t“£. 4«4-
(0 rtdmiereLettre dechange deSabin àNicodeon,
a la page 7ndes Pieces|>our tervira l’Histoire,Edition de2643 in 4.
( d) Là-ml-e713 ,
(2) Mor-gues , Re-parties furla Re'poníëà la Re-moníhance,