Band 
Tome troisieme. K - P.
Seite
457
JPEG-Download
 

NAPLES.

4 77

<0

* 37 ».

fattntia pyim

»» ill

di

E courte & soudroiante Réponse qu’elle reçut du Roi de Hongrie (L), Ií ne faut pas trop s’af- â fiijhsd,rêter à la Sentence favorable que l’on prétend qu’elle obtint du Pape (M) -, car lì ellel’obtint %J™ ,r ‘ íemde Clement VI, on peut objecter qu’elle lui donna Avignon, ou peu s’en salut: íì elle l’obtint Smtìll **de Clement VII, on peut dire que c’étoit un Antipape, qui, aiant besoin de la bonne renom- coîícnuc'ft"' . niée des Princes qui fuivoient son obédience, n’avoit garde de la condamner, ni de la laisser ex- do, uw.Vifm*- 1 ’ posée à l’infamie. L’autre Antipape n’en uía pas de même, il la déclara déchue de son Roiau-

rtgnostapoh U■'VK'»* Gi’a-ï’&nna p ertooltí

* Jm,

78 ente

v ‘ r P níitto

Mi

*L 1 lllldllliv* JLU (tuile 11 ^11 U14 j^d.O UC 11ÌCÌJ.IC <y il JUl UtLUU ULUllU^ ^ C*eji ainjt

t" h *- me pour divers crimes (k), & principalement pour avoir tenu le parti de Clement V11 (/). /«-

t fX m Elle avoir une sœur dont Boccace fut amoureux (N ), à ce que disent quelques Auteurs. Je fe-rai

(ií)

*”’?«£■ 34S.

i«) ïeli-

5 WS Sa <>-

5 eus > de

^ h Z su

3s - cous:*Uccio,

í’ír. Ir

f>‘h 8j ;

í 4 *) K*im-

®OUíj>

A^mre

Occident,^v r , Xl '

7 ; f

dtnT\ Cle "ft nd y» &

fis 17 MriVI,

(L) La ... . Réponse quelle reçut du Roi de Hongrie .]

La voici: ,,Ta vie désordonnée precedente , la Seigneu-„ rie du Royaume que tu t’és toûjours retenue entre tes„ mains, la vengeance de ceux qui avoient tué ton mary,, non poursuivie, l’autre mary qu’incontinent tu as,, espousé, & l’excuse que tu m’as depuis envoyée, font„ pleines preuves que tu as esté participante & complice„ de la mort de ton mary (46) ". Ceux qui la voudrontvoir en Latin n’ont qu’à lire ce qui fuit: Johanna, mer dî-nât a vita pracedens ; retentìo pptestatis in regno ; negleâla vin-diâla; vir alter fufeeptus ; 0 exatsatìo subséquent-, necit virite probant fuijse participem 0 confortent (47).

(M) La sentence favorable . , . qu’elle obtint du Pape.]

Citons ces paroles du Pere Maimbourg (48) : „ Pour la„ mort de son premier mari André de Hongrie, que plu-,, iieurs luy ont imputée, elle s’en est pleinement justi-„ fiée, 8c par la justice très-rigoureufe qu’elle fit faife des son nepveu Charles de Durazzo ,"er comme*par plusieurs 1 fois

r J ’ “ chargée il l’avoit voulue faire mourir pour avoir son bien , v pour-

mentVI qu’elle fut absoute, comme on le verra «-des-sous : mais tout ceci est soit brouillé. Brantôme contequ’on lit dans l’Histoire d’Anjou, que dans le grand schis-me de l'Eglise ..... entre autres Princes qui tindrent pourClement estoit le Roy de France, ses freres , 0 la bonne ReineJeanne, . . laquelle vint voir le Pape Clement , duquel 0*de tous les Cardinaux fut honnorablement receue ..... c?*âpres quelle eut séjourné quelque temps , elle requit au saintPere qu il l’ouit en confession 0 l’absolvist de ses pechez , ceque le Pape volontiers 0 benignement luy accorda , commecertes elle ne devoit ejIre esconduite d’une si douce 0 agréablerequefte, car elle meritoit bien une confession sécrété, 0 auri-culaire 0 oculaire , 0 une absolution 0 penitence legere 0aisée à porter. Aprés cette confession faite en presence de saSainteté 0 du saint College des Cardinaux, ladite Reyne . . .remonftra les mauvais tours 0 ingratitudes que luy avoit fait

dire, ir nonpas VI, com -me Colle-nuccio*

s^fiuss

«nie

net

net

{ce

f «n,Ile"imrt!x’Kmts)

■s Pro-net,,

„ meurtriers, fans que pas un d’eux l’ait jamais„ dans les effroyables tourmens qu’ils souffrirent, & par„ son éloquente Apologie qu’elle fit elle-mesme en plein„ Consistoire, devant le Pape Clement VI, 8c en presen-„ ce de tous les Ambassadeurs des Princes Chrétiens, avec„ tant de force 8c de netteté, que ce saint Pontife de-„ clara, par un Acte authentique, non seulement qu’elle„ estoit innocente de ce crime, mais qu’on ne pouvoit,, même soupçonner qu’elle y eût jamais eu aucune part.Cet Historien ne cite personne quant à ce fait particulier.Prenez garde que Brantôme, qui copie de Froissard la Ha-rangue que cette Reine fit au Pape (49), 8c la Réponse

1 pour-tant elle désirant observer la derniere volonté de ses pere &ayeul, en la presence de toute la Noblesse assemblée, résigna &céda tout ês mains du Pape, tant les Royaumes de Sicile, Na-ples, les Duchez, de P ouille, esr Calabre, & la Comté de Pro-vence. Tout cecy se raporte aux paroles de Froissard .- ce que ItPape aocepta ; mais bien gasté par son Conseil, elle adopta Lotiisd’Anjou pour fils , V luy furent faites chartes 0 lettres enforme autentique, mais pourtant le Pape eut en lettres de ven-

dition le Comté d’Avignon d’elle . Cela fait la Reyne

prit congé du Pape & retourna en son Royaume , oh Charlesde Durazzo, au bout de quelque temps la prit prisonnière, &

d'

P*C 3

sj‘s e ? fiera,« pH “ l «yrss'Vaain-

y s*n> l»

>S<r.

^■iS 9 .

*>t°) U ' mi ~

‘Pag. Z 6 z.

íf*) Meze-

dirai la raison bientôt : il se contente de dire (50) que lePape s’engagea à la protection de l’héiitier de cette Prin-cesse. Remarquez aussi que la Harangue que Froissarda mise à la bouche de la Reine Jeanne contient plu-sieurs faussetez. x. Que Jeanne étoit fille de Robert.2. Qu’elle ne se maria avec André de Hongrie qu’après lamort de Robert. 3. Qu’elle n’avoit eu de ce mari aucun

{54) Lk-vé*,nu, P4Î. 36 ;& fmo %

du Pape, ne dit rien de la Sentence d’absolution. J’en secrètement la fit eftousfer entre deux lits, ayant feu l’adopa;.»: 1. L-’-—. ,-i r.. — A - -m» tion quelle avoit faite (54). Si l’on s’arrêtoit à ce récit

l’on íeroit tenté de croire que le fait dont parle le PereMaimbourg apartient au Pontificat de Clement VII &non pas au Pontificat de Clement VI. Mais je ne con-seillerois à personne de faire fond, ni furie narré que Bran-tôme tire de Froissard, ni sur le récit qu’il emprunte dë

_ _ l’Histoire d’Anjou. On ne sauroit les accorder l’un avec

enfant? 4. Qu’André étoit mort jeune à Aix en Provence. Vautre; les confusions 8c les brouilleries y font entassées:í- Que son second mari tomba prisonnier entre les mains fixons-nous à ce que je m en vais dire. II est sûr que ladu Roi de Hongrie, 8c qu’il mourut en Hongrie oà ce Reine Jeanne, aiant fait son Apologie Van 1348 devant leRoi l’avoit fait mener. 6. Que la fille qu’elle avoit eue Pape 8c devant les Cardinaux , fut déclarée innocente de^/on fecond mariage, 8c qu’elle avoit mariée au Comte la mort de son mari (55); mais cette Déclaration fut don- fíJ)d’Artois, étoit morte en prison avec son mari; 8c qu’a- née légèrement, 8c il y a beaucoup d’aparence qu’elle fut S P onde >près cela la Reine Jeanne 8c son quatrième époux Othon l’effet de la passion qu’avoit le Pape de s’aquérir Avignon. V 4 //de Brunswic firent un traité de paix, par lequel ils récou- En effet, la même affaire aiant été discutée trois ans après ’atí jmnvrérent la liberté 8c le Roiaume de Naples, en cédant la il salut que la Reine Jeanne avouât qu’un sortilège l’avoit FUUni tìb.Pomlle 8c la Calabre au Prince Charles de Durazzo leur engagée à n’aimer point son époux, 8c que cela donna le I2 ‘ c ‘ e ’ 1142vainqueur. Ce sont de très-grans mensonges, comme on courage à plusieurs personnes de conspirer contre lui. Lesle peut conoître par mes Remarques précédentes, 8c par Juges, revêtus d’un grand esprit de douceur, déclarèrentles choses que je vais dire. Les deux filles que la Reine qu’il ne faloit pas la tenir coupable de ce malheureux en-

Phi

» Abiéffé t - -x— j~ uvj uvua iiiivwô v^us; i«x ìvtxm

^'ronolog. Jeanne eut de son second mari moururent enfans. Lasem-r °>» m, me du Comte d’Artois étoit nieçe de cette Reine: car elleétoit fille de Charles de Durazzo que le Roi de Hongriefit mourir, 8c de Marie sœur de Jeanne. Cette Marie ctoitmorte depuis long tems, lors que fa sœur fut étranglée,8c ainsi Mr. de Mezerai se trompe, quand il assûre que laReine Jeanne 8c sa sœur Marie se rendirent à Charles deDuras, qui les fit étrangler toutes deux en prison (51). LeComte d’Artois 8c Jeanne fa femme moururent le zo deJuillet 1387, comme porte leur Epitaphe (;z), 8c parconséquent ils survécurent à la Reine Jeanne. Et il estfaux que cette Reine ait joui, ni de son Roiaume, nimême de la liberté, depuis qu’elle se fut rendue au Ducde Durazzo. Concluons que fa Harangue au Pape Cle-ment est le pur ouvrage de Froissard, 8c que Brantômenous tend un panneau où il est tombé le prémier quandil dit, Croyons donc Froissard qui a fait cette Reyne parleren confession au Pape, cr a esté curieux de recueillir ces pro-pres mots prononcez de fa bouche qui apertement a voulu ainsidéclarer fa vie (53). Achevons de raporter ce qu’il dit toutaussitôt, Je ne dis pas que Froissard ne touche quelques traitsde fa vie, comme de la mort d’André cr autres petits traitscomme d'amour 0“ d’autres , mais tant y a que jamais elle nefut fi méchante 0* débordée comme le dit ce bel 0 sot HistorienNapolitain.

MatthieuVilUni c. If*Sumimnt6lìb, z. f. 4%

h.

îantomeT'stvs U7°"-- erreur:-p' CZ - ct dessusp?(G),

° n l *I ia »‘27 ir u

d'l E ^

Lau-

« te-

en ces

m

Site.

Xv” 1 !V| CCC

S'î?.

?S. luUi.

chantement, ni de ses suites. Quand on a recours à dcsemblables machines dans un Procès de cette nature, c’estune marque que les affaires de l’accusé vont très-mal. IIest visible que le Pape, le Juge choisi de ce Procès, vou-loir conserver à toute force le Roiaume de Naples à cettePrincesse, 8c il ne le pouvoit faire fans la déclarer inno-cente; car la treve qu’ìl moienna entre elle 8c le Roi deHongrie l’an 13 50 portoit que si Jeanne se trouvoit coupa-ble elle cédéroit son Roiaume à ce Monarque, 8c que ce-lui-ci n’y prétendroit rien si elle étoit innocente (;6). Pe-sez bien toutes les paroles de Monsr. de Sponde : Cum re-mijfâ ex paélo causa Joanna Résina ad judicium Sedis Apos-tolica, etgre inveniretur modus ajserenda ejus innocentu, nectamen justum vidtretur famam ejus diutius in dubium relin-quere; demum admissa est ejus excusatio de maleficio feu sas-ctnacione , cujus vi fragilis ejus natura coaSía fuisses minusamare virum quam deceret, indeque aliì conspirare tn tumaufi estent : produfíisque pluribus ejus rei testibus , declarataest a benevolis Judicibus innocens eorum omnium qua ex ejus-modi fascinations secuta estent (57 ). Le Pere Maimbourg ($7) Spoâan’a donc pas été un fidele Historien: il n’a rien dit de la “anus, adrévision du Procès. r I 3SI *

(N) Elle avoit une sœur dont Boccace sut amoureux. J p a st m ’ J0 _.Tomaso Costo a montré que cette maîtresse de Boccace ' '

étoit la bâtarde du Roi Robert. Je Vax cité ci-dessus (58). ( S 8)^ ffl4 ^

(sO Sposs,

danus, adMn. 1350,’nurn. 6 , paj,SOS. liciteMatthieuViilani I. r,c- 89. z>I,

& à

Pour mieux conoitreles confusions de Froissard, il faut Brantôme n’en savoitpas tant: il fait plusieurs réfléxions (Gj,

_i- r.-fui- _ /• _-^ 1a nrinrinnîf* mii látvxi* W nn*

prendre garde qu’il lupose que la Reine Jeanne fut trouverle Pape à Fondi, 8c que ce fut là qu’elle lui fit cette Ha-rangue. II est certain que Clement VII quitta l’Italie l’an* 379 , pour aller siéger à Avignon. Comment donc est-ceque la Reine Jeanne lui auroit pu faire à Fondi une Ha-rangue, depuis la captivité où elle tomba l’an 1381 ? Au> d ne faut pas s’étonner de ne trouver point dansìlfa’amQs . rssard la Sentence d’absolution; car il est visible qu’ilij 1 ® 1 '*, *L a prétendu parler que des choses qui se passèrent entre•»«i, Clement VII 8c la Reine Jeanne. Or ce fut par Cle-2s O M. m.

sur cette amourette-sans toucher à la principale, qui étoit Mde soutenir que Boccace n’avoit pas porté ses vœux jusquesà la sœur légitime d’uue grande Reine. Peut-être sera-t-onbien aise de trouver ici quelques morceaux de Brantô-me (<9 ) ”• S’ 11 ^ vray ce qui est escrit de luy qu’il ay- (s9) Bran-'moit Marie fa sœur Comtesse d’Artois, 8c qu’il en eût teme > vi «'' fait ces deux Livres dc la Fiammette 8c de la Philocope„ pour l’amour d’elle, il avoit obligation d’escrire plus am- x. ,?", »!.„ plement 8c hautement de toutes les deux sœurs qu’il n’afait; car il l’eût sçeu mieux faire qu’homme du monde,

M m m „ pour