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Tome troisieme. K - P.
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44 °

MOTTE-AIGRON. MOUGNE.

(d) Votez*parmi lesLettres deBalzac,celle cjii ilécrivit enI 6 zz à laXíotte-y-Ai-gron » ou illui donne degrans éloges ,<#* nommé -TWíflf /<k

belle LatinitéfPme Piecemanuscrite •

<-)

Jo6, Z27.

(/) Pri/oa* /a //Partie desLettres deïhyllarq.

(s) v ? !ez -

son EpttreDédicatoire .

pouvoit faire croire qu’il savoir les choses d’original. Quoi qu’il en soir, il piqua cruellement sonhomme, & il fut cause que peu après on informa le public dans la Dédicace d’un Livre, que leprétendu Apotiquaire du Pere Goulu etoit Abraam Aigron, Ecuyer, Conte filer du Roi, 6c Elud’Angoulême. Cette Epitre Dédicatoire n’est pas mal écrite (d)-, mais comme elle est en La-tin à la tête de la Réponse que la Motte-Aigron fit en François au Pere Goulu, on y a trouvéune affectation qui a servi L faire plus deíaprouver les grans éloges que l’Auteur répand fur sonpere à pleines mains, & qu’il tourne du côté le plus capable d’éloigner tout soupçon de Phar-macie. Non content de ce début, il nous aprend dans le corps du Livre (<?), que son bisayeul ,ayant accompagné Henri Ilau voyage d'Allemagne , fut un des premiers Capitaines que ce Roi laissa dansMets, & un de ceux qui défendirent le plus courageusement cette place contre Charles-Quint.II ajoûte que fa bisaieule Catherine de la Barde étoit d’’une Maison austi noble qu 1 aucune autre dupais ì& que son grand oncle du côté maternel eut l'honneur d'être Secret aire des commandemens ^ & principalMinistre de Marguerite femme de Henri d'Albret Roi de Navarre. Le Pere Goulu avoit déjà changéde style, puis qu’avant la publication de cet Ouvrage il avoit dit, que le Sieur de la Motte-Aigronétoit trop honnête Gentilhomme pour dénier , &c (/). Examinera qui voudra si cela est équivalent àune bonne rétractation: je ne le croi pas ; & j’ai ouï dire qu’il étoit vrai que le pere du Sieur dela Motte-Aigron avoit été Apotiquaire, mais qu’il releva fa condition en achetant l’office d’Elu,& qu’enfin il fut Maire de Cognac en Angoumois. Mr. de Malleville en a touché quelque chosedans une Epigramme qui n’a point été insérée au Recueil de ses Poésies (B ). Je n’ai pu déter-rer ce que devint notre Auteur (C), après la publication de fa Réponse en 162.8, ni ce que de-vint le dessein qu’il sembloit avoir de rétablir, dès qu’il auroit terrassé le Général des Feuillans,les fruits de ses veilles que le feu lui avoit ruinez: c’étoient des travaux qui concernoient l’His-toire d’Efpagne, & quelques autres matières (g). C’est à ceux, qui composeront la Bibliothè-que d’Angoumois, à nous l’aprendre.

J’ai vu depuis quelques jours un Livre, où l’on assure que la peine que la Motte-Aigron sedonna d’écrire contre Phylìarque, & en faveur de Balzac, fut une semence de haine entre lui ôcce dernier,parce que Balzac vouloit que l’on crût qu’il étoit l’Auteur véritable de l’Ouvrage quiparoitroit sous le nom de la Motte-Aigron (D).

(z) Biblio-thèqueFrançoise,pag, 132 dela 2 Edit .

(z) Mena-giana, pag.132 de la IEdition deHollande .

( 4 ) <?*st l*XXXIXdu VI LivreEdition infolio .

( 5 ) ^Ijî.

(6) Javer-sac, Dis-cours d’A-listarque àCalidoxe,fa ç. i;S

ér [»iv.

(B) Malleville .... dans une Epigramme qui n a point,été insérée au Recueil de ses Poésies.'] Sorel aiant remarqueque la Motte-Aigron , pour montrer ou le mal le tenoit àceux qui y entendoient quelque ebof s , eT* pour donner unegrande opinion de fa race, dédia son Livre à son pere par uneEpitre Latine avec de hautes qualitez, ajoûte ces paroles:

S il nous étoit permis ici , nous dirions l’Epigramme que leSieur de Malleville fit fur ce sujet; mats de certains Officiersde France y étant intereffez, nous sommes dans une conjonc-ture ou ce seroit insulter à leurs malheurs (r). Pour moi quine lai point quelle peut être cette conjoncture, 8c qui entout cas la croi tout-à-fait passée,je ne ferai point difficul-té de raporter cette Epigramme. La voici donc:

Objet du mépris de Goulu ,

Que ton insolence est publique ,

Depuis que ton pere est Elu,

Et qu il a fermé fa boutique :

Mais bien que cette qualité ,

Si l’on en croit ta vanité,

N’en trouve point qui la seconde ;il rien est pourtant pas ainfi:

C'est un beau titre en ïautre monde ;

Mais on s’en moque en celui-ci.

Depuis la composition de cet Article, il m’est tombé entreles mains un Ouvrage (3) où ces Vers se trouvent.

(C) Je n'ai pu déterrer ce que devint notre Autour .]J’ai seulement su par une Lettre de Balzac datée du 2 9de Juillet 1634 (4), que la Motte-Aigron s’étoit marié àla Rochelle; qu’il avoit quelque Charge de Police, 8c qu’ily avoit eu quelque brouillerie entre eus deux. Le Mer.à-giana (5) nous aprend qu’il fut Conseiller au Préfìdial dela Rochelle.

(X>) Balzac vouloit que l'on crût qu il étoit V Auteur vé-ritable de l'Ouvrage qui paroitroit fous le nom de la Motte-Aigron.] Vous verrez le détail de tout ceci dans ces paro-les de Javersac (6): „Cela n’empécha pas que je ne me„ sentisse grandement offensé de sa requeíte 8c de son pro-„ cédé : Ce que toutesfois je treuvay moins effrange, âpres„ avoir considéré de quelle forte il avoit traitté Monsieur„ de la Mote-Aigron, que les plus étroits liens, dont la„ Nature unit les volontez de deux frétés, avoir toujours,, attaché à fa fortune: Les obligations où l’avoient mis„ cent bons offices, que son aymable franchise luy a ren-,, dus depuis l’innocence de ses premieres actions jusques à„ cette heure, ne luy ont point esté si considérables que„ fa propre vanité. Apres qu’ils eurent partagé leurs des-„ feins, pour écrire contre Phylìarque, 8c que Balzac eut„ pris le plus de champ, 8c le plus de matière, comme„ plus stérile 8c intéressé que l’autre, il ne se contenta pas„ d’avoir plus d’une année de temps 8c de liberté, pour„ avancer son œuvre, tandis que son amy estoit esclave de„ ses Juges à la poursuite d’un Arrest, que la Justice luy a„ rendu honorable. 11 a voulu par plusieurs raisons faire„ supprimer le Livre qu’un honeste loisir, aptes sa paix,,, luy avoir permis de mettre déjà sous la presse. II fait

„ bien pour se conserver la qualité de seul Eloquent;„ d’empécher qu’il n’y ait que luy qui écrive, afin que„ pour estre sans pareil, on ne treuve personne à qui l’ac-„ comparer. Je croy qu’il n’en seroit pas moins que ce„ subtil ingénieux des Poètes, qui faisoit mourir les plus„ capables de ses disciples, de peur qu’ils l'excellassent en„ son. Art. II est si envieux de la gloire de ses amis mé-„ mes, qu’il n’a jamais bien confessé que le Sieur de la„ Mote-Aigron aye fait la Préface de ses Lettres,ne vou-,, lant point avoir de gloire à partager avec personne : Et,, aujourd’huy méme je fuis certain que d’une ingrate 8c„ vaine imposture, il a voulu persuader obliquement, que„ ce Livre qui est attendu, ne conoistroit Monsieur de„ la Mote que pour parrain, aprés l’avoir nommé; mais„ qu’il en estoit le véritable pere. Ce qne je sçay estre„ d’autant plus faux qu’il est tres-veritable que le Sieur de„ la Mote a séparé tous ses interests d’avec ceux de Bal-», zac, faisant gloire d en estre désobligé, pour avoir une,, raison à le fuir, 8c pour profiter de l’exemple de son„ Apologiste (7), dont il a gaffé le nom, qu’on estimoit„ beaucoup plus que le sien méme”. La Préface du Sieurde la Motte-Aigron peut servir de quelque preuve à cenarré-là ; car voici de quelle maniéré elle commence.L’advis qui m est venu de divers endroits, que quoy que ce.Livre ne soit pas fort bon , quelques-uns pourtant luy vou-loient donner un Maistre à leur fantaisie , m oblige de vousadvenir que cette adventure est toute mienne, cs- qu’il n y apoint icy de Roger qui combatte fous les armes de Léon. Cer-tes , bien que je ne puisse affez louer la complaisance de ceuxqui permettent qu on leur face des enfant, c? que la bonté deleur naturel me ravisse; st est-ce que je ne ferois pas affez gé-néreux pour estre de leur opinion, g? ne pourrais souffrir en-core aujourâ'hùy qu'on me fit mes Livres : mon imaginationne m obéit pas de telle forte que je puìjje jamais luy persuader,que des Ouvrages tels que ceux-là fujfent à moy, or ne fe-rois pas plus de conscience de toucher au bien d'autruy que derecevoir des bienfaits de cette nature (8). La conclusion decette Préface est du même ton que l’exorde; car elle con-tient ceci: Mais pour revenir à ce qui me touche, quoy qu ilsoit fort véritable, que ma vie n ait pas esté telle que je n ayequelques amis , e? de ceux-là mefiriement qui entendent l’artd'efcrire , sachez toutesfois, que pour ce qui regarde la façonde cet ouvrage, ils tri ont esté auffi efirangers que ceux qui vi-vent aux extremitez du Monde. Ou que me le furent jadisceux qui ont paffé dans l'opinion de quelques-uns pour les Au-theurs de la Préface (9) , laquelle f ay faiâl adjoufier ’à la firtde ce Discours. C’est parler en homme de cœur; il n’y aque des gens lâches, qui veuillent passer pour Auteurs d’unLivre qu’ils n’ont point fait: on auroit beau dire qu’ils ai-ment la gloire fi ardemment qu’ils y veulent parvenir pa sl’adoption, lors qu’ils ne le peuvent par la génération; cedésir de gloire ne laisse pas d’être la marque d’un cce slrbas. Les Custodinos d’un Evêché sont moins poltrons st ueles Custodinos d’un Livre. Cenx-ci sont coupables du co-cuage volontaire, qu’on dise tant qu’on voudra que c fn’est qu’un cocuage d’esprit; c’est néanmoins une tache,c’est une honte.

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(4) *A Parischez* ^AntoineJoallin>in 16, avecPrivilège da%pì.

MOUGNE (Roberte) publia en 1616 (a) un Livre intitulé Le Cabinet de Ifisefve Chreftienne contenant prières & méditations fur divers fubjet s de f Ecriture Saintte , & se dédiaà très-sage & vertueuse Dame, Benigne de Rabutin, Baronne d'Huban, Lame d'Espeville ,