Band 
Tome troisieme. K - P.
Seite
459
JPEG-Download
 

I

NAPLES.

459

(*0 Corrì^zs p 're Àn-«Ime, Hist.penéal. de« Maison“ e Fiance,

t a X; 3S8,Papclle? U E d’Aus-tralie.

U) Pm

""ioirep ëaé al.deJa Mai[°nue France,

[‘) Fran-ge, Vies

«fi&r

Z «e, c -rr* AbrégéS^'ono). b

Fî.iiz '

H 128 . >

l î0 ) U

<á> 7 ' (°)

íso Ansel-me - Hist.

K al - de

i e saisone Flan

t*.

ance,

c-3 59.

L* 1 ) Ltans la

J” 1 - (A) .

ssN/àje desacrai.

j ) Ckron.

t F'-.-

Journée de<k 'iues.

se) Ansel-

me, Hist.

> Frieal. de

4 ^ailvn

^ C6 ’

1371, & fut mariée avec Guillaume d’Autriche (a) environ l’an 1403. Elle en demeura veuvel’an 1406 (b). Ladiílas son frere, Roi de Naples, étant mort fans laisser aucun enfant légitimel’an 1414, elle succéda au Roiaume, 8c épousa l’année suivante Jaques de Bourbon. Ce Prince,n’aiant pu soufrir qu’elle menât une vie scandaleuse, lui arracha son galant, 8c toute f autorité (A).Niais il ne fut pas assez fin pour se maintenir contre les ruses de cette Princesse (C) : elle repritle dessus, 8c le poussa si vivement qu’il fut contraint de s’en retourner en France, où il se fitMoine ( c ). La Reine, délivrée d’un tel mari, se trouva bientôt dans de nouveaux embarras>elle désobligea tellement le brave Sforce de Cotignole, qu’il sollicita Louis d’Anjou à la conquêtedu Roiaume de Naples, 8c qu’il se mit à la tête des mécontens. Le Pape Martin V favorisaLouis d’Anjou, qui affiégeoit Naples par mer 8c par terre, 8c qui s’en scroit rendu le maître, siAlfonse d’Aragon n’eût envoié à la Reine un puissant secours. II le fit à cause qu’elle lui avoitpromis de T adopter. Elle lui tint parole -, mais elle fut si maltraitée de cet ingrat, qu’elle révo-qua son adoption, 8c la transféra à Louis d’Anjou ( d). Ce Prince recouvra les villes qui tenoientpour l’Aragonois, 8c en usa si bien avec elle, qu’étant mort au mois de Novembre 1434 (§), Ldouleur qu’elle en conçut la fit mourir en peu de tems (f) {D). Elle institua son héritier

René

T\ ICS

H384/

k. • del

Roiaume. ll n est point d'obligation que Charles n eût àcette Reine; elle l’avoit élevé tendrement en fa Cour commeson propre fils ; elle l’avoit marié à la Princesse Marguerite saniece; elle le destinait pour son successeur, ey tenoit même en-core ses enfant auprès d’elle. L'execrable fajston de rogner lerendit ingrat, ev rompit tous ces liens. II fut couronné Roide Sicile à Rome au commencement de l'an 1381. ll marchavers Naples, où ayant été reçu fans refistance , il assiégea laReine dans le château de l'Oeuf, cy la força enfin de se ren-dre, aprés avoir défait ey pris Othon de Brunfwìcson mari;& la fit étrangler en prison l’an 1382 (8). Cependant Louisd’Anjou, frere de Charles cinquième Roi de France,avoitété adopté par la Reine Jeanne, & couronné à Avignonpar Clément VII. La nouvelle de la mort tragique decette Reine n’empêcha point qu’il n’amenât une belle ar-mée dans le Roiaume de Naples, pour en chasser Charles;mais il fut si malheureux, que la disette ruina son armée,Sc qu’il mourut de chagrin l’an 1384 (9). Charles demeurapar ce moien possesseur paisible. II se brouilla avec le Pa-pe; & aiant été apellé par les Hongrois, dégoûtez du Gou-vernement de la fille 8c de la veuve de leur Roi, il s’enalla en Hongrie , 8c fut couronné par l’Archevêque deCran. II y périt bientôt par l’artifice de la Reine veuve,comme on l’a vu ci-dessus (10). Son fils Ladiflas régnaaprès lui, St vainquit Louis II Duc d’Anjou, qui tâchoitde se maintenir aux droits de son pere. Ce^Ladislas futun Prince brave 8t entreprenant; 8c s’il eût vécu davanta-ge, il auroit fait bien des choses. II mourut le 16 d AoûtM14 âgé de trente-huit ans (u). Nous verrons ci-dessous( IJ 0 comment on le fit mourir. Sa sœur Jeanne, dontnous parlons dans cet Article, lui succéda.

Robert de Durazzo „ prit la qualité de Prince de laMo-» ree. II fut arrefté. dans la ville d’Averse, & conduit” pistonnier en Hongrie avec le Comte de Gravine son,, írere, par 1 ordre du Roy d’Hongrie; St ayant esté mis,, en liberté lan 1351 il vint en France, où estant arrivé,, il appella en duel Louis Roy d’Hongrie, luy imputant» û avoir fait mourir à tort 8c fans raison son frere Charles" ^uc de Duras. Quelque tems après estant à la fuite du„ Roy Jean, il se trouva à la funeste bataille de Poitiers,,, ° u il (*) mourut les armes à la main; se défendant très" va mamment le 19 de Septembre 1356 (13).t, ' / J ac L ues de 'Bourbon lui arracha son valant , L? toutelautorité.] Quand elle alla chez son mari, „ Este amena„ un Gentilhomme Napolitain qui s’appelloit Pandolfo„ Alopo, 8c-le retourna l’ayant fait de fa main, 8c nour-„ ry Sc créé ion Chambellan : Chambellan estoit-il de„ vray, car il la scrvoit bien, 8c ordinairement en fa„ chambre jour & nuit, sinon fans grand rumeur du peu-„ pie 8c des Courtisans, Donc pour les appaiser, & par„ í’advis de ses Estais, elle se résolut de se marier, 8c es-„ pousa Jaques de Narbonne, ce dit l’Histoire de Naples.„ Meffire Olivier de la Marche, grand Seigneur & Histo-,, riographe véritable, le nomme Jaques de Bourbon,que>, je.crois plus vray, car il estoit de ce tems, mais en ma-,, .nage fartant fut dit 8c contracté qu’il ne porteroit point„ titre & nom de Roy , ains seulement de Prince, ou« Duc, ou Comte; mais il ne voulut rien porter que son,, titre accoustumé. Sur ce les Capitaines de la Reyne qui-- portoíent haine 6e envie à ce Pandolfo son mignon 8c» à Sforce, luy mirent en teste de prendre le nom de- Roy, 8c le porter, parquoy estant allez au devant de,, luy, le saluèrent tous pour Roy, fors ce brave Sforce,>> qui ne le nomma que Comte , à raison de quoy par» l’advis des autres fit prendre prisonnier Sforce, 8ç luy fit-> donner quelques traits de corde, 8c fit trancher la teste-- ju pauvre Pandolfo. . . . Quant à la Reyne, il la mit-- ù part, ne luy laissant manier aucunes affaires, 8c la te--- na nt comme enfermée 8c confinée en une chambre, 8c» la menant fort peu souvent en son lit 8c en sa compa-» gnie, la repoussant loin de soy, jusques à luy dire force» vilainies, ce que la Reyne dissimula finement 8c fort«malicieusement (14)”. Brantôme tire tout ceci deI andolfe Collenuccìo (15). Tutto il governo dt se, déliacorte, e del regno p 0 se in mano à Pandolfello Alopo Napolita-no : Conte Camerlengos e bellijstmo giovene , e suo creato, ilquale ella fimmamente amava ;e havendolo menato secos O M. lis.

quando ando a marito al Vuca dì Sterlic (16), morto ilVuca il rimenb a Napoli , e sempre lo tenno con publica in-famia dì venereo commercio con lei . ... ( 17 ) il Conte Gia-como .... posta la Regina da parte non'le lasciava maneg-giar cosa alcuna, e in alcune camere quast reíegata la tenc-va , non ammettendola moite volte ne anche a gli atti ma-trïmoniali , e con repulse e villane parole da se lontana lateneva.

Notez que Brantôme s’est imaginé faussement, qu’il yavoit quelque discorde entre Olivier de la Marche 8c Pan-dolfo Collenuccio, touchant le mari de la Reine Jeanne.II est aisé de voir q n’ils s’accordent : le premier dit quecette Royne se maria à un moidt bel er vertueux Chevalierdu sang Roial de Prance, csr de la Maison de Bourbon de nomev d’armes ; cy se nommoit Meffire Jaques de Bourbon, Comtede la Marche (18). L’autre dit, elejse Giacomo dì NarbonaProvençale , Conte délia Marca, e dì stirpe régalé dì Tranciaancor eglí (19). Ils parlent tous deux du même homme,8c le désignent par des caractères bien marquez, toute ladifférence consiste en ce que l’Auteur Italien le fait Pro-vençal , 8c qu’il le nomme Jaques de Narbonne. II setrompe sur le premier chef; mais je croi qu’il n’y a dansl’autre qu’une faute d’impreíïìon: on a mis Narbona au lieude Borbone. jSi les Imprimeurs de Collenuccio ne l’ontpoint faite, il y a quelque aparence qu’elle étoit dans lesAuteurs qu’il copia, 8c qu’elle y étoit par la négligence desImprimeurs, ou par celle des Copistes. Ne quittons pascette matière fans relever deux fautes de Mezerai. éjawque Jeanne , dit-il (zo) , eût épousé en fremieres noces Ja-ques de Bourbon fils de Jean Comte de la Marche, elle segouvernait néanmoins par le conseil de Pandolphe Alope, c 1 deMutio Sforce souche des Sforces Vues de Mtlan, que l’on dì-soit être de ses amis. C'est suposer, 1, Que Jeanne n’avoitjamais été mariée, quand elle épousa Jaques de Bourbon.2. Qu’elle épousa un autre mari après qu’elle eut perdu ce-lui-là. Or î’une 8c l’autre de ces deux choses est fausse. Sije marquets les fautes de style, je ferois une 3 Remarquecontre cet Historien: l’arrangement de ses mots veut quenous pensions, que les Sforces Ducs de Milan passoientpour être les amis de Jeanne.

(C) .... Il ne fut pas assez, fin, pour se maintenir contreles ruses de cette Princesse .] „ Si bien joua elle son jeu

,, qu’un Julie César de Capua qui avoit auparavant offensé-, la Reyne, pour faire son accord s’offrit à elle de tuer-, son mary Jacques: elle malicieuse Le fine prit cette oc-„ cafion au poil, tant pour se venger de ce Julio, que pour„ gagner les bonnes grâces de son mary, 8c pour recou-„ vrer sa liberté premiere, fit semblant de luy prestes l’o-„ reille en ce qu’il songeast bien en son fait, 8c le faire„ sagement 8c seurement, 8c le remit au bout de huit„ jours. Elle en ayant adverty le Roy du tout, le fit ca-„ cher en son cabinet avec d’autres ses plus fidelles bien„ armez; 8c finis lesdits huit jours, este fait venir en fa„ chambre à cachette ledit Julio, à qui este fit discourir„ assez haut de toute sa menée 8c la façon pourl’executer;„ ce qu’ayant ouy Jaques sortit,8c luy fit trancher la teste-, publiquement, ce qui luy donna occafion d’avoirlaRey-„ ne en bonne opinion 8c estime d’amitié, 8c de femme„ qui porta grande loyauté à son mary, 8c costfipigliano„ levolpe, dit le proverbe Italien : donc bien-tost après la

mit au large, 8c luy donna la liberté daller à la mode„ accoustumée au chasteau, 8c s’esbattre & gouverner par,, tout à son plaisir; au moyen dequoy estant un jour à„ un banquet fait à poste, espiant le temps à propos,joua

fí bien son jeu par le moyen de ses amis 6c complices,„ qu’elle se rendit la plus forte , & avec grande rumeur du„ p eu ple 8 c d’aucuns grands prindrent,tuerent,8c saccage-, rent les Officiers François, 8c fit mettre le Roy son mary, dans le Chasteau del Ovo, où estant il trouva moyen' de s’embarquer fur une nef Genevoise, qui d’avanture' estoit ià au port, 8c ayant accordé du prix, fut mené” à Tarente, où estant la Reyne l’envoya assiéger: mais,” pour ce qu’il ne la pouvoir tenir longuement la rendit," la quitta, 8c s’en alla-en France, où s’adonnant à laT, Religion acheva de passer le reste du inonde (ir).

’ (V) La douleur quelle conçut de la mort de Louis d’An-jou la fit mourir.] Ses regrets furent d’autant plus scnfi-Mmm 2 blés,

pa,g. z88 &suivantes , semoque <réelle -ment de lui „

(d) Voiez. le•P. Maim-bourg, Hist.

du grandSchisme,

Livr. VI.

(ê) Et nonpas 1431,comme Paf.sure Meze-lai, AbrégéChronolo-gique, fiascette année.

(/) Le 1 dePeur. I43J.

(16) Bran-tôme, ni.,Collenuc-cio ri* ontpas entends*ce Mot.

L 9 yAufiriche ,selon Bau-drand, senomme en^AllemandOefterreich 8dr Von pro-nonce Este-lich : c 9 estde là que

Collcnuc-

cio a tireson Duca dïSterlicdrBrantôme,343 ,

sa Duchessede Sterlich.

(17) Idem yCollenuc-cio , Liíìr.folio 94.

C18) Olivierde la Mar-che, Mé-moires ,

Livr. í yChap. /,pag. m , 7 6.

(19) Colle-nuccio ,

Libr. V, folie93 verso.

(zo) Meze-rai, Hist.de Fiance,Torn. II,pag. « 27 ,

(2t) Bran-tôme, Da-mes illus-tres, p. zSS.

■f!