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M U C ï E. M U N U Z A.
(c) Dio,Libr.
XLVIII,
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^ dfltf. 7I4.
(f) Idim ,Libr. L l,Zv8.
ensorte que Sextus Pompée son fils ne s’unît pas contre lui avec Marc Antoine, mais plutôt aveclui contre Marc Antoine (e). L’on ne peut douter qu’il n’eût pour elle bien des égards, puisqu’après la journée d’Actium il fit grâce de la vie à Marcus Scaurus fils de cette Dame (/), &qu’il n’uíii de cette clémence qu’en considération de Mucie. Cela nous montre que de tout temsla plupart des grans Seigneurs ont regardé le cocuage comme une honte bourgeoise, & que lesDames qui n’ont perdu que la bonne renommée n’ont guere perdu par raport à la fortune, & aucrédit. Je remarquerai par occasion, que Pompée ne fut pas heureux en mariage (F).
étoit entre ses fils, & le fils de l’accusé, qu a 1 afront qu’ilavoir reçu d’un homme qui avoir marqué de l'estime pourune femme que lui Pompée avoir flétrie. Je ne dis rienlà que je n’aìe lu dans un ancien Ecrivain, & qui ne soitvraisemblable. In eo judiáo neque Pompejus propenfum ad-jutorium prabuit, (videbatur enim apud an'mum ejus nonminus ojfenfionis contraxijfe > qttod judìcium ejus in Mutiam ,crimine tmpuàicitia ab eo dimijsam, Uv'ms fecijfe existimare-(12) A?con.*tur, cum eam ip{e probajfet, quam gratis. acquisse necestitu-redianus, 4 ' miS jure, quod ex eadem uterque libéras baberet ) neque Catoi>t ^Argum. a y £ q U j tate ea , q H a V vitam ejus , er magistratum illum de-cebai, quoquam def.exit (11).
( F) pompée ne fut pas heureux en mariages] II eut cinqfemmes. La. prémiere se nommoit Antistia. II la répudiamalgré lui, pour complaire à Sylla le Dictateur, qui vou-lut qu’il épousât Emilie fille de Scaurus & de Metella.Celle-ci étoit alors femme de Sylla. Emilie étoit mariée& grofle. C’est pourquoi Pompée ne l’époufa que pourcéder aux volontez impérieuses du Dictateur. II n’aprou-voit point dans son ame que l'on arrachât Emilie encein-te à son marì,& qu’on l’oblìgeât à répudier misérablement& ignominieusement Antistia (13), dont le pere n’avoitété tué que parce qu’on le soupçonnoit de favoriser le partide Sylla à cause de Pompée. La mere d’Antistia
Oxat. Ci-céron. proScauro,í“g. 170.
(13)
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ÁTÍ(J,COÇ KCCÌCÌKTqpfiç..ExpeiiuurAntîjtiaignominiofemifcrecjue.Plutarch. inPompeio,pa-g. 6iz
(t4) Tire dePlutarque,ibidem.
S etoit
B - -tuée en aprenant la fin tragique de son mari. Pompée nefut pas long-tems avec Emilie ; car elle mourut en accou-
chant de Pensant dont elle étoit grosse quand elle entrachez Pompée (14). II se maria ensuite avec Mucie; &après savoir répudiée, avec Julie fille de César, laquelledevoir épouser Cepion dans peu de jours (15). Soit qu’ill’aimât, soit qu’à cause qu’il en étoit tendrement aimé, ilne voulut pas se séparer d’elle ; il s’amusa à la promener delieu en lieu, & à lui montrer les plus belles maisons deplaisance de I’Italie, sans se mêler des afaires (x< 5 ). Cettevie molle lui fit dutort, & l’exposa à la médisance. Celane dura guere. II se fit des meurtres proche de lui un jourde Comices, & il fut obligé de prendre d’autres habits, carle sang avoit sali ceux qu’il portoit. Julie, les aiant vus enTœ%v l'iévToi cet état entre les mains des domestiques, fut fi émue qu’elletomba évanouie, & qu’elle fit une fausse couche. Quel-que tems après elle devint grosse, & mourut en accouchantd’une fille (17), qui ne vécut que peu de jours (18). En-fin , il épousa Cornelie; & quoi qu’elle fût d’un grand mé-rite , il eut le malheur d’aprendre qu’on blâmoit beaucoupce mariage. Voici une Citation de Plutarque bien curieuse:„ Pompejus, retournant en la ville, espousa Cornelia, la„ fille de Metellus Scipion,non fille,ains de n’agueres de-„ meurée vefve de Publius Craffus le fils,qui fut occis par,, les Parthes, auquel elle avoit esté mariée la premiere,, fois. Cesse dame avoit beaucoup de grâces pour attraire,, un homme à l’aymer outre celles de íà beauté ; car elle,, estoit honnestement exercitée aux lettres, bien apprise àjouer de la lyre, & sçavante en la Géométrie, 8 c si pre-noit plaisir à ouyr propos de la Philosophie, non pointen vain & sans fruit : mais qui plus est, elle n’estoit pointfour tout cela ny fascheuse ny glorieuse, comme le de-viennent ordinairement les jeunes femmes, qui ont cesparties & ces sciences là. Davantage elle estoit fille d’unpere auquel on n’eust sceu que reprendre, ny quant àla noblesse de sa race, ny quant à l’honneur de sa vie :toutes fois les uns reprenoient en ce mariage, que l’âgen estoit point-sortable, pource que Cornelia estoit jeuneassez pour estre plustost mariée à son fils; & les plus ho-neítes estimoient qu’en ce faisant il avoit mis à non cha-loir la chose publique au temps qu’elle estoit en si grandsaffaires, pour ausquels remédier elle mesme l’avoit choyfícomme médecin, & s’estoit jette entre les bras de luyseul, & cependant il s’amusoit à faire nopees & sectes,là où plustost il devoir penser que son Consulat estoitune publique calamité, pource qu’il ne luy eust pas estéainsi baillé extraordinairement à luy seul,contre la cous-tume, & les loix, fi les affaires publiques se fussent bienportez (19)”. Cette illustre Dame se repentit de n’avoir
(15) Mu-
taich. ibid,$Ag. 644.
(16) Idem,ibidem ,pag. 647, S.Vous trouve -rez. aujjì cesparoles , ibid.pa%. 644, F,
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(17) £tfPlu-
tar chOyibid. ,,fag. 647. „
(18) Idem, 93
in Cœsare, 99
pag. 719 3 C. 35
(ip) Plut.in Pompeio,P*&* 648.
Je me fersde la Versiond’Amiot.
pas exécuté la résolution qu’elle avoit prise de se tuer,quandelle se vit privée de son premier mari (zo) : elle s’en repen-tit, dis-je, en votant Pompée fur le rivage de Mitylenedansun triste état après la bataille dePharsale. On l’avoit laiíîëedans cette ville pendant la guerre: elle y avoit reçu desnouvelles si avantageuses touchant le combat de Dyrra-cliium(zi), qu’elle l’avoit cru décisif, & qu’elle n’en at-tendoit point d’autre suite, que cfaprendre que son épouxpoursuivoit César. On lui avoit amplifié les pertes de l’en-nemi pour la flater, pour la réjouir; c’est la coutume.Jugez de fa désolation, quand elle vit son mari réfugié àl’Ile de Lesbos fur un vaisseau d’emprunt (22). Elle futfa fidelle compagne dans fa fuite jusques en Egypte (23); &aiant recouvré ses cendres, elle les enterra, fur le montd'Albe(24). Mais cette fidélité fut, par accident, ce qui leperdit; car si elle ne l’eut pas suivi, il se seroit réfugié aupais des Parthes, Le non en Egypte où on le tua. On affûteque la seule chose, qui le détourna de s’en aller vers l’Eu-phrate, fut la crainte du déshonneur à quoi la beauté & lajeunesse de Cornelie vouvoient l’exposer parmi des peupleslascifs. II étoit il délicat fur ce chapitre, qu’il craignoitmême les faux jugemens. Cela montre qu’il ne fut pastrop heureux dans son dernier mariage, & qu’une épousejeune & belle n’est guere commode à un voiageur (25).Quoi qu’il en soit, vous ferez bien aises de trouver ici unpassage de Plutarque. Theophane Lesbien difoit que ce luysemblait um grande folie , que de laijfer le Royaume d’Egypte ,qui n estoit qu à trois journées . . . pour s’aller jetter entre lesmains des Parthes . , . mener me jeune femme de la maisondes Scipions entre des Barbares , qui ne mesurent leur puis-sance ny leur grandeur , finon en la licence de commettre tou-tes les vilanies C? toutes Us infamies qu’il leur plaistcar poséencore qu'elle ne soit point violée par eux , fi est-ce neantmoinschose indigne , qu'onpuijfe penser quelle l'ait peu estre , pouravoir esté en la pmjfance de ceux qui ont eu moyen de le faire,ïl n y eut que cefte raison feule , ainfi comme l’on dit , quidefiourna Pompems de prendre le chemin d’Euphrates , au moinsfi nous voulons consentir que fait esté le discours de la raison,£7* non fa mauvaise fortune qui l ait guide a prendre le che-min qu il suivit (2.6).
Je ne sai à laquelle de ces cinq épouses de Pompée l’ondoit apliquer ce qu’on lit dans Suetone. Un Grammairienfort savant avoit pour patrons Pompée & CaiusMemmius.II porta à la femme de Pompée un billet d’amour de Mem-mius. La Dame le déféra à son mari, qui lui défenditl’entrée de fa maison (27). Tout bien compté, il ne fautpoint prendre cela pour une bonne fortune de mariage,mais plutôt pour une infortune. II est fâcheux d’être trahipar un Savant qu’on avoit aimé; d’être trahi, dis-je, parson homme d’étude, par l’homme de Lettres de son Hô-tel. 11 n’est point agréable d’aprendre qu’un homme telque Caius Memmius tâche de séduire votre épouse, & luipropose par écrit un commerce de galanterie. On est bienaise ,qu’au lieu d’y répondre favorablement, elle vous mon-tre la Lettre , ’&c vous nomme le porteur ; mais enfin ilvaudroit mieux que rien de toutes ces choses n’arrivât.L’imagination ne s’arrête pas où l’on v endroit. Qui vousrépondra que pareils messages ont été toujours, ou seronttoujours repoussez de cette maniéré? Qui vous répondraqu’il ne faut point dire ici non amo nimtum diligentes , tropde précaution est une ruse : vous découvrez une intrigue,aíin de cacher les autres, 5 c de les mettre à couvert detout soupçon? L’imaginafion, voùs dis-je, est une cou-reuse qui se tourne de tous cotez dès qu’on la reveille.Souhaitez qu’on la laisse bien dormir. '
Si quelques-uns trouvent étrange que je mette ici deschoses qui sont étrangères à l’Article de Mucie, je leurfais savoir que j’en use ainfì afin que l’on trouve ensemblece qui concerne les mariages de Pompée. L’Article de cegrand homme fera si long, que par prudence j’en détachedes morceaux pour le rendre moins prolixe. J’ai déjà fastla même chose en de pareilles rencontres.
(zo) M 1 '* 7ilid. í"!í-L;S > ^
(21) ída»ikid. t- 6>s '
( 22 )
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(Zì) l itm ’ibid. P a f6 S 9 & M'
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(a) D y autresle nommentMunioz.%ocleric deTolede lenomme•Muniz.
(1) Histor,Satiaceu.Libr. /,fag. m, 8 r.
MUNUZA (d), vaillant Capitaine Maure j A) , & Gouverneur de Cerdaígne pour I e5Sarrazins, qui venoient de conquérir l’Espagne au commencement du VIII Siecle, fit une al-liance sécrété avec Eudes Duc d’Aquitaine,au préjudice de ces Conquérans. II se plaignoit qu’H Straitoient fort mal tous les Maures3 mais outre cette raison, qui n’étoit peut-être qu’un prêtes
dont
. . ., c> rítf *
{A) Capitaine Maure.] Augustin Curion (1) parle de fort inhumain, il fit beaucoup de mal aux Espagnols (Q» ex‘f'
deux Capitaines Goths, sujets du Roi d’Espagne, qui fa- qui des montagnes & des bois où ils se réfugièrent, & 1 ' da-^ v ;t
vorisérent les Sarrazins; l’un s’apelloit Mugnuna , & l’autre soient des courses fur les Sarrazins. S’étant voulu P‘ a E tMugnos; celui-ci Seigneur de Cerdaígne, Cerdania Regu- dre de ce qu’on n’obscrvoit point le traité qu’on avoit tamm, obtint des Sarrazins le Gouvernement des places voisi- . ? Mln! so®
ne$; 5 e comme il conoùsoit le pais, Lc que Tailleurs il étoit
regionum & locorum peritus ejset, magms e?s oìadilusSauuçen, Libr. I, pag. m. 88.
Aiigust.
C«»°’