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Tome troisieme. K - P.
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& il ne faut pas douter que le premier de ces deux partis ne fût composé, non seulement des per-sonnes qui avoient de l’cffime 6c de l'amitié pour Monsr. Morus,mais aussi des personnes qui fansl’aimer, ni fans l’estimer, voioient leurs ennemis à la tête du parti contraire. L’on voit tous lesjours des exemples de cela. Je ne íai comment Mr. Morus se procura les bonnes grâces de Mr.de Saumaife; mais il est certain que celui-ci attira l’autre dans les Provinces Unies. Quelques-uns prétendent que ce fut pour chagriner Mr. Spanheim (B), qui avoit été brouillé à Geneveavec Mr. Morus. D’abord Mr.de Saumaife tâcha de lui procurer une Chaire de Théologie à Har-derwic (/), 8c la chose n’aiant pu réussir, il le fit apeller à Middelbourg. Mr. Morus, accep-tant la vocation, partit de Geneve en 1649, chargé d’un bon témoignage d’Orthodoxíe (C). IIse présenta au Synode des Eglises Wallonnes assemblé à Maestricht (g) : il y prêcha avec l’aplau-dissement de tout l’Auditoire ; 8c puis il alla prendre possession à Middelbourg de la Charge deProfesseur en Théologie dans l’Ecole illustre, 8c de celle de Pasteur de l’Eglise. Messieurs d’Ams-terdam à son arrivée en Hollande lui offrirent la Profession en Histoire (b), que la mort de Vos-sius avoit rendue vacante dans leur Ecole illustre; 8c n’aiant pu le détacher des engagemens qu’ilavoit pris avec la ville de Middelbourg, ils firent venir David Blondel : 8c néanmoins trois ansaprès aiant ouï dire que l’on offroit à Mr. Morus une Chaire de Théologie en France, ils lui re-nouvellérent leurs offres. II accepta alors cette vocation, 8c la remplit en habile homme. II yfit une éclipse par un voiage en Italie qui fut assez long (D), 8c duquel on dit qu’il n’eut passujet de se repentir (E). Durant ce voiage il fit un beau Poème (/), sur la défaite de la flotteTurque par les Vénitiens. Ce Poème lui valut une chaîne d’or dont la République de Venise luifit présent. II revint exercer sa Charge, 8c après quelques bourrasques essuiées dans les SynodesWallons (F), il passa en France pour y être Ministre de l’Eglise de Paris, où plusieurs person-nes le souhaitoient. Plusieurs autres s’y oposérent, 8c se presentérent à quelques Synodes Pro-vinciaux, 8c puis au Synode National de Loudun ( k ), chargées de sacs de papiers contre Mr.

& parce qu’elle leur fournit les moiens de s’ériger en pe-tits tyrans. Encore un coup, parcourez tous les défautsà quoi la nature humaine est sujette, vous n’en trouverezpoint de plus opofé à l’efprit du Christianisme , que laviolence qui paroît dans les querelles de quelques-uns deces Messieurs. Elle témoigne que dans chaque démêlé ilsveulent donner à conoître leur puissance , jusques aupoint que personne à l’avenir ne soit assez téméraire pourleur résister. Sans avoir lu Homere, ils mettent mieuxen pratique les paroles d’Agamemnon, qu’aucun texte del'Ecriture.

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Ego autem abducam Brìfcida pulchram-genas ,

Ipse profebîus ad tentorium, tuum prsmmm : ut béni intelligasQuanto potentior sum te 1 tintent auîtm e? alius■JEqualem se mibi dteere, & comparaît contra (8).

Volez Milton à la page 44, & 190, de sa Répliqué. Voiezaussi l'Histoire de l’Edit de Nantes, où l’on avoue queMorus entre ses belles qualitez en avoit qui ne lut faifoient pashonneur-, qu’i/ étoit imprudent, impérieux, satirique, mépri-sant ; & qu’i/ ne trouvoit presque rien de bon que ses Ouvra-ges, z? les louanges de ses Aprobateurs (9).

(B) Quelques-uns prétendent que ce fut pour chagriner Mr.spanheim.'] Sorbiere fera mon garant; car voici ce qu’ilécrit à Mr. Patin (10) : Je ne vous puis dire de M. Spanheim,que ce que l on publioit lors qu.il fust décédé ; que Saumaifel avoit tué, cr que Morus avoit esté le poignard. L'Histoireest Longue, & pour la toucher en peu de mots, je n’ai à -vousdire st ce n'est que M. de Saumaife n'aimoit point feu M.Spanheim , par quelque jalousie d’esprit & de réputation dansl'Ëschole ; Que pour le mortifier il fit appeller en Hollande M.Morus, duquel il ne cognoijsoit que le nom , mais qui estoitle fléau & ïaversion de son Collègue ; Que le Docleurremua Ciel V terre pour l'empescher de venir , V qu il mou-rut lors qu il eut nouvelles que son Adversaire estoit en che-min. ... II joint à cela un court Eloge de Mr. Spanheim,& puis il ajoute touchant Mr. Morus , Je n en puis pas por-ter mon jugement fans vous le rendre suspeâl , pour ce qu’il estmon intime amy depuis le College, cefi-a-dire depuis plus devingt-cinq ans, v que f ay livré pour lui des batailles oh lef. Jarrige s'est rencontré: Mais il est certain tout le mondeadvoue qu il a ïesprit tout de feu, qu’il a de vastes penséesfqu'il brille c? qu il êclatte extraordinairement.

La Lettre, que Mr. Spanheim écrivit à Voisins au moisde Mars 1648 (n), mérite d’être considérée, & peut ser-vir de confirmation à quelques-unes des choses que Sor-biere vient de nous dire. On y trouve en particulier cef ait-ci, que Mr. Godefroi (iz) n’avoit écrit un témoigna-ge si avantageux & si glorieux à Mr. Morus, que par hai-ke pour Mr. Spanheim. Celui-ci menaçoit de faire savoirau public tout ce qui s’étoit passé à Geneve par raport auxbons témoignages que Mr. Morus y avoit obtenus, &quelle avoit été la vie & la conduite de Mr. Morus. J’a-prens par la même Lettre, que Mr. Morus protesta avecferment aux Magistrats de Geneve, qu’il n’avoit point euen vue Mr. Spanheim dans la Harangue dont je parleraiei-dessous (13).

( d ) Il partit de Geneve chargé d’un bon témoignage d'Or-thodoxie.] Ce témoignage lui fut donné par l’Eglise deGeneve le z; de Janvier 1648 : il est tout du long en La-hn & en François dans le Vides publica de Mr. Morus (14);& Ion y voit de plus que les ennemis de ce Ministre,pour frustrer les bonnes intentions dc Saumaife qui le you-

T Q M. iv.

Morus.

loit établir en Gueldre Professeur en Théologie, répandi-rent dans le monde que Mr. Morus étoit un pernicieuxHérétique , qui non seulement croioit que selon les in-tentions de Dieu Jcsus-Christ a souffert également pourtous les hommes, & que le péché d’Adam ne nous estpas imputé; mais aussi que le St. Esprit n’est point Dieu,ou que l’on n’est pas obligé d’être persuadé qu’il le soit.L’Eglise de Geneve donna là-dessus à l’A censé un témoi-gnage si plein d’éloges, qu’il a plus Pair d’un Panégyriquede Rhétoricien, que d’une Sentence d’Absolution. Mr.Morus y paroît plus blanc que neige à tous égards, &pour la doctrine, & pour la bonne vie. On y soutientque ses plus passionnez ennemis ne peuvent lui reprocherquoi que ce soit qui mérite aucune censure (iy). Nousverrons néanmoins ci-dessous (16), que Milton recut deGeneve divers Mémoires, qui noircissoient terriblementMr. Morus.

(D) Il fit une éclipse à fa Profession en Histoire, parun voiage en Italie qui sut assez, long.] On voit dans uneHarangue Latine qu’il récita à Amsterdam après son re-tour d’Italie, pourquoi il n’étoit pas retourné plutôt. IIy expose plusieurs dangers qu’il avoit courus. Au reste,ceux qui disent qu’il entreprit ce voiage sans en avertir sesSupérieurs n’ont pas trop de tort; car le congé, qu’il ob-tint à Amsterdam le 20 de Décembre 1654, n’avoit étédemandé que pour un voiage en France qui devoit durertrois ou quatre mois. Mais quand Mr. Morus fut de re-tour, il se présenta au Synode de Leide au mois de Maii6;6, & dit qu’il avoit trouvé en Italie de grandes apa-rences d’y avancer la gloire de Dieu, par la prédicationde l’Evangile. II fut remercié de ses bons conseils.

(£■)// ri eut pas sujet de se repentir du voiage d’Italie. JOn conte qu’étant tombé dangereusement malade à Floren-ce, il dit tant de belles choses au Médecin qui le traitoit,que ce Médecin en fut tout rempli d’admiration, & qu'enaiant rendu compte au grand Duc, il lui inspira le désir devoir ce docte étranger: desorte que Mr. Morus étant guérifut introduit à l’audience de son Altesse, & la charmatellement par ses discours, qu’il en reçut dans la fuite plu-sieurs marques d’une estime & d’une affection particulière. 'D’autres disent que Mr. Morus étoit conu de ce Princeavant qu’il tombât malade. Voici ce qu’on trouve dansun petit Livre qui vient de paroître (17) : Le Grand Ducde Toscane reçut humainement Mr. Morus dans ses Etats z?dans fa Capitale, il le favorisa de son amitié ztrdeson efti- •me, il lui envoya son Médecin dans la maladie qu il eut. aFlorence , V lui fit un riche présent, digne de celui qui le

donnoit , cr digne de celui qui le recevoit . On dit que

le Médecin que ce Duc envoya pour visiter ce malade , ztrpour le traiter dans fa maladie , fut tellement surpris dansles entretiens qu il eut avec lui, de l'entendre raisonner avectant de force, tant de profondeur , c? t( int de pénétration ,sur toutes sortes de Sciences , zsr particulièrement fur^ la Mé-decine , qu H avoua , quelque habile qu U fut lui-même dansfa profession , que son malade en sçavoit plus dans la Méde-cine , qu il rien avoit appris lui-méme dans cette science , ou

il avoit donné tousses soins or toutes ses veilles.

(F) Après quelques bourrasques estuiees dans les SynodesWallons 1 En effet, au mois d’Avril 1659 le Synode deTemni le cita, fur quelques plaintes qur avoient été por-tées Contre lui. II alla bien à Tergou, mais il 11e jugeapas à propos de se présenter au Synode, il fit seulementsavoir à la Compagnie qu’il ne dépendoit plus que desEglises de France, ausquelles il s’etoit engagé. H ne pré-vint point par là fa condamnation, comme il savoir cru;car le Synode déclara qu il n étoit point en état d’exerceravec édification son Ministère en ce pars, ni d’y commu-lii 1 nier

(f) Volez. Hstem. ( c).

(g) f id,publica,m-'S 7-

(Il) llld. Pi!?.

213.

( ; ) Volez,en PEÍo^ed An s {?$

Lettres deTanannilJe Fevre,Lìvr. li %157 .

E com-mença le îode Novembre1 659 , &

Janvier 1 6 Co,

(r$) vit*tnîegritaiemffleefes , binete niveus mo -rum candorretrahì !.ilhnc e.dmi -rahili tr.sibifimjicr cons-tans innocen-îta. ^Aflojlolusvult Eoifco -fum ejse

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Nthil íttittueilli vel abinsensijjìmìsbofiibus & U-vorìs sellemaliçno tur-gentibus mérita

Objìd fjUfAt y

cjuod j u fi Afit reprehen -fionì obno-

(16) Dans la\em (M),Citation [ 30)..

(17) Pané-gyrique deMr. Morus ,imprimé à'-'imfierdam16 9 S, pag %

14 .