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Tome troisieme. K - P.
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MORGUES.

<-) Mat-thieu deMorgues,Repartiesfur la Re-pente à laRemonf-trance auR»i, í«g. 7.

(a) Mor-gues , Re-parties furla Réponíeà la Re-monstrance,8 .

(4) Pre'miereLettre dechange deSabin àNicocleon,t*Sr 7i6.

(S) Ls-mê-730.

{6) Là-mê-vie, pag. 710.

(7) A causeqìCil avrilblâmé sonAdversaired*avoir prisle nom deCUonvìlle ,moitié Grec<b* moitié%omain,

( s) Mor-gues, Re-parties à laRéponse,pag t m . 11.

(9) Le mê-me 9 Lettrede changeprotestée,

?. §25 , §26.

sro) La-mt-94 °-

(ri) Pre-mière Lettrede changede Sabin,M- 725 .

(12) Dansla page 7*4tm lui avoitreproché lavente de saCure deNostreDame desVertus,

(13) Là-mê -tne, pag. 729.

(14) Mor-gues, Let-tre dechangeprotestée,

?. 92Z ,924.

(ISÏ Ré-ponse aulibelle in-titulé très-humble 8cc.Remoni-trance auRoi, à lapage 560du Recueil

des íieces,

42 %

prêcha dans Paris avec beaucoup de succès (C), & dès l’an 161Z il devint Prédicateur de laReine Marguerite (e). II eut la même Charge auprès du Roi l’an i6is, à la place du Pere Por-tugais, Sc l’an 1620 auprès de la Reine Mere. 11 avoit été Curé de notre Dame des Vertus au-près de Paris. Ceux qui écrivirent contre lui l’accusérent d’avoir vendu çette Cure, mais il lenia ( D). II fut nommé, à l’Evêché de Toulon par Louis XIII, & ne put jamais obtenir sesBulles. II donna le meilleur tour qu’il lui fut possible à fa Réponse aux reproches qui lui fu-rent faits là-dessus ( E ). II fe retira chez son pere après la détention de Marie de Medicis.Le Cardinal de Richelieu, qui avoit pris des mesures pour l’arrêter prisonnier dans cette retraite( F ), manqua fou coup ; car Saint Germain fe sauva avant que les Archers arrivassent. La Reine

mere

ne Compagnie : s’ils font meschans, il ne merise pas„ d’estre mesprisé pour s’en estre séparé. Mais il est vrai„ qu’ils font vertueux, Lr que ce feroit un mal de n’estre„ plus avec eux, st on estoit devenu vicieux, ou qu’on„ ne les eust pu quitter en conscience, ni eux dispenser,, avec justice un homme qui n’avoit point fait de profes-„ lion (3) ". Voilà sa Réponse. Nous allons voir ce quilui fut répliqué : Ton argument ressemble à ces poignards,dont on fe fervoit anciennement aux tragédies : il rentre dansfoy-mefme, fans porter coup. fe le tourne contre tof, z? dis:St les Jésuites font mefehants, tu dois estre blastmé d'avoir han-té mauvaise compagnie: s’ils font bons, tu ne peux nier qu’ilm te soit reprochable de les avoir laissez,, ll n’y a rien à direlà dessus. Mais il est vrai qu’ils font vertueux, àis-tu. C’ctbien toufiours esté mon opinion-, mais te ri a pas toupours esté latienne. Tu n en pariais pas de la forte, quand âpres avoir faitle contrepoids des Jésuites z? des Huguenots , tu condamnoiségalement les uns z? les autres à vuider le Royaume. Ton dis-cours fe voit encore imprimé (4). Joignons à cela un autrePassage qui nous aprend plus distinctement qu’il haïssoit laSociété qu’il avoit quittée. Dy nous, de quel Ordre estoitce jeune religieux de ta classe à qui tu fis tenir tes eferits pardestus les murs, avant que de fauter à bas-, car on n est pas

bien affeuré s’il estait Carme, ou Jacobin . Dy nous,

quel fut le motif de cet Arrest par lequel tu condamnas depuisdans un de tes livres à sortir de France ceux de chez lesquelstu estais forty. %ai dit que ce fut le defpit de voir à ioreilledu Roy un de cette compagnie, qui ne faifoit pas autrementgouster tes Prédications à Sa Majesté. Qui fouflient que ce futle seul de plaire à celuy qui le conserva dans la Cour du Palaisavec toy : mais il est tres-certain, qu un autre de leurs ennemist’ayant demandé pourquoy bannissant les Ministres conjointe-ment avec eux, tu reléguois ces bons Peres en un meilleur ter-roir que les autres, à qut tu voulois neantmoins beaucoup moinsde tnal : tu luy refpondis, que c estoit afin que s’y trouvantmieux, ils songeassent moins à revenir aupays d’oh tu les chaf-fois (5). Quelques pages auparavant on lui avoit reprochéd’avoir fait un Livre contre un Jésuite qu il ne pouvoit supor-ter auprès du Roy dans le Louvre (6), & on l’avoit fait sou-venir (7) que des trois mots dont il composa son beau titre lesdeux premiers estaient de Rome Z? le iroisteme <PAthènes.

( C ) ll prêcha dans Paris avec beaucoup de succès.] 11

assure dans un Ecrit publié l’an 1631, qu’il avoit prêché' deux mille fois dans la capitale du Roiaume (8). II ditailleurs (9) qu’il n’y avoit point de paroisse dans cettegrande ville où il n’eût prêché. Toute la Cour, ajoûte-t-il(10) a estimé mes Prédications: les Docteurs, les Bachelliers ,les Religieux, & les plus célébrés Advocats de Paris, lèsentrecherchées: beaucoup de curieux y ont rempli leurs tablettes,esr un grand nombre de bourgeois de bon sens y ont trouvé de-quoy fe contenter.

(D) Ses Ennemis Vaccusèrent d'avoir vendu cette Cure,mais il le nia.] Jean Sirmond, fous le faux nom de Sa-bin , lui parle de cette maniéré ( 11 ) ; Tu n entends pas bienseulement les deux langues que Vusage ordinaire rend les pluscommunes aux honneftes gens. C'est pourquoy je trouve quece fut une efpece de prodigalité spirituelle à cêt homme de bien ,qui pour récompensé de ce peu que tu fus capable d’en enseignerbien ou mal à ces jeunes enfans dont il t’avoit commis l’instruc-tion, te donna cette Cure (12) que tu vendis au bout de quel-ques années , pour aller debìter ton mauvais François autour dela table de la feue Reyne Marguerite. Notez qu’on observe(13) qu’il avoit été Curé d’Aubervilliers. Voions ses dé-fenses au reproche d’avoir vendu fa Cure de nôtre Damedes Vertus. Je la remis, dit-il (14), entre les mains de feuMr. Galemant, premier Directeur des Carmelines en France.Je ne peux avoir commis simonie qu avec un Sainct,. qui afaicttant de merveilles en fa vie, z? tant de miracles âpres fa mort,qu on parle de le beatifier.. Ainst pour me précipiter en Enfer,Sabin veut arracher un bien-heureux du Paradis. La véritéest, que la Royne Marguerite de Valois me tira de ce lieu, oh legrand abord du peuple fatct des bruits qui font ennemis du reposnécessaire à un homme de Lettres. Le Cardinal de Joyeuse mefift commander par cette Princesse de remettre ce benefice entreles mains de Mr. de Galemant, qui avoit esté son grand Vicai-re à Rohan : il le résigna bien soft âpres aux Peres de /’ Oratoire,qui le pojfedent encore, z? savent que je n’en eus jamais ré-compense.

( E ) ll donna le meilleur tour qu’il lui fut pojstble à fa ré-ponse aux reproches fur le refus des Bulles.] L’un de sesAdversaires publia ceci (13): C’est un Jefuiste renié, qui enses entretiens n en avoit point hy de st ordinaire, que de par-ler contre la puissance du Pape, sous pretexte de la defenfe desprivilèges de l’Eglise Gallicane, j et tant par ce moyen tantqu ll pouvoit des semences de diviston entre í Eglise Z? í Es-

tât . Le plus grand amy, qu’il ait jamais eu, a esté

Fancan, homme recognu de tous pour impie , zv qui avoit ré-putation de ne croire pas en Dieu ; zv qui est convaincu d’a-voir toufiours favorisé les interefis de l'Herefie dedans z? de-hors le Royaume contre le Roy. Ces moeurs, ces discours, &ces hantises luy ont donné st mauvaise réputation, que le Roy,à la recommandation de quelques uns qui ne le cognoijfent pasajfez , l’ayant nommé à ï Evefché de Thoulon , il y a quel-ques années, il n a pas trouvé d’ajfez puissants témoignages degens de bien, pour pouvoir induire fa Saincteté à luy accor-der ses Bulles, de forte qu il a esté contraint de fe défaire deson Evefché. Je ne raporte point la Réponse de Matthieude Morgues touchant ses liaisons avec Fancan (16), jem’arrête à ce qui concerne le refus des Bulles. „ Çelui„ qu’il accuse lui affeure que jamais il n’a disputé des pri-„ vileges de l’Eglise Gallicane ni pour nì contre. Ce n’est„ pas aussi ce qui arresta ses Bulles, mais les mauvais offices„ du Cardinal qui se laissa persuader par deux hommes„ malins, que la dignité d’Evesque rendroit plus coníìde-„ rable auprès de la Royne celui qu’on avoit toûjours es-,, loigné parce qu’on se defîoit de ses cognoissances & de„ son courage. Si Mulot estoit en cholere contre le Car-„ dinal, il decouvriroit ce qu’il traicta avec feu Monsieur„ d’Herbault Secretaire d’Estat; & fi l’Evesque de Mande„ du Pleffis vivoit, & qu’il voulust dire la vérité,on sçau-„ roit les tours de soupplesse que le Cardinal a joué en„ cette affaire. Sa Saincteté cognut la malice, & un des,, plus sages Cavaliers de France peut tesmoigner ce que le„ Pape dit sur ce subject en accordant les Bulles qui es-,, toient commandées lors que la permiífion de tirer re-„ compense de l’Evesché fut demandée pour d’autres con-„ siderations (17)” II répondit à peu près la mêmechose au Sieur Sirmond. Sabin dit aujst que les Bulles deV Evefché de Toulon m’ont esté refusées: il fe trompe. Le Car-dinal de Richelieu a peu les arrefierpar fes artifices, mais nonpas les faire refuser. Sa Sainteté est trop juste, pour me ravirla récompense des services que stavois rendu vingt ans à l’Egli-se-, z? le Roy trop généreux, pour souffrir qu on aye condamnésa nomination. Certaines personnes contre les préceptes de cha-rité fe joignirent aux appréhensions du Cardinal , qui me tra-verfoit : mais la difficulté estoit lèvte, lors que de mon mou-vement je demanday au Roy qu’il me permit de choisir unEvefque : ce que S. M, m octroya avec regret. Je retins unepartie du revenu, que la vengeance du Cardinal ma esté,parceque f ay deffendu la réputation de la Princesse qui luy en a don-né cent fois d’avantage (18). II ne nie pas qu il n’ait eudes liaisons d’amitié avec Mrs. Servin,Gillot,& Derivaux,ces bons Gaulois, fçavans Magistrats z? Juges incorrupti-bles (19).

Je raporte ces choses, afin qu’on voie quel étoit l’espritqui avançoit ou qui reculoit en ce tems- 3 à les promotions.Je pense que ces mauvaises intrigues ne finiront qu’avec lemonde.

(F) Le Cardinal de Richelieu avoit pris des mesures pourl’arrêter prisonnier dans fa retraite.] Le Cardinal de Riche-lieu fit expedier une Commission addreffante au Sieur de Ma-chault Lntenâant de Languedoc pour arrêter prisonnier Mat-thieu de Morgues. Cet Intendant se déchargea de la com-mission sur le Prévôt de Nîmes, & fur celui de Vellai, &écrivit au Juge Mage du Puy zsf à quelques Seigneurs de tenirla main pour le service du Roy à cette capture. La commis-sion portoit, qu on prifi Saint Germain vif ou mort, qu on feftifift sans faire inventaire de tous les papiers qu'on trouveroitdans le logis , e/ qu’on les envoiast à Beaucaire, cependant quele prisonnier feroit conduit à Mande, pour estre mis entre lesmains de l’Evêque(20). L’Auteur croit que ce Prélat, quiavoit été valet du Cardinal, l’eût fait estrangler ou emprisonnerfans bruit. II fut averti de l’entreprise le soir auparavant, &quitta le logis de son pere, & trouva une retraicte dans lepays le plus rude de France, oh il fut caché fix fepmaìnes avec

toute forte d'incommoditez pour fa santé . Ce

qui fut, dit-il, le, plus cruel en toute cette procedure fut l’af-fliction que donna la prefence des Prevosts ztr Archers à monpere & à ma mere qui étoient bien vieux ; car ils m evoioient le plus jeune de 8 enfans aiant des cheveux gris. Hprétend que le Cardinal le voulut perdre pour l'empêcherde faire une Histoire. Ce bon Seigneur, dit-il (21), fivoitbien que Sainct Germain n estoit pas homme du temps, que Die>*lui avoit donné un peu d'esprit pour remarquer ce qui fe p as ~soit, que son ame estoit ajfez bonne pour ne laisser point acca-bler l'innocence sans foujpirer, zsr que son courage ne feroit pointfi lasche de renier fa maitresse dans fa passion. Ce Cardinal fodeffia de ces qualitez qui ne font pas celles qu il defire: U st ~magma ce qui n estoit pas, mais ct qui pouvoit estre.

Il fe résolut de faire arrefier prisonnier celui qut ne faifoit rien

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