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Tome troisieme. K - P.
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M O R I N.

le ses principes', il comprit soft bien une chose dont on ne saUfoit désabuser les Péripatéticiens ;’est que tout ce qu’ils enseignent sur les formes substantielles est°de la derniere impertinence (M ).faut pas oublier qu’il reçut de Monsieur Des Cartes divers témoignages d’estime (N).•il ne s’en faut guere qu’il n’ait égalé Cardan, par un récit ingénu de plusieurs choses qui

lui

de

c’elt queII ne

& qu’:

m o Duce deducehdi in mditiam sunt ; fore , «í cum voletAntichristus expugnare urbes, quz spontaneam fui deditionemnon fecerint, eam Magorum nubememittat sursum inaèrem,quz superné irruens firagem tam civium , quam militum im-r, 20 ) Ber- manem edat ( 120). L’Auteur de fa Vie lui a fourni troisnerius, Ana- excuses, i. Qu’il avoit lu dans un Livre du Cardinal Cu-toiTiia ndi- f an ^ oue les Oracles de 1 Ecriture établissent la fin duculi mûris, Inonde à l’année 1675. En L lieu, qu’Alabaster, homme^ ^ $ très-verfé dâns I3 C3b3lc Sc d^ns 13 Bible 3 3voit public 13 .

même chose. 3. Que plufieurs Energumenes en diverspaïs avoient déclaré à leurs Exorcistes que la Bête de l’A-pocalypse étoit née. C ardmahs Cusam fcrìptoris minimecontemnendi conjecturant de ultimis temporibus legerat, quolibro ad annum 167; totius orbis terminus ac interitus ex li-terie astruitur inspiratis. Idem scripfit Anglus Alabaster intubarum spiraculis libro edito authçr, inquam , Orientis idio-mata , zj? scripturas cr Cabalam mirifice calions. Complu-rium exorcifmorum qui habentur exeufi volutarat Morinushistorias, in quibus paffim Energumeni in vari'ts regionibus na-tam este befiiam proclamarunt, quod creditu facile nequitia(121) vita temporis nostri przstat z? fuadet (121). Ne voilà-t-il pas trois1 T'nmif’ ^clles raisons?

' (M) Il comprit..., que tout ce que les Péripatéticiens ensei-

gnent sur les formes substantielles est de la derniere impertinence.']Si l’on ne le savoit par expérience, on auroit de la peineà croire qu’il fût possible que des gens d’Esprit, & qui em-(1 iz) Votez, ploient toute leur vie à philosopher, soutinssent ( 122, )U %emarq«e qu’une substance distincte de la matière est néanmoins ma-dePAmcte téiielle, & ne subsiste que dépendamment de la matière;SdT’- quelle est tirée de la puissance de la matière fans y avoiréxisté auparávant ; qu elle n’eíl composee, ni de la matie-re, ni d’aucune autre chose prééxistente, & que nonobs-tant cela elle n’est pas un être creé: enfin que fans l’aided’une connoissance qui la dirige dans ses opérations, elleproduit la machine des animaux, & celle des plantes. Ilsíòutienent tous ces dogmes monstrueux, après avoir étéaccablez des Objections d’un Pere Maignan , d’un Gas-sendi, &c: c’est ce qui étonne davantage. Morin reco-nut toutes ces absurditez, & abandonna sur tous ces dog-mes la Secte Péripatéticienne. Sjuzftionem de ortu vel pro-duftione formarum subftantialium esse totius Phyfices dìfficilli-mam ; quzque maximorum Virorum ac pr&sertim Neoterico-rum ingénia torsit. Dum alii volunt eas educi de potentiatnateria , alït ipfas dq novo creari , alii eas produci à cor-poribus cœleftìbus, alii eas ejfe tantìtm quandam ele-mentalium qualitatum proportionem ; ficque eas este acctden-tales , zjr alii alia. Ego vero in Astrologia Galhca tlb. 2.0.qui inferibitur , de aftione universali corporum cœleftium,feftione 4. capitibus 7 : omnes hasce opiniones Rationis examinifubjicio , ac evidenter probo mllas ipfarum esse pojse veras :omnium autem abfurdijfimam , esse eduftionem forma de pe-ins) M01Î- ttntia materU (123). Le mal est qu’il substitua à ces Doc-jius, in De- trines une Hypothèse bien environnée de difficultez. IIsens. Dis- adopta le sentiment qu’il crut trouver dans les Livres d’unieit. pag. 66. j) ano i s (114) - savoir que la forme substantielle de chaquecorps est un Esprit immatériel, que Dieu dès le commen-severinus', 1 ' 33 cernent de la création a orné de la connoissance nécessairein idea ’ à construire les organes à quoi cette formé doit être unie.Medicinae Arbitror formam Phyficam Jubftantialem corporum mixtorum,

ïhiloíò- (anima rationali excepta ) aliud non esse , quam spiritum im-

■*’ ' materialem seminis cujufque rei ; cui Severinus ipfe proprias

, & fpecificas attribuit fignaturas internas coloris , odoris , sa-

pons, mirabilemque scientiam h DEO inditam initia crea-tìonis, quá seminis cu]usque spiritus quilibet ad generationemexcitatus à caufis effiejentibus , congrua fibi primo adfciscit reigeneranàa principia corporis ac elementa , qua sunt ipsius reimateria , à qua ipsa forma primo zv per se disert; deindequecorporis fui sabriez cr organisatìoni incumbit per innatam acestentialem fibi scientiam ipsam adeo regulariter ; ut ejusdemplanta omnes flores inter se , folìa inter se , e? fruftus interse, conveniant in omnibusfignaturis, zv fimiliter convenïant ,cum foliis, floribus , zv fruôlibus cujusvis alterius planta ejus-dem speciei: quod fané cum scientia mechanica ,- talis seminisvirtuti indita , ejujque fignaturis ejfentìalibus , concìpi facilepotest; quasi mentis alicujus regulare opus, quod in aranea-rum telis , apum alveolis , czterisque animalium aSiionibuspatet adhuc evidentïùs : aliter vero concipi nequit cum astensu

(125) Mori- rationis (125). II a raison de dire qu’il n’y a rien de plusnus, liDe- absurde que de soutenir, que le mouvement seul des atô-fe»s. Dis- mes e ft capable de produire cette admirable régularité quisertat. pag. ^ trouve dans les plantes, cette conformité des fruits &

des "feuilles dans les arbres de même eípece, &c; il estmille fois plus difficile de former une feuille d’arbre, que

(126) const- d’imprimer une page de Cicéron (izó) : puis donc que ja-r ‘ 7 d‘t a Niais un arrangement de caractères, qui ne seroit dirigéTstus‘,%- P ar aucun choix, ne produiroit une page de Cicéron, ilmarque (d) ne faut pas croire qu’un arrangement d’atômes non dirigé,de c Article puisse produire uue feuille d’arbre ou une pomme. IICAiNiTES, semble donc qu’il faille donner aux plantes un principea* 1 a m . intelligent qui choisisse, 8í qui arrange les matériaux des

feuilles, &c, (cíest le sentiment de Morin), ou que laplante soit organisée dans fa semence, c’est í’opinion deplusieurs Cartésiens. Nihil excogitari potest absurdìus quamquod illa fimilitudo florum , foliorum , z? fruëtuum ejusdemarboris in colore , odore , sapore, ZV conformatione , prodeat exsolo motu atomorum, à quo sunt fiitus z? or do ipfarum : Kecinter omnes flores, folia , zv fruBus pomi , ullus accidat fios ,folium , vel fruftus pyri aut alterius planta ab ipfi atomorum.motu. Hic enim nifi per aliquam regatur specificam scien-tiam , quz in atomis concipi vel explicari nequit, causabitduntaxat fortuites fitus zv or dines atomorum , qui vel nun-quam efficient aliquam déterminât & speciei plantam; vel sal-tem hanc multis extraneis folïis , floribus , zv fruftibus inficient,fi tantìtm planta generetur, zsr non potiìts chymara diversa- ìj/oríff*rum genere rerum {ivs}.- V~ pjf e ns.

(N) Il reput de Mr. Des Cartes divers témoignages d’efti- Dissertât.me.] II fit connoissance avec lui l’an 1626 (128). Quel- pag. 67-que tems après il lui fit présent de son Livre des Longi-tudes, & en fut remercié par une Lettre fort obligeait- ^. 2S ^ a ijJet,te (129). II lui envoia des Objections touchant la lumière jè D<t sl’an 1638 (130). Ces paroles de fa Lettre font remarqua- cartes»blés. J'ai toujours été l’un de vos partisans , ZV de mon na- Tome I>turel je hais z? je detefte cette racaille d'esprit s malins, qui pog- 1 ^-voyant paraître quelque esprit relpvé comme un Astre nouveau , . c i t jf

au lieu de luy spavoir bon gré de ses labeurs , ZV nouvelles ^^VIlí i*inventions, s'enflent d.'envie contre luy , ZV ri ont autre but j y 0 i«tm ^ •que d’offusquer ou éteindre son nom, sa gloire , zvses mérités; Des Ca yj/bien qu ils soient par luy tirez, de l’ignorance des choses , dont Voies. I*libéralement il leur donne la connoistance. st’ay paffé par ces ^ e arteS patpiques , ZV je sçay ce qu en vaut l’aune. La postérité plain- ^ BaUl et ’dra mon malheur ; & parlant de ce fiecle de fer, elle dira y 0 m. !>avec vérité que la fortune n étoit pas pour les hommes spa- pag. di-vans. ste souhaite neantmoins quelle vous soit plus favorable r ^

qu à moy. Quel-orgueil ! quelle vanité! Mr. Des Cartes , ÍI3 £yillrépondit à ces Objections,Morin répliqua „ (131) & nous lettre i»

,, avons encore ce second Ecrit inséré au premier T orne rnômi„ des Lettres de M. Descartes, (f), & suivi d’une nouvel- me.

„ le Reponse que M. Descartes y fit dés le mois de Sep- $

,, tembre avec une diligence qui le surprit, mais qui luy

,, fit connoître qu’il avoit de la considération pour luy. C^'

„ M. Morin (j.) feignit de n’être pas entierement fatis- Tom. ** ,

, fait de cette seconde Reponse, & il en prit occasion de pag. 3J7-" i U y faire une nouvelle Répliqué (j:) au mois d’Octobre, !

” afin de se procurer l’honneur d’écrire le dernier. M. Des- (s) *f'ù„ cartes, toujours fort éloigné d’ambitionner une gloire si,, fausse, acheva de reconnoître à cette marque le carac- ™ '

„ tere de l’esprit de M. Morin. II ne voulut pas luy re- p p#l.

„ fuser la satisfaction qu’il souhaitoit de luy, puis qu’elle 234 - dl> 4„ luy coûtoit fi peu. C’est (*) pourquoy il manda au P. tome-,, Mersenne vers le milieu du mois de Novembre, qu’il ret ^‘ rl>

„ ne seroit plus de reponse à M. Morin puis qu’il ne le Q

„ desiroit pas ”. II est sûr què Mr. Des Cartes ne mé- j vol- fprisa point les Objections de cet homme. Il les jugea di- Lettr> s fignes de considération dés qu il les eût repues , Z? préférables àcelles de M. Petit pour leur solidité , ©* pour la nature de 4leur difficulté. Il en (**) écrivit plus d'une fois au P. Mer- ,*1 M' £senne , pour luy faire témoigner de sa part à M. Morin, que 416 . ,0 'non'seulement il avoit repû son Ecrit en trés bonne part; mats ^.ìiqu il luy avoit encore obligation de ses Objeftions , comme étant C*^ t trt strés propres à luy faire rechercher la vérité de plus prés ; ieS } po.ev ("jf) qu’il ne manquerait^pas d’y répondre le plus ponc- lîtuellement , le plus civilement , zv le plutôt qu il luy seroit «fj WP;possible (132). Mais ne finissons pas cette Remarque fans ra- 396-porter une chose qui puisse édifier les Lecteurs, autant que & l'les plaintes orgueilleuses du Professeur Roial en Mathema- ) pi 1 'tique les ont dû scandaliser. Nous avons vu que Morsit j#, vie f e s,

avoit fini ses Objeftions. par . des plaintes fur le mal- pe s C j t

heur oh il se voyoit par les pratiques de ses envieux, en fou- 2-^^. ‘,

haitant que la fortune luy fût plus favorable quelle ri étoitordinairement au commun des Spavans. M. Descartes , à quice langage ne convenois gueres, eut plus de peine à répondre à ] ì9 . tfl 0 * !cette conclusion qu'à tout le reste. „ (j-j) ste nepretens nttl' tuf'

,, lement, luy dit-il à ce sujet, mériter les honnêtesez, dont,, vous usez à mon égard sur la fin de vôtre Ecrit, & je n’aU'

,, rois néanmoins pas de grâce à les réfuter. C’est pourquoi„ je puis seulement dire que je plains avec vous l’erreur de if„ Fortune en ce quelle ne reconoit pas affez, vôtre mérite. Mst 1,, pour mon particulier, grâces à. Dieu, elle ne m'a encore If„ mais fait ny bien ny mal: z? je ne spay pas même pour i A,, venir fi je dois plutôt defirer ses faveurs que les crainu •

,, Car comme il ne me paroit pas honnête de rien emprunter,, personne qu’on ne puiste rendre avec usure, il me semble q„ .ce seroit me grande charge pour moy que de me sentir re s I35 y;e„ vable au public (133) ”. Voilà quel doit être le lang 3 » c* ítcS>d’un vrai Philosophe; Mr. Des Cartes auroit mérité ce 1,

tre par la feule qualité dont il parle là. Mais pour M° 1

il deshonoroit la Philosophie , par ses murmures conl’injustice de son Siecle. II faisoit paroître une aine vele, & avide de pensions & de récompenses: faux bav. »faux Philosophe. " " ^) l\