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Tome troisieme. K - P.
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merc étant sortie de Compiegne (/), 8c voulant publier une Apologie, l’envoia quérir 8c lechargea de réf - J - - - ^ ^ t ^ ^ r , „ ■ a , r ,- "'

cette Princesse

puis plusieurs autres Livres contre les dateurs du Cardinal de Richelieu ~ (g). Le qu'il ycommode fut qu’il avoit publié des Livres remplis de louanges pour ce Cardinal (H). Cela don-noit lieu à ses ennefnis de le batre de ses propres armes. II suivit Marie de Medicis hors duRoiaume, 8c ne retourna en France qu’après la mort du Cardinal. II fit disparaître l’un de sesprincipaux Antagonistes neveu du Pere Sirmond (/), 8c comme il l’avoit prédit pendant fa dis-grâce

me dont il étoit accusé. S’il agiíToit sincèrement dans cemoien de défense, c’est une autre question. On pourroit

qui feu/l desplaire , mais qui pouvoit dresser dans une autresaison la ■véritable Histoire du temps, y escrire franchement cequ il avoit cogneu de bien en la conduite de la Ros ne, y demal en celle du Cardinal.

II y a beaucoup d’aparence que le Cardinal redoutent la.plume de St. Germain, 8c qu’il avoit un pressentiment desLibelles qu’elle devoit faire éclore , & qui chagrinèrentcruellement son Eminence. On volt que dans toutes lesNégociations pour le rapel de la Reine mere il stipu-loit, que Saint Germain, qui par des Libelles difamatoiresn'avoit rien oublié pour lui ravir fa réputation , fut livré auRoi (2,2.). Ce grand homme avoit le foible d’être in-finiment sensible aux Satires, comme je l’ai raporté ail-leurs (13).

(G) Il publia en 1631 la Réponse quelle souhaitoit.j Ellea pour Titre, Vrais y bons advis de François Fidelefur lescalomnies y blasphémés du Sieur des Montagnes, ou Examen duLibelle intitulé , Defenfe du Roy y de ses Ministres. C’est undes principaux Traitez du Recueil des Pieces pour la dé-fense de la Reine mere qui a été si souvent réimprimé.

( H) Il avoit publié des Livres remplis de louanges pour leCardinal de Richelieu.] L’Auteur de la Réponse à sa Re-montrance au Roi (24) lui en cita divers Passages pour leconvaincre d’une contradiction qui lui ôtât toute créance.On lui allégua aussi (23) l’Extrait d’une Lettre qu’il avoitécrite le 7 de Juin 162 7 à Monsr. le Cardinal, où il lui promitun attachement perpétuel 8c inviolable fondé sur le souve-

nir des grans bienfaits qu’il avoit reçus, 8c fur l’admiration fitez (30), y agréables inventions qu’il a,désiré y payé d’un

des qualitez éminentes de ce Ministre. C’étoit quelquechose d’embarassant pour notre de M orgues. Voici ce qu’ildit pour sa justification. En prémier lieu, il suposa que sesAdversaires le faisoient passer pour un Auteur satirique, àcause des Livres qu’il avoit écrits avant fa rupture avecMr. le C-ardinal Mais ce n’étoit point leur pensée, ils nele traitoient de la sorte qu’en vertu des Livres qu’il publiapour la Reine mere depuis qu’elle fut en guerre avec ceMinistre. II pouvoit comprendre si facilement ce qu’ils

remerciement fuivy le lendemain ou le mesme jour d’un mau-vais office dans 1 esprit de la Royne , y sur tout auprès duNonce de fa Sainbtetè, auquel il fit entendre que S. Germainefloit autheur du Théologien fans passion , oh il estoit designéen termes couverts , encore que le Cardinal eujì mis de fa mainle traibl qui le pouvoit offencer. Voila la monnoye avec laquelleil a payé la plume qu'on appelle venale. Ceci est non feule-ment curieux, mais même fort vraisemblable. Le Cardi-nal avoit des vues si longues,tant d’ambition,8c tant d’en-

entendoient, qu’il y a lieu de le soupçonner ici de mau- nemis, tant d’embuches à prévenir 8c à dresser, qu’il la-vasse foi. En second lieu, il prétendit que les mauvaises /, “° ^ A

actions du Cardinal n’avoient été découvertes que depuisla grande persécution de la Reine mere. Citons ses parolesfur chacun de ces deux points.

Saint Germain ria jamais rien escrit touchant les affaires pu-bliques que deux Pieces , l’une par l'ordre du Cardinal, y l'au-tre par son instante priere. La premiere sut Les VersiezChrestiennes ian 1620, pour soustenir que la Royne avoitsu-jebl de se plaindre de ceux qui lui avoient ravi ï éducation de

ses Enfans . Mr. le Cardinal aprouva grandement

cet escrit qui fut le Manifeste d’Angers. Peut-estre qu il appellemaintenant Libelle diffamatoire ce qu'il a pris en un autre sai-son pour un Ouvrage rempli de raisons divines y humaines, y

qui a servi à fin dessein . Le second Escrit auquel on

voudroit faire porter le nom de Libelle infâme est Le Théolo-gien fans passion , sait pour la defenfe de Monsieur le Cardi-nal, £? pour faire taire quantité d’Escrivains efirangers aidezPar les Mémoires de quelques François qui avoient donné un figrand defplaifir à ce bon Seigneur, que son esprit y son corpsen estaient également malades. S’il demeure d’accord que ce Li-vret soit meschant, aiant esté apostillé y augmenté de samain, sur un original fait sur ses Mémoires, sacrifié d ses priè-res, y au commandement qu’il en fit donner à ï Auteur parla Royne {laquelle comme bonne maiftreffe vouloit retirer leCardinal du désespoir) V ouvrier se condamnera plut ost d’avoirexcédé en louange que d’avoir offensé par • calomnies. Encorefaudroit il considérer que cet Escrit sut fait l’an 1626 auqueltemps le Cardinal estoit dans la modestie, dans les bonnes grâcesde fa Maiftreffe, y couvroit ses desseins jusques à ce qu’il eustacquis la puíffance pour les faire valoir: de forte qu on ne peut

loit qu’il semât des piégés par tout, & que son arc eût toû-jours deux cordes.

( í) Il fit disparoître . le neveu du Pere Sirmond. ]

J’ai trouvé ce fait dans l’Histoire de l’Académie Françoise.„ Mr. Sirmond . . , . fit pour ce Cardinal divers Ecrits,„ fur les affaires du temps, presque tous fous des noms,, supposez. L’Abbé de S. Germain, qui estoit l’Ecrivain„ du party contraire, le maltraita fort dans cette Piece,,, qu’il appelloit L’Ambassadeur Chimérique. 11 y fit uné Ré-„ ponse,qui est dans le Recueil de Monsieur du Chaste!et.,, L’Abbé de S. Germain répliqua, 8c le traita encore plus„ injurieusement ; ce qui l’obligea de faire un nouvel Ecrit,, pour fa défense. Mais le Cardinal de Richelieu, & le,, Roy Louis XIII, moururent là-dessus , & il ne pût,, jamais obtenir fous la Regence un privilège pour faire,, imprimer cet Ouvrage. Cela le fâcha beaucoup; & voyant„ Tailleurs que son ennerny estoit de retour à la Cour, 8c„ que la faveur ne seroit plus de son costé, il se retira en„ Auvergne, où il mourut âgé d'environ soixante ans (3 r).Ce Monsr. Sirmond étoit de l’Académie Françoise, & vousvoiez qu’il eut le chagrin d’être forcé de céder à un Ecri-vain rebelle,qui non seulement l’avoit maltraité, mais quimême avoit répandu son venin fur tout le Corps de l’Aca-démie. Elle eut à-peu-près le même destin que Sirmond;elle ne fut point vengée, 8c vit le triomphe de son Cen-seur, 8c les Ouvrages de ce fier Critique imprimez avecPrivilège du Roi. Mr. Pellisson me fournit des preuves.Le premier qui écrivit comme l’Académie, dit-il (32 ) ,f ut l Ab-bé de Saint Germain, qui efloit alorsàBruffelles, accompagnantla Reine Mere Marie de Medicis dans son exil.

G) IHlCha»teíet, Sir-moud, Bal-zac , Du-pleix, ficc.

dire par conjecture, que si les intérêts du Cardinal eussentété toujours combinez avec ceux de la Reine mere , 8cqu’il eût fait toutes les autres choses qu’il fit, excepté lesduretez qu’elle essuia, Saint Germain eût continué à lelouer, 8c à le défendre contre les Libelles des Austrichiens,8c des François mécontens. Les découvertes, qu’il eûtpu faire fur les actions de ce grand Ministre, n’eussent pasété destinées à l’instruction du public. Avouons néan-moins qu’il fut louable en bien des choses ; car il n’auroitpas été maltraité par le Cardinal, s’il n’eút fait parostreune ame ferme, incapable de lâcheté, 8c capable de sa-crifier sa fortune à la fidélité pour les intérêts de fa maî-tresse. Nous verrons ci-dessous (28) les louanges qu’unCritique lui a données.

Notez qu’il avoue dans la Lettre du 7 de Juin 2627 ,qu’il a de grandes obligations au Cardinal, 8c qu'il en a reçubeaucoup de bienfaits. Cependant, voici comme il parledans un Ouvrage publié l’an 2632 (29): Ce bon Prélat, quiappelle venale la plume qui a escrit pour le Cardinal, ....a oublié de lui demander ce qu’il avoit donné à St. Germainpour le Théologien sans passion, y pour la récompense deplusieurs autres signalez services, comme pour la recherche ex-aèìe faible dedans y dehors le Royaume, des papiers, mémoi-res, instrublions, y traiblez qui le pouvoient rendre savantdans les affaires eftrangeres, y d'un grand nombre de curio-

Comme il dé-dire que ìes'ckoses qui ont esté dibles à son advantage devant chiroit sans cesse par ses écrits, y avec une animosité étrange,qu'il mist tout le Royaume y toute l’Europe en confusion, puis- toutes les ablions du Cardinal de Richelieu, U ne manqua passent servir de justification à celui qui n est accusé que de crimes de parler fort injurieusement de l’A cademieFrançoise,plus recens, ni de conviblion contre un homme qui a estimé le qu’il confondait mesme avec cette autre Académie que le Gaze-Cardinal lors qu’il n efloit point ou change ou defiouvert (26). tier Renaudot avoit établie au Bureau d Adreffe; soit qu il vou-

. Si vous dibles que Saint Germain a changé de dis- lust ainsi se méprendre,soit qu’en effet U nesufipas bien informé

cours , il vous dira que le Cardinal a changé de façon de vi- de ce qui se paffoit à Paris , L’ Académie ne voulut point y ré-vre ; que Dieu mesmes nous traiéíe d’une autre forte quand pondre par un ouvrage exprès; suais Monsieur du Chastelet ,nous sommes pescheurs, qu'il ne faisait lors que nous estions en qui en estoit, y qui répondoit alors pour le, Cardinal à la plus-sa grâce. Le Cardinal ri avoit pas encore defiouvert ses entre- ' ’ •>, n^ifíilUt. fut trie. atms la

prises . Celui que vous accusez de legereté. . . a apris

depuis l’an 1626 les mauvaises ablions que le Cardinal avoitsaisi devant ce tems-là, y les publiques qu on a veu nous ont

Pfitè à. nous mieux informer des sécrétés . la contra-

d Slion doit estre pour un mesme temps , y pour une mesmeablion (27).

On m’avoiiera qu’il n’étoit guere possible de faire unemeilleure Apologie que celle-là, de inconstance de plu-

part de ces Libelles de Bruffelles, fut prié, âpres la propositionqu’il en fit luy-mesme dans l’Assemblée, d’adjouster fur ce sujetquelques lignes, qui furent en fuite lettes y approuvées par l aCompagnie (*)• Pieces de l Abbe de S. Germain , contrele Cardinal de Richelieu,ont esté imprimées depuis à Paris (33)en deux volumes aprés la mort du feu Roy Louis XI u) jj sRéponses de Monsieur du Chafiellet efioient dans une Piece qu’iln acheva point, estant prévenu par U mort, y qui n a pointesté imprimée.

(28) DantIa l{£maro;:s

(A).

(29) Mor-gues , Re-parties ,t a &- S-

(30) t Joignezà ceci cesparoles dela. Lettrede changeproteítéc *941 *

Le Cardi-nal de Ri-chelieu ,que tous íesBatteurstiennentpout le plusdocte, &pour le plusdélicat es-prit de cetemps, asouventemployé &eíprouvé lemien enchoses so-lides &.curieuses,en Latin,en François,en proie SCen vers.

GO rellif-son, Histoirede J*Acadé-mie Fran-çoise, pag.m, 305.

(32) Là-mè-me, pag. 6j.& fmv.

(/) 9 .

*■ 30 . Juif-

let 16Z5.

(îî) Mat-thieu de

Morgues

avoit espèrecela 3 car dansla Préfacé dr*Recueil deses Ouvra-ges , qu'il fieimprimera <•Anvers yfi servit<ie ces p a -rolct, J’aiespérancequ’un jourmes E faitsferont im-primez àPatis fortcorrecte-ment fousle Privilègedu grandseau,