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Tome troisieme. K - P.
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NAVARRE.

00 Voie*Beze, Hist.Ecclef. desEglises*Lt'vr. 1 1

$*&• rz-

(iS) Elori-^ncoid fetrompe ici :il n y y avoit■point de Car-dînai deToì.x : d*au-tres disent leCardinald? ^Armagnac.

Hilariondc Coste,Eloges des"Damesillustres,Tom. //,pag, 273.

sry) Elori-mtfnd deRemond,Hist. del’Héréfìe,p*%. 84

(20) La-mè-nu ) pag, 854.

(21Ì Dansla Ttemarque(F), Citât*(u).

( 12 ) Beze,Histoireïcclésiastï-que, Livr.pAg* 13.

(25) ffi.fi

ia premier,dans h Tte-cmil desLettres deCalvin.

s 2 4) Calvi-«™s> Epist. j,f“S- m - 3.

(■2 S ) Ci ~dejfus

fiemarq. (fi)de l’Article] U^TUS(François)Professeur.

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fut censuré par la Sorbonne, Sc se vit exposée à l’indignation des Théologiens ( (?), desorte qu’iîsalut que le Roi son frété emploiât son autorité pour refréner leur audace. Elle avoit pris desmesures qui l’eussent peut-être porté à favoriser la Réformation (d) , 6 l'extravagance de quel-ques écervelez qui affichèrent des Placards l’an 1 f 34 ne l’eût aigri à un tel point qu’il devint en-suite un ardent persécuteur du Luthéranisme (e). Elle fut obligée depuis ce tems-là de se mé-nager, Sc se conduisit d’une maniéré que les Calvinistes ont condamnée hautement, Sc qui a faitdire aux Papistes qu'elle étoit parfaitement revenue de ses erreurs (H). On a des preuves qu'elle

prenoit

„ de pieté & dévotion, avec l’ostentation de la pure in-,, telligence de PEvangile. Cela fut cause que les'Cardi-,, naux de Foix (18), 8c de Gramont, ne pouvant íup-,, porter ces façons extraordinaires du Roy qui n’alloit à,, l’Eglite que par acquit, fe retirerent de fa Cour. Mais„ comme des Comédies de fa sale, on l’avoit conduit„ aux Exhortations de fa chambre, aufli de ces prières on,, le fit descendre aux manducations dans la cave, ou pour„ le moins és lieux secrets de la monnoye, qui est fur la„ pente du talus du chasteau de Pau. Ainsi appelloient,, ils lors leurs cérémonies, laquelle à présent ils nom-„ ment Cene”. On ajoute (19) que François I, advertide ce beau tnejnage qui fesaifoit à Pau , fe fâcha, & mandafa sœur; qu elle le fut trouver , conduite par le Seigneur deBurie, Gouverneur de Guienne , frappé d’un pareil efiourdijse-ment ; qu’i son arrivée le Roi la gronda , quoi qu'il l'ai-mas infiniment ; qu’elle répondit en Catholique , & quenéanmoins elle proposa au Roi l’introduction d’une Messeréformée, que l’on apelloit la Messe à sept points ; qu’ellelui fit ouïr les Sermons de trois Prcdicans Luthériens ; qu’àfa priere Roussel l’un d’eux, qui avoit été mis en prison,

fut délivré; que le Roi fut aucunement esbranlé fur la pro- / ce grand Monarque. Lisez un peu ce qui suit: Le Con-

pofition d’une Meffe à sept points (zc), 8c que sans l’afaire desPlacards il eût été à craindre que les adresses de fa sœur nefissent de grans progrès.

(G) Elle fit un Livre qui fut censuré par larSorlonne, &fe vit exposée à l’indignation des Théologiens. ] Ce Livreétoit intitulé Le Miroir de l'ame pechereffe, & fut imprimél’an 1533. J'en ai parlé ci-dessus (zi). Les choses qu’ilcontenoit „irritèrent extremement la Sorbonne, 8c no-

tamment Beda, 8c autres de son humeur, de sorte qu’ils fut soupçonnée de la Religion de Luther, mais pour le res-„ ne se pouvoient tenir de luy bailler des atteintes en peâl cy amour quelle portoit au Roy son Frere qui ïaymoit„ leurs Sermons. Et notamment fut jouée au College de uniquement cy l’appelloit toufiours fa mignonne , elle rien fitNavarre une Comedie, en laquelle on la transforment jamais aucune profession ny semblant ; b st elle la croyait,

„ en Furie d’Enfer: qui plus est, ils condamnèrent son„ Livre : dequoy s’estant plainte au Roy son frere, quel-,, ques-uns des joueurs de ceste Comedie furent emprison-„ nés : 8c voulant savoir le Roy sur quelles raisons estoit,, fondée la condamnation de ce Livre, l’Univerlité, de,, laquelle pour lors estoit Recteur un nommé Nicolas,, Cop, desadvoua expressément la Censure de Sorbonne,„ ce qui rabatit aucunement la furie de nos Maistres, 8c,, fortifia grandement le petit nombre des fidèles. Pour,, lors aussi JeanCalvin.au retour de ses estudes de Droict,

que „ fur les derniers ans elle frequentoit les Sacremens« de Confession 8c de l’Autel en l'Eglise des Blancs-man->, teaux à Paris, où.elle fe confessoit à François

le Picard

Docteur en Théologie

les Paroisses. Ce fut afin d’empécher que les Sorbonistesne continuassent à disposer de cela selon leur caprice , &à choisir les Prédicateurs qui étoient les plus emportez.

Allatum est regium diploma, quo Parisiens Episcopo permit -titur praficere quos veltt fìngulis parochïis concionatores , quiprius pro libidine illorum eltgebantur , ut quifque erat clamo-fijfimus cy stolido furore praditus quem illi zelum votant (24).

On a vu ailleurs (z;) l’audace furieuse avec laquelle un fes est des Hofpitaux , "entre 1 autres, celle des Enfans rougesGardien de Cordeliers prêcha contre cette Reine. Paris , oh font nourris cy estevez les enfans orphelins que

(H) Elle fe conduistt Hune maniéré que les Calvinistes ont fit nommer les enfans de Dieu le Pere. Voici un témoi-

(«) On cpil-toit oir.fi cn ,F ronce st q » 1

etepuis fianommé' teCdvin‘f m! ‘

„ 8c peu à peu s’efloignerent tellement de l’estude des .„ sainctes Lettres, que finalement ils font devenus pires,, que tous les autres : voire mesme la Royne de Navarre„ commença de se porter tout autrement, se plongeant„ aux idolâtries comme les autres ; non pas qu’elle ap-,, prouvast telles superstitions en son cœur, mais d’autant,, que Ruffi, 8c autres semblables, luy perfuadoyent que„ c’eftoient choses indifférentes : dont l’issue fut telle„ que finalement l'esprit d’erreur l’aveugla, aiant fourré,, en sa maison deux malheureux libertins, l’un nommé„ Quintin, 8c l’autre Pocques, les blasphémés 8c erreurs„ desquels avec une ample réfutation se treuvent és œu-„ vres de Jean Calvin ( zó ) ”. II parle plus doucementd’elle dans ses icônes; car aiant représenté en peu de motsles bons services qu’elle avoit rendus aux Réformez, il fecontente d’ajoûter qu’elle ternit un peu l’éclat de fa gloirepar fa crédulité les dernieres années de fa vie. Quamvisipfius gler’u nonnullam in ultima tandem ipstus atate credu-litas labem asperferit (2,7). Bien des gens se persuadent quepar complaisance pour le Roi son frere elle garda tous lesdehors du Catholicisme, 8c avec une exactitude qui trompa

(26) E««.

Hist.

clef. Livretpeg. 22 .

<27) Ida»,folie T l'I*

nestable de Montmorency discourant . ... un jour avec le Royne fit difficulté ny scrupule de luy dire que s'il vouloit bienexterminer les hérétiques de son Royaume , il falloit commen-cer à sa Cour ey à ses plus proches luy nommant la Reynefa sœur, a quoy le Roy répondit ne parlons point de celle-là,elle m’ayme trop , elle ne croira jamais que ce que je croiray ,cy ne prendra jamais de Religion qui prejudicie à mon Es-tât (28). Brantôme venoit de dire (29) que cette Reine

(2S) Eraat-

Dames

illustr.

510.

elle la tenoit toujours dans son ame sort secrette, d’autantque le Roy la haijsoit fort , disant qu'elle cy toute autre nou-velle Secle tendoient plus h la destruttion des Royaumes, desMonarchies cy dominations , qu’à P édification des âmes. D’au-tres croient qu’il n’étoit pas possible que François I igno-rât que la Reine de Navarre étoit Luthérienne au fond ducœur : les liaisons qu’elle avoit avec le Parti, 8c la protec-tion qu’elle accordoit aux fugitifs pour cette cause, n’é-toient pas des choses qui pussent être inconues au Roi de

_j..,_ France. II saifoit feulement semblant de les ignorer, 8c

fe trouva dedans Paris, où il accreut grandement l’œu- il fe paioit de l’extérieur d’une Princesse qu’il aimoit, 8c,, vre du Seigneur, non seulement enseignant la vérité, qu’il n’auroit pas voulu chagriner. Mais si elle adhéra in-„ mais aussi s’opposant aux hérétiques, que le Diable s’ef- térieurement à la Communion de Rome, ce ne fut tout„ forçoit des lors de fourrer en l’Eglise, à savoir à ce au plus que vers la fin de fa vie ; car il est certain que Rous-„ malheureux monstre Michel Servet, niant, entre autres sel (30), qu’elle fit Evêque d’Oleron, n’étoit rien moins„ blasphémés, la saincte Trinité, 8c l’Eternité du Fils de que Papiste (31), quoi qu’il ne passât pas jusqu’à la rup-„ Dieu: lequel Servet aiant accordé de disputer avec Cal- ture ouverte. Quoi qu’il en soit, voions ce qu’un Ecri-„ vin, à certain jour 8c heure, n’y osa toutefois compa- vain Catholique raporte de la fin de cette Reine. Mais

„ roir. C’est lors aussi qu’il rembarra premierement les ttfin, dit-il (32), de n'obscurcir l’honneur cy la gloire d’une

„ Libertins, esquels de noítre temps s’est renouvellée l’a- fi grande Princesse . .... il est certain que quelques années

„ bominable Secte des Carpocra tiens, ostans toute disse- avant son decez, elle recognut sa faute, cy se retira du pre-

,, rence entre bien 8c mal. Advint en ce mesme temps, cipice ou elle estoit quafi tombée , reprenant sa premiere pieté„ qu’estant la coustume de l’Univerfité de Paris de s’as- cy dévotion Catholique, avec protestation jusques à fa mort,, sembler à la Touffaincts au Temple des Mathurins, 8c qu’elle ne s'en estait jamais séparée: que ce qu’elle avoit sait„ pour haranguer le Recteur: Cop , duquel nous avons pour eux, procédait plustost de compassion, que d aucune mau-„ parlé, prononça une oraison, qui lui avoit esté bastie vaife volonté quelle euft à l’ancienne Religion de ses peres. .. .„ par Calvin d’une façon tout autre que la coustume n’es- Estendué au Ut de la mort, elle receut le corps de son Crea-„ toit. Cela estant rapo.té au Parlement, le Recteur y teur, ey rendant l’ame , embrassant la Croix qu'elle avoit fur„ fut appellé en intention de le retenir : Sc furent aussi son lit comme j'ay ouy raconter à un bon R.eligieux Cordelier„ envoyés des fergcns au College de Forteret, où Calvin nommé frere Gilles Caillau , qui luy donna l'Extrême onc-„ demeuroit pour lors (22)”. C’est Théodore de Beze qui lion, cy l'ajfîsta jusques au dernier fiufpir. La Dame de Ri-parle ainsi. Vous trouverez un beau narré fur cels avec berat bonne cy vertueuse Dame , fille de la maison de Can-toutes les circonstances du fait, dans une Lettre qui fut dalle, laquelle a esté nourrie auprès d elle, m'a dit que Cal-

écrite par Calvin à François Daniel lan 1533 ( 2 3)’ Vous vin . l’exhorta souvent cy par Lettres, cy par meffa-

y trouverez entre autres choses, qu âpres la satisfaction qui gérs, de vouloir maintenir la vérité, cy quelle le pria de lafut faite par le Recteur de 1 Université, le Roi commanda venir trouver , pour luy faire voir cy cognoiftre son erreur, cyque l’Evêque de Paris nommât ceux qui prêcheroient dans la remettre en la voye de salut. Hilarion de Cosse raconte

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„ nioit de la main de ce saint personnage, après avoir ouy,, fa Messe 8c fa Prédication (33) 11 ajoute qu’elle bâ-

tit 8c fonda à ses despens fur ses derniers jours (*) des Egli -

r . . . ' ' ' " * S à

elle

condamnée hautement, cy qui a fait dire aux Papìftes qu’elleétoit parfaitement revenue de ses erreurs. ] Théodore deBeze, racontant les suites de la rigoureuse persécution àquoi les fideles furent exposez après l’afaire des Placards,dit que „ le plus grand mal fut que la pluspart des grans„ commença lors de s’accommoder à l’humeur du Roy,

gnage encore plus fort : „ Elle mourut bonne Chrestienne„ 8c Catholique contre l’opinion de plusieurs', mais quant,, à moy je puis affirmer moy estant petit garçon en fa,, Cour avec ma grand’ mere 8c mere, n’en avoir ye u„ faire aucun acte contraire, si bien que s’estant re B r< j®,, en un monastère de femmes en Augoumois a P res ort

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