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M O R I N.
l’avenir par plusieurs personnes, Sc l’on prétend que ses Horoscopes ont souvent pré-dit la vérité (F). II ne fut pas heureux dans ses Prédictions concernant un Sécrétaired’Etát qui étoit fort dépendant de ses Oracles Astrologiques (G). 11 publia quantité de
Livres
ses Horoscopes ont souvent prédit la vê- pas été exemt de cette folie à la Cour des plus grans Prin-i fut de prédire l’emprìfonnement de ces de l’Europe (34). La Reine Christine voulut voir Mo-
Paris la prémiere fois, 8c témoigna
(22) vita.Morini,
-3 >fmm. 61.
(23) Confé-rez, ce qui estdìt dans
l* ArticleI.UTORIUS,Citation (4).
(24) vita•Morini,
fag, 13,
num,
f z s) Morínosoli regaíemhorofcopumintueri acexaminareliceat , utclim unitApelli con mcejsum estÂlexandrumin tabulapingere . Vita-Morini,
ibidem,
(26)Vautier,qui avoit étépremierMédecin deMarie deMedicis,
<*) sib. î.de dtebusdtcretoriis,
(27) VitaMorini,
T a g. 13 ,num, 62,
(28) vita
.Morini,
r*g- 14,
num. fij.Votez aussiMorin.-Astrolog.Gall. Líbr.X VII, pag.3 99 .
(29) vitaMorini,
-5,
num. 74.
(30) Ibidem ,num. 7Z.
(31) Ibidem ,M?- >3 >
num. âz,
(32) Ibidem,ntsm. 64.
(.F) On prétend ^ .
rite .] Son coup d'estai fut de prédire 1 emprisonnementl’Evêque de Boulogne; mais il fit chef-d œuvre, & il passaMaître en prédisant que Louis XIII, atteint dune dan-gereuse maladie à Lion, n’en mourroit pas. Prxftgnifica-tus Bononien/i Prefult carcer . - ■ •• • quasi prìmum in bacfacultate fpecimen Morino fuisse dici poteft. Ab boc tyrociniomagisterium asfecutus est Ludovico XIII Lugduni stgrotan-te (2.1). La Reine mere, étonnée des funestes Prédictionsde quelques autres Astrologues, écrivit au Cardinal de Re-nfile de faire travailler à l’Horoscope du Roi par Jean Bap-tiste Morin. Celui-ci exécuta volontiers cet ordre, 8ctrouva dans les étoiles que la maladie du Roi feroit grande,mais non pas mortelle. Sa Prédiction fut juste, 8c il enfut récompensé roialement ; les autres Devins furent en-voler aux galères. Quod cum ex pr&diâlo contigisfetfplendi-dam vatt suo mercedem ac Rege àìgnam contulit , c&teris quimaie momerant, ad remum arnandatis (23), for fit an quodminime jujst in annos Principis ïnquisisjent (2.4). Là-dessus onnous assure qu’il auroit dû être le seul qui eut permissionde contempler l’étoile du Roi, comme autrefois il n’y avoitqu’im feu] homme qui pût peindre le grand Alexandre (25).L’un des Médecins de Louis XIV (26) eut envie de fairecréer une Charge d’Astrologue de Cour en faveur de notreMorin, 8c fur ce pied-là de le donner pour adjoint auxMédecins de fa Majesté. 11 forma cette entreprise, parcequ’il s’étoit servi heureusement des Prédictions de cet hom-me en plusieurs rencontres. Ce dessein ne fut pas exécuté.Is Morinum ver a ex ftderibus vaticinantem cum sapins com-perijfet , ac crebro ejus operam féliciter atque Militer expertuseffet, mult'ts eum meritis fibi plane addixit, hocque agitaveratanimo, & ipfa re jam satagebat eum Mftrologum inter aulicaministeria constituendum esse —-J.——.— t,
cornes effet adjumento futurusMorin aiant fait savoir que Louis XIII étoit menacé dequelque malheur, on représenta à ce Prince de ne sortirpas ce jour-là. II ne sortit point toute la matinée ; maiss’ennuiant après-dîné il voulut sortir pour prendre quel-ques oiseaux, 8c il tomba. §ue Morin ne le sache pas, dit-il ; car il en feroit trop glorieux. Pomeridiano tempore contineriperufus avictdis pont retia jubet, dumque ipfe attentius ea ten-
rin quand elle fut àqu’elle le prenoit pour l'Astrologue le plus éclairé qui fûtau monde (35). C’est une marque qu’elle lui avoit donnéà faire des Horoscopes, ou quelle avoit pris la peine d’é-tudier ceux qu’il avoit composer. J’obferve que la méprisede stx jours touchant la mort de Louis le Juste ne semblerien, quand on ne la considéré que d’une vue générale;mais quand on fait les circonstances que Gassendi en aracontées, Vn ne peut s’empêcher de dire, que c’est I’unedes plus grandes mortifications qu’un Astrologue puisserecevoir.
Gassendi raconte que Morin lui rendit une visite le 29d’Avril 1643, 8c lui dit, Je me souviens que vous m’a-vouates il y a cinq ou six mois, que si je pouvois vousmarquer le jour que mourroit un grand personnage, surl’Horosçope duquel je m’étois fort occupé, 8c qui avoitalors une grande maladie, vous prendriez cela pour unepreuve très-notable 8c de ma capacité, 8c de l’excellencede mon Art. Je viens vous aprendre que le Roi mourrale 8 de Mai prochain. Gassendi n’a pas oublié de remar-quer que Morin ne lui avoit fait aucune réponse touchantce grand personnage qui étoit si malade (36), 8c qui étoit
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mort depuis. II remarque aussi qu’à la fin d’Avril 1643 lesMédecins assûroient que le Roi Louis XIII mourroitbientôt; mais quant au jour de fa mort il y avoit entreeux quelque forte de variété. Morin déclara à Gassendique le 3 de Mai feroit extrêmement périlleux à ce Mo-narque, qui pourtant traîneroit encore cinq jours, 8c nondavantage. Gassendi fans s’arrêter à la considération quece pronostic se faisoit lors qu’on n’avoit plus d’efpérancequi primario med'tcorum Régis de la guérison du Roi, attendit l’issue comme quelque . ~ ít ;ucr quidem ex Galeni ( *)placito. chose qui pouvoit être de conséquence par raport à l’As- «J /*
trologie, vu qu’il n’avoit aucun lieu de soupçonner queles présages que la Médecine fournit servissent de fonde-ment à la Prédiction de Morin , 8c qu’il savoir que cetAstrologue avoit étudié le Thême natal de Louis XIIIavec une infinité de foins, 8c s’étoit vanté d’avoir décou-vert par là le jour des Avantures particulières de ce Mo-narque pendant tout le cours de fa vie. Si son Art devoirderet non advertens concidit, fune arétius tibìis alligato, qui réussir, c’étoit donc principalement par raport au dernierfeindì nec mora debutt. Rex ajfurgens, cavete, inquit, Mort - jour de la vie de ce Rosi Êt notez que 1 on écrivit à Gas-
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sendi que Morin avoit dit à d’autres gens, que par les re- de G*®?gles de l’Astrologie le Roi couroit risque de finir non feu- ad jo.lement le 8 jour de Mai, 8c dans les jours précédens, maisaussi le 16 8c le 17 du même mois. Il ne disoit rien du 14,qui fut pourtant le dernier de ce Monarque (37 ). Onvoit donc manifestement que fa prétendue Science étoitabusive, 8c que l’erreur de six jours est ici un coup dé-cisif.
(G) Il ne fut pas heureux dans ses Prédiâlions concernantun Sécrétaire d'Etat . . . fort dépendant de ses Oracles As-trologiques.') Je parle du Comte de Chavigni. On va voirfa crédulité pour l’Astrologie. Aiant résolu d’aller en Pro-vence l’an 1646, il voulut avoir avec lui notre Morin;mais comme cet Astrologue ne faisoit rien sans l’avis desAstres, il ne voulut point s’engager à ce volage, qu’encas qu’ils lui promissent un bon succès. II demanda doncdu tems pour les consulter, 8c après cela il promit Rac-compagner son Mecene (38). II le pria de lui permettrede choisir l’heure propice pour leur départ, 8c il l’assûraque l’expérience lui aprendroit, combien il importe decommencer ses entreprises fous un aspect favorable desétoiles (39). Mr. de Chavigni ne contesta rien, 8c l’assú-
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(33) Ibidem,pag. t S ,
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nus nefeiat, nimìum ex cafu meo tumoris admitteret (27). Le *vnit dit à d autres sens. aue nnr Ipo t». sia c
Cardinal de Richelieu, voulant savoir si Gustave Adolphevivroit long-tems, envola l’heure de la naissance de cePrince à Morin, qui ne se trompa que de peu de jours àmarquer la mort de ce grand guerrier ; Lr cette méprisevint de ce que l’heure n’avoit pas été marquée dans toutela précision; il y manqua quelques minutes (28). A pro-pos de quoi l’on nous parle de l’épée de Gustave qui tom-ba entre les mains de Morin : on nous décrit les figuresque cet Astrologue y observa; car il se conoissoit en Ta-lismans. On ajoûte que le Cardinal de Richelieu se trou-va très-bietì des avis de notre Morin, par qui il avoit faitfaire son Horoscope (29), 8c qu’il ne partit pas pour levolage de Perpignan fans consulter cet Oracle Astrologi-que, qui ne se trompa que de dix heures sur la mort deson Eminence (30). Aiant vu la figure de la nativité deCinqmars, fans savoir de qui elle étoit, il répondit quecet homme-là auroit la tête tranchée. Je laisse quantitéd’autres exemples dont on donne là le Catalogue, 8c jeme contente de dire que l’on insinue que les plus grandesObjections qui lui étoient faites consistoient à dire qu’il s’é-toit trompé de six jours fur la mort de Louis le juste (31),
8c de seize fur la mort du Connétable de Lesdignieres (32), ra de fa soumission. Morin trouva qu’il faloit partir le 98c qu’il n’avoit point donné à sa bienfaitrice Marie de Me- du mois de Mai ' '
dicis les secours qui lui étoient nécessaires; car au contrai-re cette bonne Reine se plaignoit que les Astrologuesétoient la cause de ses malheurs. On répond fur ce der-nier chef, que jamais Morin n’avoit consulté les Astres furle destin de cette Reine ; 8c qu’aiant eu ordre de le fairepeu de jours avant qu’este sortît du Roiaume, il n’eut pasle tems d’achever fa composition : la Reine partit fans enavertir Morin, 8c fans attendre que son Horoscope fût
fait. Cur amabo siderum ille adeo peritus, V per ea rerum - ^ ---..... - ..,
futurarum acerrimus indagator, Hominam fuam Mariam fut averti par son Astrologue qu’il faloit choisir au cielMedicœam meritam de ipfo quam optime nulla opitulatione
ab siellis obtenta juvit? Sic ajunt amuli: nonne fepius exag- miere fois. Iì fit préparer toutes choses avec tant d’exac- ^gérant iidem de fuis faticanis astrologts conquesta est, fe tan- titude, que lui 8c fa fuite montèrent à cheval,précisément J o Y ;et>[ t0 i0tc .quam à pmsiigiatoribus deceptam in tot calamitatum ìncidifse à quatre heures 27 minutes du matin le 2 de Juillet (4°)’voragines, unde emergere nequivertt! Enimvero quidnam isti Le retour fut fort heureux, le maître,8c ses domestiques» fi le Z x ;t,caperata fronte Cenfores diSiuri funt, ubi audierunt Regìna 8c ses chevaux, fe portèrent bien malgré la chaleur de 1* c ( °”f c qt<*lÍ„,< «ntkikatem numauam k Morino exploratam fuisse ? saison. Mais quand il fut à Paris, il découvrit quelques
de cabinet contre fa fortune. On l’accufoit entre diit^^tot*-:hofes d’avoir amené avec lui un Astrologue, a * n blin-de consulter l’avenir sur la destinée du Roi, 8c sur celle e A ft r ol°?-la Reine , 8c sur celle du Cardinal Mazarin, 8cc ( 4 1 )’ gz llú- " ■Comme il vit que ses Adversaires l’avoient rendu fort íu ^ 782.pect, il demanda deux fois à Morin st les Astres le nien jL , jbii&*çoient de quelque infortune. Morin l’assûra que n°u» (M ' gJ>lui conseilla d’aller voir le Cardinal; mais il l' avelt ‘ C 0 ^ tes ? “
quatre heures neuf minutes du matin,
8c pria que tout fût prêt pour ce moment. Les ordres du %{ ad 1 ”
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Maître furent fi précis 8c si bien éxécuteZ, qu'à ce mo-ment-là il ne manquoit rien aux préparatifs du volage. IIy avoit dans son jardin quatre bons quadrans, où l’on ob-serva pendant demi heure les aproches de la minute choi-sie, 8c l’on monta en carosse justement lors que sombredes quadrans étoit fur le point de toucher à cette minure-lis arrivèrent heureusement à Antibes ; 8c lors que Mr. deChavigni qui en étoit Comte voulut retourner à Paris,fut averti par son Astrologue qu’il faloit choisir au ci<4 /».•l’heure du départ. 11 ne fut pas moins docile que la pré- D 30 ’ 1 - '
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cum t amen paucis ante diebus quai» ad exteros fefuga recipe-ret, id ipfum steri jusferit, astrologo autem Morino «0» ad-montto re infecta difcesjtsfe (33)' Nous parlerons ci-dessousde ses Prédictions contre Gassendi. Je fuis sûr que les per-sonnes les plus incrédules seront bien aises de trouver iciles faits que je viens de raporter; car ils prouvent que lesplus grans hommes d’Etat fe laissent infatuer de l’Astrolo-gie judiciaire, 8c que même dans le XVII Lieds on n’a
trames
autres