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Tome troisieme. K - P.
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438
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M O R U S. MOSYNIENS.

(i) Volezd-dtjpísfa \emdrqne( M) defcArtideG R O TI US.

(41) Pané-gyriqued’AJexan-dre Morus,imprimé k^Amjierdamchez, Jem dt*Frefne fan1 695 j K?-14,15,16.

(->) C'esi-à-tlire habí-tans dansdes tours."Votez. Apoll.Argon. Lit.If, Vers. 1020dr feaucnt.îr Strabonn bi infrà.

( b ) Srrabo ,Litr. XII,fdg. 378.

(c) U. ib id.

(t) Apoll.Argon.

Libr. II,Vers. 102s ,pag. m. 243,244.

(2) rompa-nt us Mêla,Libr. I, .Cap. XIX,pag. m. 22.

(z) Diodor.Siculus,Libr. XIV,Cap. XXXI.

(4) Xeno-phon, deIxpedír.Cyri, Libr.V, p. m. 209.

( S ) Veiez.la "Remarque

{D) *

P^irtideH IP P A R-CHIA.

(fi) Apollo-nius, Argon.Libr. II,Vers. IvZ S,

43 8

Le jugement, que Monsr. Chevreau a fait du caractère de Mr. Morus, est très-conforme àcelui de plusieurs autres Connoisseurs, & témoigne en même tems que les choses que l’on écrit à ^ ^un homme ne ressemblent pas toujours à celles que l’on dit de lui dans les Lettres que l’on écrit 4: om «à d’autres gens (/) (P). Je ne veux point passer fous silence que l’illustre Mr. Huet donne de ^"‘^'Vurtrès-grans éloges à Mr. Morus dans quelques Poésies Latines qu’il lui adresse. Voiez la page 30 l’Antsioio-& 77 des Poésies de ce savant Prélat à l’Edition d’Utrecht 1700 (m). s ie -

„ chauffa si fort, que s’il ne fût sorti adroitement de ce,, lieu íì dangereux, il avoit à craindre quelque mauvais,, tour: mais il imita Jesus-Christ notre grand Maître,„ quand il sortit du Temple pour éviter les embûches des„ Pharisiens qu’il venoit de confondre; de meme nôtre„ Morus, après avoir fermé la bouche auxPhariliens de ces., derniers íiécles, les amusa paqde douces paf oies, sortit„ de leur Synagogue, & ainsi s en alla. Après qu’il leur„ eut échappé, ils le firent suivre de loin par un de leurs„ disciples, pour découvrir le lieu où il entreroit, & pour„ s’informer ensuite quel étoit cette espece d’homme, qui„ en sçavoit lui seul plus que toute la Sorbonne ensemble:„ ce qui ayant été remarqué par celui qu’ils defiroient tant„ de connoître, il se tourna vers celui qui le suivoit, &„ ne lui dit que ces deux mots en le quittant, memento,, Mort, ce qui fit juger d'abord à ceux quil’avoient en-„ voyé, que celui qui leur avoit donné tant de peine,„ étoit cet homme si célébré, l’une des colomnes de l’E-,, glise de Charenton, & la terreur de la Religion Ro-„ maine (41) ”, Voilà ce qu’on trouve dans un Ouvragequi paroit depuis un an, & qui mérite d’être lu. II y aplus de vingt-cinq ans que je fis ce Conte en présence d’unDocteur en Théologie Curé de R., homme d’esprit Le fortversé dans les coutumes de fa Religion. J’étois persuadé dece fait; car je l’avois ouï dire en diverses occasions à d’ha-biles gens, 8t à l’âge que j’avois alors je ne me défioisguere de ce qui étoit narré par de telles bouches. LeDocteur me répondit, voilà un fort joli Conte, la con-clusion en est fort ingénieuse : mais soiez affûté que c estun Roman; car ceux qui proposent des Argumens contreles Thèses qui font soutenues en Sorbonne, font toujoursdes gens conus, & graduez dans la Faculté, ôç revêtusmême des habits, ou des ornemens de cérémonie qui leurconviennent. Si l’Auteur du Conte avoit su cela » il au-roit choisi une autre scène.

(P) Le jugement de Mr, Chevreau ... t tji trh confor-

me ..., c? témoigne en même tems que les choses qu on écrità un homme ne ressemblent pas toujours à celles que l'on écritde lui ... à d’autres gens.'] Lisez les deux Lettres qu’illui écrivit l’an 1660 (41), î’une en François, & l’autre enLatin ; 8c comparez-les avec ce Passage de fa Lettre à Mr.le Fevre: „ Vous sçavez qu’il y a des hommes qui natu-,, tellement aiment le parfum de quelque côté qu’il puisse,, venir, qui le demandent comme une dette, Lc qui s’y,, font tellement accoutumez, qu’on ne peut leur plaire,, qu’avec un encensoir à la main. C’est une foibleffe qui„ fait pitié; mais qui est humaine: outre que la profonde„ érudition de nôtre ami (43) dans les belles Lettres, la„ connoiffance exacte qu’il a du Grec, Lc de toutes les„ Langues Orientales, méritent bien qu’on le considéré,„ Lc qu’on le distingue d’avec tant d’autres qui ne lui res-,, semblent que par son défaut. Ce qui m’en a plû dans„ les fréquentes conversations que nous avons eues, c'est„ qu’il m’a toujours dit de bonne foi, qu’il étoit infini-„ ment au dessous de Mr. Daillé qu’il croit plus solide que,, vôtre Calvin. Avec tout cela, un Proposant que vous,, connoissez, vient de m'affurer queMr.Morusl'emporte,„ du consentement de tout le monde, sur Monsr. Daillé,„ que ses actions publiques d’imaginatioil Lc de boutade,,, plaisent beaucoup plus par leur nouveauté, que l’élo-

„ quence de Mr. Daillé qui seroit son maître (44).

„ Ce que je crains, est qu’il ne s’entête de ces merveilleux„ applaudissemens; qu’il n’ait pas la force de se faire la„ moindre violence dans son humeur libre; & qu’il ne

,, succombe dans son penchant.sans avoir égard

„ à son caractère, à sa réputation, & à sa fortune (4y).„ Mr. Morus, dit-il dans une autre Lettre (46), a beau-„ coup d’érudition Lc d’eíprit;' peu de Religion Lc de ju-„ gement. II est mal propre, ambitieux, inquiet, chan-„ géant, hardi, présomptueux , Lc irrésolu. II sçait le„ Latin , le Grec, l’Hebreu, P Arabe ; Lc ne sçait pas„ vivre.

( 4 ») oe f r 'mêlées deMr. Che-vreau , p“î*40, & S°-

(43 ) î

b-dire Mr*Morus.

(44) Oeuvr.mêlées deMonsieurChevreau,pag. 48.

(45)

me , ]>*£• 4 y *

MOSYNIENS, où MOSYNOECIENS (s), C’est ainsi que l’on nommoit cer-tains montagnars qui se logeoient sur des arbres (A), oU dans quelques tours de bois (c) au voi-sinage du Pont Euxin (d). Leurs coutumes étoient si contraires à celles des autres Nations,qu’ils faisoient à la vue du public ce qu’on fait ailleurs dans la maison, & pour ce qui est deschoses que l’on fait ailleurs publiquement, ils les faisoient dans leurs logis (e). Ils n’excepté-rent point de cette réglé renversée l’Oeuvre de la chair (xf). Leur plus haute tour de bois ser-voit de demeure au Roi , Prince misérable ; car il faloit qu’il terminât tous leurs diférens commeJuge j & s’il lui arrivoit de mal juger, on l’emprifonnoit le jour même, & on ne lui fournissoitaucun aliment (f) ( B). Leur Roiaume étoit électif, Sc ils tenoient en tout tems leur Prince

fous

{M) lis n’exceptèrent joint de cette réglé renversée Vœuvrede la chair .] Apollonius a raison de les comparer à despourceaux, puis qu’ils n’avoient point de honte de se por-ter à cet acte sous les yeux de leur prochain.

Ov§’ svj/rjç uììèìc &nbtffitoç , «AAct! ffveç âçQoppúfcç , ovl’ itfiattòv âTvÇópevoi orupSÓVTiZf ,

Wtryovrai %sen«Si( %ovrt (ptKéTXTi •yuvaixSv.

Nec eos in populo pudet coetus Venerii : sed , in vicem porcorum

Gregalium , nihil quicquam reveriti arbitres

Humi est inpropatulo commiscent cum uxtribus corpora (1),

Le Scholiasle observe qu’il ne faut point entendre qu’ilss’accouplassent ainsi en public avec toutes sortes de fem-mes indifféremment, mais chacun avec la sienne. Pom-ponius Mêla ne fait point cette distinction. Propatulo ves-cuntur, dit-il (z), promiscue concumbunt est palam.Te ne sai point sur quoi ce Scholiasle se son doit. Auroit-il voulu se servir de la Maxime, que dans les choses dou-teuses il faut toujours recourir au sens le plus favorable, &passer in mitiorem ì Mais les phrases d’Apollonius semblentfort claires contre l’exception , & autoriser nettement

Pomponius Mêla. Diodore de Sicile ne l’a guere moinsautorisé (3). Notez qu’on trouve dans Xenophon que lesMosynœciens, avec lesquels il fit alliance, eurent une ex-trême envie d’embraffer les garces qui suivoient le campdes Grecs, & de le faire en public selon leur coutume (4).Au reste, la monstrueuse impudence de ces gens-là a parudans d’autres peuples (5).

(B) On emprisonnait le Roi le jour même, et on m luifournijsoit aueun aliment. ] Raportons les termes d’Àpollo-nius.

H’V <yáp or ou tì ùilitçeúw àhlrmui,

A/fíSi fíî/ Kti)? fyatep hixtehuíireq ’é%ovotv.

Nam fi quid alicubi in jure dicundo deliret,

Ipsum eodem die in euflodiam datum , suffocant inedia (6).

Pintien accuse Pomponius Mêla de n’avoir pas bien com-pris la pensée d’Apollonius : il prétend que ce Poëte Grec

a voulu dire que les Mosynœciens enfermoient leur Roi lejour même de la Sentence injuste, &le condamnoient àmourir de faim. Pomponius Mêla dit seulement que pourle punir d avoir ordonné quelque injustice, ils le condam-noient a jûner un jour entier. Reges suffragio deligunt,v'mculisque est arttijpma cufiodìa tenent: atque ubi culpamprave quid imperando meruere, inedia diei totius afficiunt (7).Pintien se fonde sur le témoignage de deux Auteurs quiont été alléguez par le Scholiasle, & fur celui de NicolasDamascene qu’il a lu dans les Recueils de Stobée. Mêlaverba illa ad famern illo die , pro illius diei accepit. uítMpollonii enarratores contra intelligunt, eo ipso die quo contrajus pronunciaverit in carcerem trudi , quoad famé pereat , ci-tant que sua expofitionis affertores Ephorum est Nymphodorum.Addo ego astipulari interpretibus Apollonii , Nicolaum de mo-ribus gentium referente Joanne Stob&o (8). Voici tout le Pas-sage du Scholiasle: i'çop si E '(popoç xai N v/s<pábapoç orept tovtw, ctitòv (bcta-iÀéx tr.vrSìv uhxáv n xphemu , eyxteíousi xxì tiiicry%ovoiïo , t.Je lai raporté,afin qu’on vît que le Critique étend un peutrop ses droits; car il est faux que le Scholiasle donne auxparoles du Texte l’explication de Pintien, Lc qu’ensuite illa prouve par l’autorité d’Ephore, Lc de Nymphodore :il cite simplement ce qu’ont dit ces deux Auteurs. Je fuispourtant de l’avis de Pintien, Lc je trouve qu’Isaac Vos-fius l’a réfuté pitoiablement. II fupose que pour les fautesles plus légeres les Mosynœciens condamnoient leur Roiau jûne d’un jour, & que pour îes fautes graves ils le con-damnoient à mourir de faim (9). II donne cela pour sevéritable sens des paroles d’Apollonius, Lc il soutient qu’el-les ont été bien interprétées par Pomponius Mêla (io).Interpretatio Mêla , ajoûte-t-il , ut facilior ita quoquemelior. Voilà une chose bien étrange: Apollonius auravoulu nous instruire de la distinction que faisoit ce P eU 'pie entre les petites fautes de son Prince , Lc les gran-des fautes : il aura voulu que nous fussions que p ourcelles-là on faisoit jûner ce Prince un jour entier . Scpour celles-ci jusqu’à la mort; Lc néanmoins il n’aura cousedans son récit ni phrase > ni mot, qui insinue cette ^ l , n f"láon. Pomponius Mêla aura très-bien expliqué le sens “ A"

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