45r MUSURUS. MUTIUS.
Nous rapoiterons le jugement qu’Erafme faisoit de lui (/). André Schottus n’a point dû lui at-tribuer le grand Etymologicum (A). Le Sieur Paul Freher a commis une lourde faute ( L ).
(ìi) Aldus,in P r*fat.Athenœi.
(32) Ci-dejstts’Rtmarijuc
(a).
(33! Erafm.in Cicero-niano.
f 34) <*«/*Antoine deB aïs, quiyarlc de La-zare dc Eaïfson pere , dansune Lettre àCharles IX :elle est audevant de sesOeuvresimprimées a,Taris Van1573 in S.
Musurus. Voici ce qu’il dit: Musurus troster l'tlros hos sicaccurate recensait collâtes ez cum multis exemplaribus, ez cumefitome, ut ïnfinitis pene in locis-eos emendaverit , carmina-que qu& veluti fr osa in alìis legebantur , in sua métra resti-tuent. Adde quod frimas ez secundus liber , qui in aliisdeerant, ex efitome additi sunt cum bona farte tertii libri:erat enìm hic fine capite , quo faélum est , ut iidem sere hiexiftimari f ossmt , qui erant integri, quoniam ea est materia,ut non multasubtrah't ex eis fotuerint (31).
( I) TA jugement qu’Erasme faisoit de lui.] Voiez ce quej’ai déjà cité (32) d’une de ses Lettres; & ajoutez y cequi fuit : M. Musurum frofius novi, virum insigniter erudi-tum in omni discifl'marum genere, in carmine subobscurum ezafseùlatum: oratìone frosa f rater unam alteramve Prafationemnihìl, quod scìam, reliquit. Mirabar hominem Gracum tan-tum jcire Latine. Et hune sortuna retraxit a Musis , dumLeonis favore Romarn accitus incisif Archìepifcopus este , fatof raréfias est (33). Ces paroles nous portent à croire queMusurus renonça à la Profession des Lettres, dès queLéon X lui eut fait la grâce de l’attirer à Rome : cepen-dant il est certain qu’il fut Professeur à Rome, Lisez cesVers :
Ce mien Pere (34), Angevin, Gentilhomme de race,
L'un des premiers Frangois qui les Muses embrase,
D ignorance ennemi, désireux de savoir,
Passant torrens ez mons jusqu à Rome alla voir
M u s u n E Candioi : qu’il oùit pour apprendreLe Grec des vieux Auteurs, ez four doêle s’y rendre :Où fi bien travailla, que dedans quelques ansll se fit admirer , ez des plus sufifans.
( K ) André Schottus n a point dû lui attribuer le grandEtymologicum.] C'est Monsr. Ménage (35) qui a relevécette méprise, Lc qui l’a réfutée en remarquant qu’Eusta-thius a cité cet Etymologicum. Cela étoit digne de la pa-renthèse que l’on va voir. Auélor magnì Etymologki quis-quis tandem ille fit ( Nìcam este fcribìt amicus noster IfaacusVojsms in Notis ad Pomponium Melam : quod an verum fitnescio : certe salsum ejse scio, quod vir -doélìjfimus AndréasSchottus, in Prafatione ad Proverbia Gruorum, existimabat,autïorem hujus libri esse Marcum Musurum , fiquidem abEustathio Magnum Etymologicum laudatur ) Autìor, inquamEtymologici conditorem Academia, c? Academum ez Ecade-mum fuisse diélum scribit.
(L j Paul Freher a commis une lourde faute.] Non seu-lement il a mis Musurus au nombre des Cardinaux, maismême il s’est apuié fur le témoignage de Paul Jove. II necite que cet Auteur, & il en raporte des paroles quiprouvent visiblement que Musurus mourut de chagrinpour n’avoir pas obtenu la pourpre. Vìx degufiata Cardi-nalats dignitate Roma exspirarit, dit néanmoins Paul Fre-herus (36).
(35)
ad Diog-Laërtiiu 1 ’ >Lìlr. T 11 ’mtm. 7 3 (“S’141,
( 36 ) îT.heat 10Viror. c!dit. 21
MUTIUS (Huldric (a)) Professeur à Baie dans le XVI Siécle étoit Suisse depaì Henri* Nation (b). II publia divers Ouvrages dont le plus considérable, si je ne me trompe, est uneamme da»s Histoire d’Allemagne ( Aj , qu’il fit imprimer à Baie l’an if3p, in folio. Mr. du Pleffis Mornai
Konig. en
(b) In Vtllarh StícUen pnxime EpifcopictlDm mbem Targovi* Jìelvetiorum tit Goldastm l. I. Bohtm, f. 14 . scribìt , nàUu.
Michael Heitzius, in Eiblioth. Geimanica, Num. X L.
( A ) II publia . . . une Histoire d! Allemagne . Mr.
du Pleffis Mornai en cite quelques morceaux .... qui peuventservir de Suflément À l'Article de Grégoire VII. ] Elle est in-titulée de Germanorum frima origine, moribus , institutis,legibus, ez memorabilibus face ez bello gestis omnibus omniumsiculorum usque ad mensem Augufti anni trigefimi noni supramillefimum quingentefimum , libri Chronici XXXI, ex froba-tioribus Germanicis scriftoribus in latinam linguam tralati (1).Mr. du Pleffis Mornai, aiant à prouver que l’Ordonnanccde Grégoire VII fur le Célibat des Prêtres fut très-mal re-çue en Allemagne, raporte entre autres choses ce qui fuit.„ Huldricus Mutius, qui traite cette Histoire au long, en„ son quinzième livre; recueillie des plus approuvez au-„ tlieurs de l’Histoire Germanique, nous déduit;Que l’E-„ vêque de Constance ne voulant point imposer cette loi,„ le Pape Grégoire libéra son Clergé de son serment en-„ vers l’Evêque: (f) Cet Evêque toute fois, dit-il, comme„ plusieurs témoignent, ennemi des Prêtres fornicateurs, bien„ queprotefteur des mariez: Que l’Archevêque de Maienceétoit de même opinion, mais diffimuloit pour crainte„ du Pape: Que le Clergé se défendoit par l’Evangile, par„ l’Apôtre, par l’Institution de Dieu; se soumettoit mê-„ me au jugement de l’Eglise, pour ne s’en départir ja-„ mais; Modo non apertê contra Domini institutionem faciat-„ Pourveu quelle ne déroge point apertement à l’Institution„ du Seigneur. Le Pape, au contraire, menaçoit de sonexcommunication; Animabus Sathana traditis , corfora„ fuplicio assteienda, foteftati saculari traditurum ; Quafrcs,, avoir livré les âmes à Sathan, il livreroit les corps au bras,, séculier, pour eftre menez au supplice. Poursuit; que §luo„ quifque vir melior aut facerdos fanâlior, hoc pluribus vehe-„ mentiùs repugnabat ; les plus gens de bien ez les plus„ fainêls d entre les Preftres escient ceux qui résistaient le plus'.„ Tant s’en faut, que les 8s. Ministres de l’Eglise de ce„ tems là estimassent que cette loi peust adjouster à leur,, saincteté ! Et pour venir à l'issue de ce Concile; (j) 6^,, plusieurs contestèrent ez disputèrent tout haut contre la rejo-„ lution du Siégé Romain: Quelques-uns toutefois, mais peu,,,/oit qu ils craignissent d'estre réduits à la faim, s’il leur„ falloit quitter leurs Cures ; soit que n amans gueres leurs„ femmes, ils désirassent les changer à des concubines, respon-,, dirent qu ils obéiraient aux Constitutions Ecclésiastiques du„ sainêi Concile. Desquels, dit-il, aucuns se servirent depuis„ de leurs femmes secrètement, ez par ce moien retindrent cz„ leurs femmes, ez leurs Cures: Et ceux, qui n aimaient pas„ leurs femmes, s’accointèrent avec leurs chambrières, ou bien„ avec d’autres femmes mariées , dont ils desbaucherent bon
pteerdotia. .
li ver a qui suas uxores non amabant , vet cum anctlhs Juts , vei cum adulteris muhenbus,çjuns multas ipji fccerunt, vel cum vulgari immunda merttncum turba confuctudinem habue-rmt loco uxorum. li autim qui contra prxfiitam fidem uxorìbus , advtrjus Dci consti-tmimem , putabant falva conscientia , Dti praccpto despeiïo , horninum constitmionibm olfiquinon licere , nihìl aliud respondtrunt quàm fintentias ex Scriptura, fr difçutando molefii^ipostolico Legato fusrunt , qui oeduferat aures suas ad eorum argumenta. Itaque manda-Itsm ejl illì ,, Ht yitiííis fuis quibus pratrant Ecdejtis alto fe conftrrcnt , ne turbarent eos quiin eorttm la cum ejfent mittendì. Si quis aliter faceret , excommunicationem anima fr corpo-rts interitum prafentijsimum expeffarct. Sed facerdoturn illius Ecclefìœ major pars Inaftoqlta fiducia) oldnrata , domum reversa , apud pltbem suam caufam ex fuggeftu , contra Port-lificem llpr/ianum egerunt , fr quod diu alius ab alto audìerat de matrimonìo ex Biblia ,fngtllt plebem fttam docebant , refellentes opiniontm Domini Papa , quam odiofiffimts nomtnt-bus appellabant. Hacque pradicarant quampri-num venìebant domum per aliqnot dtes , con-tinftis quatuor aut qutnque horis 3 nam fâchant illis non diu fore lotum iomiontltldì , ntfifopulum pararct , Ut novam e 11 orna venìentem opinionem non admitterent.
(x) Geíner.in Biblioth.folio 342.
(t) P.Hul-dricusMutius_ lib.ij. paf132. Suntauthores quielicmt Epif-coputn illumConjlantîen-fem amninoinfenfos ha-buîffe f tort a -tores, patro-tìnatumqut
conjttgio
Sacerdotum.
G) Item,
fAg. IZZ.
Quidam m-dacioris f or -ritus contrafententiamr R K pman£ ft*dis , multismaffia vocediftrtbant :Nonnulli 9pauct tamen ,
7 tel t: mentesfamem , fiejfent Sacer-dotia relin -cjUi'nda , veltxlìoquì nonamantes uxo-res, litenter■uxores concu-èinìs commu-tantes r, reftponderunt fieEcclejiafiicisconftitiitie-nibus facro-fanffx Synodiobtempéra-turcs. Ho-rum cjuidam■poftea clamvjì sunt uxo-ribus fuis,retinuereejuefie uxores &
„ nombre, ou lien avec les putains du borâe'au , en lieu de„ leurs femmes. Mais ceux qui ne pensoient pas qu il leur fust,, loisible en faine conscience, d’obéir aux constitutions humai-„ nés, contre la foi donnée à leurs femmes, contre l'institution„ de Dieu, CZ ses commandemens ; pour toute response, ame-„ nerent des passages de /’ Ecriture, <& par leurs disputes im-„ portunerent le Légat Apostolique, qki avoit eftoupféses au-„ reilles d leurs argumens. Parquoï il leur fut commandé,,, qu’en délaissant les Eglises qu’ils avoient en charge, ils fe„ retirassent ailleurs , ez m troublassent point ceux qui se~„ raient envolez, en leur place. Si quelcun y contrevenois, qu’il„ fit estât d'estre excommunié , eíz de perdre à l’instant corps» «z amt. Mais la plus grand part des Preftres de l’Eglise de„ ce Diocèse demeurant fermes , quand Us furent de retour„ c ez eux, eurent la confiance de plaider leur cause devant„ leur peuple, ez la débattre en pleine chaire contre le Pon-» fisc Romain, enseignant chacun d’eux à leurs paroijfiens , ce1, qu’ils avoient appris les uns des autres, de l’Ecrituresaìnêle',,, touchant le Mariage, ez resutans Vopinion du Pape, à la-„ quelle ils donnoient des noms fort odieux. Et ces choses fe„ mirent-ils à prefeher st tofl qu’ìls surent de retour chez eux„ pendant quelques jours, quatre ou cinq heures d’arrache-fied„ à chafque fois, car ils sfavoient bien qu’ils n’auroient gue-„ res long tems le moien de prefeher, s’ils ne preparoient ez„ dispofoient de bonne heure le peuple , à ce qu il ne receust„ point la nouvelle opinion venant de Rome. Tant qu’en fin,„ il fallut que les fauteurs du Pape missent la mainausang:,, Car, dit-il, (]:) &uand ils virent que les Curez ne fai-„ soient conte ni de leurs menaces, ni de leurs exécrations, en,, aians empoigné quelques-uns des plus excellens, ils les mi-„ rent à mort, en intention d’intimider les autres par cet exem--, pie. Mais, dit-il, il en advint tout autrement, entant-- que (*) Ceux-là aians esté executez à mort, lesquels ils„ tenaient estre gens de bien, ez craignans Dieu, ez défenseurs„ de la Vérité, Us commencerent à mépriser toute la puissance„ CZ authorité du Siégé Romain, ez en parler mal , tellement„ quils avoient pour suspeêl tout ce quils entendaient plaire-, audit Pontife: Et plusieurs, mesmes des autres Evejchcz,„ conspiraient avec eux. Tant qu en fin une fi grande multitu-„ dé non seulement en Allemagne , mais aussi és Gaules , fe,, banda contre l’Evesque de Rome , que par tout on faisoit V,, disoit impunément contre son Siégé. Et notez ce qu’il dit;,, Tant en Allemagne , qu en Gaule : Où tout au rebours„ de l’intention du Pape &;;de son Concile tenu à Rome,,, (ft) Ils observaient les Preftres non mariez ; ez s’ils en fur-,, prenaient quelques-uns en paillardise , ils les redarguolt» („ par les textes, de l’Ecriture, ez des Constitutions des Papes >„ ez les accusoient publiquement devant le peuple, requérant,, qu il fist comparaison à'un paillard, entretenant une putain >,, ez membre de Sathan, avec un homme vivant chastement„ en mariage, nourrissant ez instruisant ses ers ans selon I'i»",, stitution de Dieu. Bref, en ce temps l’Eglise Occidentale,, estait fort troublée, ez le ciel estait meflé avec la terre-
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Untali turbatìo , cahw? niificebattir Urra, ^Ataue hac dìficordtA Jtc 1fis Accefserint .