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Brìnon. Elle aprend dans l’Epitre dédicatoire datée de Blois le 7 de Juillet rôif, qu’elle étoitvefve depuis vingt & fix ans. On trouve après cette Epitre un Sonnet à Madamoifelle du ChesneBelon ma mere , fur son Cabinet de la Vesve Chreflienne. Nicolas Vignier Ministre du Saint Evan-gile est l’Auteur de ce Sonnet, 6c nous aprend que la plume immortelle du mari de notre Mougnepeignit dans ses doíles escrits les traits des vertus de cette femme. Elle étoit de la Religion, 6c taitparoître dans son Livre une piété judicieuse & nourrie du bon suc de la parole de Dieu. La Da-me de Rabutin qu’elle nomme rare patron de pietés de chasteté, de charité , lequel enpeut servir d'e-xemple à toutes vesves Chrestiennes , étoit auffi de la Religion.
.MOULIN (Pierre du) l’un des plus célèbres Ministres que les Réformez de Franceaient jamais eus , naquit. .........
II est à remarquer qu’il ne croioit point l’Histoire de la Papesse Jeanne (A).
(A) Il ne croioit point ï Histoire de la Papesse Jeanne.'}Mr. Sarrau'nous l’aprend dans un passage que j’ai raportéu ailleurs (x), & qui contient une preuve tirée de ce quejfsl- st) Mr. du Moulin, qui étoit st propre à plaisanter, n’avoitJ ama i S fait mention de la Papesse , quoi que ce fût unestWd) Et matière qui auroit pu lui fournir bien des railleries. Apor-* ' tons une autre preuve. Le jésuite Petra Sancta publia en
1634 quelques Notes fur une Lettre de du Moulin à Bal-zac, 8c y joignit la Réfutation de certaines choses que ceMinistre lui avoit dites touchant le Cérémonial de Romepar raport à l'installation du Pape. II n’avoit pas oublié lachaire percée. Le Jésuite se servit de cette occasion pour
réfuter en peu de mots l’Histoire de la Papesse. Du Mou- Sonlin lui répliqua (2), & consacra tout un Chapitre (3) à Livre estjustifier ce qu’il avoit dit touchant les cérémonies de Pins- '«tit»utallation du Pape; mais il ne dit pas un mot, ni de lachaire percée, ni de la Papesse. Ce qui prouve manifes- Deseníbl'tentent qu’il n’en croioit rien; car pour un homme qui veritatiseût cru la chose c’étoit une occasion indispensable de dis- adversu$puter là-dessus. Rivet, partisan de la Tradition de la Pa- & c u : n )v'j 1 |peste, n’oublia pas de rompre une lance en répondant à imsmé'àce même Ecrit de Petra Sancta (4}. Gcmve i«zs
(3) Cefl le XX II du I Livre, (4) Voiez le III Tome de ses * nOeuvres, pag, 587.
P*g. m. 170.([>) Voiez.
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MUCIE, femme de Pompée, étoit la troisième fille de Quintus Mutius Scevola (a), 6c p^ di .f n „° n ’la soeur de Quintus Metellus Celer ( A ). Elle fe plongea dans l’adultere avec si peu de retenue, inque son mari fut contraint de la renvoier, quoi qu’il en eût eu trois enfans (b). Ce fut pendant ° rat - Gice "qu’il remportoit tant de gloire dans la guerre contre Mithridate que Mucie le débaucha. II aprit scauro P , r °cette mauvaise nouvelle, 6c ne s’en émut pas beaucoup j mais en s’aprochant de l’Italie il consi-déra d’un sens raffis l’importance de ce deshoneur, 6c il en fut si touché qu’il envoia à fa femmela Lettre de divorce ( c ). L’on a observé que la Providence voulut mettre par là un contrepois fà la gloire qu’il venoit de s’aquérir (B). II se plaignit de Jules César le corrupteur de Mucie (C),
& il avoit de coutume, non fans gémir, de l’apeller son Egysthe, par allusion au galant de Cly-temnestre femme d’Agamemnon -, mais il ne laissa pas de s’allier avec lui quelque tems après.
L'intérêt de son ambition pastà l’éponge fur un si juste ressentiment (D). On lui en fit decruels reproches (d). Mucie trouva bientôt un autre mari r elle devint l’épouse de Marcus Seau-rus, Sc lui donna des enfans. Pompée eut quelque chagrin contre ce nouvel époux: il fe fâcha (d) tu uque l’on méprisât à un tel point son jugement (A). Auguste se servit de cette Mucie pour faire
ensorte
tres lìberos exegijset uxorem , e? quem gemens JEgyfìhum ap-pellare confuejfet , ejus postea filiam potentu cupìdìtate in ma-trimonium mepijfet.
(D) . . . L’intérêt de son ambition paffa l’éponge fur unsi juste ressentiment. Les plus courageux de tous les hom- (s) Dio,mes agissent en bien des rencontres comme les plus lâches; » bi ‘"fi*-ils oublient les outrages les plus fanglans, pourvu que ledessein de s’agrandir trouve son compte dans la réconcilia- b)tion. Pompée au retour de la guerre de Mithridate vou- L
loit faire ratifier toute fa conduite , & obtenir des terres Qìjvpour les soldats (6) : c’étoit porter ses vues bien loin. II «ùtoS, xxl-fit créer Consuls les deux personnes dont il attendoit le roi*«!i«eplus de faveur ; mais il s’y trompa : l’un, savoir Afranius, fst at,r |y £ _étoit plus propre à danser qu’à toute autre chose.; l’autre,savoir Metellus Celer, le contrequarra en tout St par toutdans la colere où il étoit depuis le divorce de fa sœur Mu- xpòç •zá.rrx
i ' j .. * —.. cie (7). Ainsi Pompée n’obtenant rien, 8c sentant la di- àvrêxpxítv.
le plus honore homme du monde, c? dejiroit fe trouver en fa minution de son crédit, forma une ligue avec Craffus, Sc Metellus ver»maison avec fa femme 0? ses enfans , comme auffi tl cuidoit a vec César,laquelle fut la source maudite du renversement Pom P e í° ("-bien y estre attendu d’eux en grande dévotion .- mais k Dieu, de l’Etat. Voilà presque toujours la chaîne des plus gran- T V0 T r’r-qui a foin de mester toufiours parmy les grandes ìv illustres . des Révolutions. Faites-en l’analyse, vous les réduirez à eeptis’etìlmfaveurs de la fortune, quelque chose de jinìfire, le guettait lln adultéré. Si Mucie avoit été une honnête femme, ex ea .
César n’eût point couché avec elle; en ce cas-là Pompée ”ss;sfá, i nne l’auroit pas répudiée; ne la répudiant pas, il auroit eu mmLs’eipour ami Metellus Celer; l’aiant pour ami, il ne fe fût afíiomsuspoint associé avec Crassus, & avec César ; association fu- t gs‘s t ' Liírneste! comme Caton le sut bien prédire (8). On em- xxxvirploia les mariages à mieux cimenter la ligue. César, qui p„g. A stavoit promis fa fille a Servilius Cepion, fe dédit de fa pa- mu. s§z.rôle, Sc choisit Pompée pour son gendre, & fit espérer àServilius la fille de Pompée, quoi qu’elle fût destinée au j ( u 7fils de Sylla. Celle de Pison'fut mariée avec César, ce qui
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(jí) Elle étoit sœur de Quintus Metellus Celer. ] Cice-îon nous aprend cela dans une Lettre qU’ìl écrivit à Me-tellus. Egi cutn Claudia , dit-il ( I ) , uxore tHd , cumvestra forore Mucia, cujus erga me studium pro Cn. Potnpeiìnecejptudine multis in rébus perfpexeram , ut eum (2) ab illainjuria deìerrereiît. Ce passage montre que Q. MetellusCeler, 8c Q. Metellus Nepos, étoient freres de Mucie,c’est-à-dire, selon Manuce (3), ou ses cousins germains,ou ses freres utérins. Ce dernier sentiment me paroît plusvraisemblable. Je croi que la mere de Mucie épousa Quin-tus Mucius Scevola, après avoir eu de Quintus MetellusNepos les deux freres dont j’ai parlé. Voiez ci-dessous unpassage de Dion.
,, (B ) L on a observé <yue la Providence voulut mettre parla un contrepois _ a la gloire que Pompée venoit de s’aquérir. 1rlutarque a. fait cette Observation : si penfoìt bien, dit-il (4)parlant de Pompée, à son retour en Italie y devoir arriver
en chemin, L? luy drejfoit embufche en sa propre maison pourluy rendre son retour douloureux,; car sa femme Mutia enson absence s'eftoìt mal gouvernée. Or cependant qu il en es-tait loin , il ne tint conte des raports qu on luy en fit : maisquand il approcha de ï Italie , ey qu’il eut ainsi, comme jepense , ï entendement plus à delivre pour penser de prés auxmauvais raports qu on luy en avoit fait : alors il lui envoiadénoncer qu’il la renonçait C? repudioit pour femme , fans*voir lors eferit , ny jamais dit depuis pour quelle cause il larépudiait; mais la cause en est escrite és Fpiftres de Cicéron,
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Aptenons de là que la mémoire de Plutarque étoit plus procuva à Psion le Consulat. Alors Caton ne, put fe tenir
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vaste que fidele. * II fe souvenoit que Cicéron avoit écritssuelque chose du divorce de Mucie , Sc cela avec desmûanges de la conduite de Pompée. Sur la foi de sa mé-ttioire, & sans ponsulter les Lettres de Cicéron, il avançal’on y trouvoit les causes de ce divorce ; mais il fetr otnp e <; Sc íì nous avions tous les Auteurs qu’il allégué,st°us trouverions qu’il a fait souvent de pareilles fautes. n am estev °ici tout ce qu’a dit Cicéron: Divortium Mucix vehe- ~" J:tenter probetur (5). C’est dans une Lettre qui fut écrite
713. Voiez.
du triomphe 1 de Pompée, c'est-à-dire l’an de Ro-
we 6 92 .
( c ) Il f e plùg n \ t de Jules César le corrupteur de Mucie. ]détoné, aiant nommé plusieurs femmes que César avoitàh p ar Mucie, Sc. s’exprime ain st : Etiam Cn.ssst-fejì Mucìam. Nam certe Pompejo íT à Curìonïbus pâtref l ‘o , e? A. multis exprobratum est quod cujus causta post1 O M. III. ■
de s’écrier contre cette efpece de maquerelage; contre ce le auffi i nvilain trafic des dignitez achetées par des noces. EVrafida: Pompeto,
Sù xaì (téóha KáToivoç , xcù sioâh/roç > ovx avexòv P S- 44 -
ehcei > yâiioit . SiziizçponisvotiÉims rxc S,u ywcUav
ek htanixe ------ ----- a^ovp etoccyá^v. f Idem,
&uo tempore palÀm tejtatus est Cato, clamavitque rem mdig- 'nam ejfe , ut addiceretur nuptiarum lenoctnns impermm acVivorúum.Mmu vehe- ter mulieres mutuo fe ad provincial, impena, exercitus pro- {la) Ascon _*veherent (9). ^ediarms,
(E) Pomp écxfe fâcha que Von méprisât . . son jugement.'] j? ^rgum.Et il le fit bien sentir à Scaurus acculé de concussion l’an ceron. w’ode Rome 6 9 p (ro). Scaurus avoit une grande confiance Scauro,aux bons offices de Pompée (u). II avoit un fils qui étoit ?» âfrere utérin des fils de Pompée: c’étoit le fondement deson espérance; mais il y fut attrapé, car Pompée ne le Iiin 'servit point: il fut moins sensible à la liaison de sang qui stases.Kick étoit' °