( 6$)T ottcbantles Plains es<jt?on a faitesïowre lasaison , volez.Us Nouvel-velles Lct-rxes contreMr. Maim-bourg, pag.
7 S î & fr>-vantes ; ^r*cì-dtjfopts ,dans la T(e-marque (E)de PiArtìcleÎAI/II-CJENS,quelquespassages deCicéron.
( 69 ) MadameDes-Hou-lieres, Idyl-le des Mou-tons - pag.
32» 33 >
Edition
d’Htofierd,
IÚS4-
( 70 ) La mi-me , damPldylle duRuisseau,i"S- II S>2îo.
( 71 ) Mai.p es Hou-lietes , *kxRéfléxionsdiverses,pag. 94-S5-
560 OVIDE;
être dans le Cahos (H). II faudroit être bien dupe pour s’iraaginer qu’un certain Poëme de
Ve-
( H) lis auraient dû excepter le genre humain de leur réglégénérale, puis qu il est affujeti aux confufions . ... les plusaffreuses . ... du Cahos. ] Mais fi renonçant aux raisonsqu’on a étalées dans la Remarque précédente, l'on accor-doit qu’Ovide a pû soutenir généralement parlant queles créatures ont été tirées du Cahos, on ne laísseroit pasde pouvoir prétendre qu’il n’auroit pu dire en particulier,que l’homme ait été compris fous cette faveur. Je neconsidéré ici que les vues que l’on peut avoir quand onest destitué des lumières de la Révélation. En cet état-làpeut-011 s’empêcher de croire > que les horreurs du Cahossubsistent encore à l’égard de l'homme ? Car mettant àpart le combat perpétuel des qualitez élémentaires qui ré-gne un peu plus dans fa machine que dans la plupart desautres êtres matériels, quelle guerre n’y a-t-il pas entreson ame & son corps, entre fa raison 8c ses sens, entreson ame sensitive 8c son ame raisonnable? La raison de-vroit calmer ce désordre, 8c pacifier ces diférens intes-tins ; mais elle est juge 8c partie , 8c ses arrêts ne fontpoint exécutez , 8c ne font qu’augmenter le mal (68).C’est ce qui a obligé l'un des plus solides, 8c des plusbrillans Esprits du XVII Siecle, de préférer à la condi-tion de l’homme celle des moutons. Lisez ce qui suit:
Cependant mus avons la Raison pour partage ,
Et vous en ignorez V usage.
Innocens animaux n'en fiiez point jaloux,
Ce n est pas un grand avantage.
Cette fiere Raison dont on fait tant de bruitContre les passions n est pas un fiur retnede,
Un peu de vin la trouble, un enfant la séduit,
Et déchirer un cœur qui l’apelle à fin aide,
Est tout l'effet qu elle produit.
Toujours impuissante ey severeElle s’opose à tout , ev ne surmonte rien.
Sous la garde de votre chienVous devez beaucoup moins redouter la colereDes loups cruels esr raviffans,
Que fous l'autorité dé une telle chimere
Nous ne devons craindre nos sens (69).
Voilà ce qu’on trouve dans les Poésies de Madame desHoulieres. On y voit auíîi que l’état des créatures inani-mées lui semble meilleur que le nôtre. Voions ce qu’elledit en parlant à un ruisseau (70).
Avec tant de bonheur d’oh vient votre murmure ìHélas votre fort est fi doux !
Taifiz-vous ruisseau , c est à nousA nous plaindre de la nature.
De tant de pajjtons qué nourrit notre cœurAprennez qu’il n 'en- est pas une<Qui ne traîne âpres foi le trouble, la douleur ,
Le repentir, ou l’infortune.
Elles déchirent nuit c? jourLes coeurs dont elles font maîtresses.
De toutes sortes d’unionsQue notre vie est éloignée !
De trahisons , d’horreurs, e? de distensionsElle est toujours accompagnée.
Quavez-vous mérité, ruisseau tranquille O 1 doux,Pour être mieux traité que nous ì
Enfin dans cet horrible gouffreDe mifire e? de vanitéJe me perds; & plus f envisageLa foiblesse de íhomme e? sa malignité ,
Et moins de la divinitéEn lut je reconnois l’image.
Les Vers que je m’en vais raporter nous fournissent unenouvelle preuve du Cahos où le genre humain est demeu-ré : les choses les plus oposées, la lumière & les ténèbres ,ne se quittent point dans l’homme; elles s’entre-suiventen lui; elles se talonnent: moins on fait, plus croit-onsavoir ; plus on fait, plus sent-on son ignorance, pluss’expose-t-on à s’écarter du droit chemin. Peut-on être lesujet ou le théâtre d’un conflict plus capricieux ?
Que Vesprit de l’homme est borné !
Quelque tems qu il donne à l'étude,
Quelque pénétrant qu il soit né,ll ne sait rien à fond, rien avec certitude:
De tenebres pour lui tout est environné;
La lumière qust vient du savoir le plus rare
N'est qu un fatal éclair, qu un ardent qui l’égare,
Rien plus que l'ignorance elle est à redouter.
Longues erreurs quelle a fait naîtregous ne prouvez que trop que chercher à conhoîtreN est fiuvent qu'aprendre k douter (71).
Je n’aurois jamais fait, si je voulois recueillir tout ce quis’est dit de bon fur la contrariété des pieces qui compo-sent l’homme. Le Comte de Buffi Rabutin assure: ,,Qu’íl,, lui souvient toujours fur cela de ce que disoit le Pers„ Senault: Que Parue 8c le corps avoient de grandes liai-„ sons ensemble, que cependant ils se contrarioient tou-,, jours: 8c qu’en un mot, c’étoient deux ennemis qui„ ne se pouvoient quitter, 8c deux amis qui ne se pou-,, voient souffrir. II n’y a rien de mieux dit, ni de plus,, véritable (72.)”. Je trouve plus. de hardiesse, ou plusde vivacité, mais non pas plus de bon sens, quoi que j’yen trouve beaucoup, dans ce passage de Balzac: Mais dequi penfiz-vous , mon Révérend Pere, que soient CCS paroles-cy ? „ Nous sommes composez de deux Ennemis qui ne„ s’accordent jamais: La partie sublime de noítre Ame,, est toujours en guerre avec la partie inferieure. Disons,, davantage, r .’homme est fait d’un Dieu et
„ D’uNE BE S TE , QJll SONT ATTACHEZ ENSEM-„ blé. Si vous devinez l'Auteur de ces quatre lignes , je„ vous eftimeray auffi grand Mage, que ceux qui prédirent la„ naïjjance du Roi Sapores (73).
II y a d’excellentes choses fur cette matière dans deuxHarangues de Grégoire Palamas Archevêque de Theiïalo-nique au XIV Siecle. Elles font par forme de dialogue,plaidoyer, ev jugement, l'amt accusant le corps, e? le corpsau contraire fi défendant, l? ne niant fimplement, mais co-lorant fin fai6l : avec la sentence des juges. J’emploie lestermes de Claude Despence qui fit une Traduction Fran-çoise de ces deux Déclamations, 8c la publia à Paris in 8Pan 1570. Du Verdict Vau-Privas en raporte quelquesmorceaux (74). Je m’en vais copier un long passage oùil y a de très-bonnes choses, 8c quelques fautes auffi.
„ Les Philosophes.ne sçavoient pas quelle étoit
„ la disposition des ressorts qui font mouvoir le cœur de„ l’homme, & n’avoient aucune lumière ní aucun soub-„ çon de l’étrange changement qui s’étoit fait en luy,par„ lequel la raison étoit devenue esclave des passions. . . .„ II est vrai qu’ils font excusables de n’avoir pas connu,, la cause du changement qui s’étoit fait danç l’homme;„ mais ils ne le font point du tout de n’avoir pas aperçu„ ce changement; car il est pardonnable à des personnes„ qui vivent fans réflexion, de ne pas sçavoir ce qui se„ passe au dedans d’eux-mêmes , mais que les curieux„ observateurs de la nature, que des hommes qui met-,, toient leur principale aplication à s’étudier & à se con-„ noítre, n’ayent pas remarqué que ce n’étoit plus la rai-„ son qui conduisoit & gouvernoit l’homme, cela est in-„ compréhensible. En effet, comment peut-on conce-„ voir que des gens éclairez n’ayent pas découvert par„ leur lumière 8c par leurs propres expériences, que la» raison,avec tout son pouvoir & toute son industrie, ne„ sçauroit détruire une passion qui s’est enracinée dans le„ cœur de l’homme, ni par le secours d’aucun âge, ni„ par la force d’aucun exemple, ni par la crainte d’au-„ cun malheur, & qu’ils'n’ayent pas vû ce que voyent &„ ce que sentent les personnes les plus grossières. Un peu„ d’attention à ce qu’ils éprouvoient eux-mêmes étoit„ donc capable de lenr faire connoître l’état de la raison,„ de les convaincre de leur foiblesse, & de leur faire com-„ prendre que l’homme qui étoit dans la partie la pins„ élevée de Famé, qui habitoit cette région tranquille 6e„ lumineuse , d’où il voyoit 8e regloit le dedans 6e le„ dehors de hiy-même, est maintenant plongé dans les,, scns,d’où il goûte les plaisirs, comme s’il étoit né pour,, eux. Us auroient vû encore que quoique la raison ait„ perdu le pouvoir qu’elle avoit dans l’homme, elle n’a-„ voit pas néanmoins entierement perdu fa lumière; qu’il„ luy en reste assez pour luy marquer ses devoirs (75).Mr. Esprit est F Auteur qui a parlé de la sorte dans un Ou-vrage qu’il publia l’an 1678. Tout ce qu’il débite íûr lafoiblesse 8c fur l’esclavage de la raison est très-vrai, maisil a tort d’accuser en général les Philosophes de n’avoir pasreconnu cette servitude, 8c de n’avoir eu aucun soupçonde la cause qui Fa produite; car il est indubitable que plu-sieurs Païens avoient là-dessus les lumières qu’il suposequ’ils n’avoient pas. Je sai bien que les Stoïques par-loient de l’empire de la Raison avec trop de faste, 6c quel’idée de leur Sage leur échaufoit l’imagination à un telpoint qu’il leur échapoit des choses qui aprochoient del’extravagance, non pas en ce qu’ils luposoient quêtantdélivré des passions , il suìvroit les Ioix de Fordre 6c del'honête constamment 8c inviolablement; mais en ce qu’ilssuposoient qu’il étoit possible à l’homme d’extirper toutesles passions vicieuses. C’étoit là leur grande erreur, c’esten cela qu’ils faifoient paroître leur ignorance fur la con-dition humaine. L’autre partie de leur dogme étoit debon sens, savoir que si l’homme avoit une fois dompteou déraciné ses passions, il n’auroit aucune peine à prati-quer la vertu, 6c à parvenir à la perfection (76). Monlr.Esprit en tout cas devoir se fixer sur eux , 8c n étendre P a sses censures autant qu’il lui a plu de les étendre. Qui stuavoit dit que les Philosophes n’ont pas conu que Famé dcl’homme est plongée dans les sens ? Cicéron 1 ignorent 1dans ces paroles du III Livre de la République que lamt
( 72 ) BuffiRabutin,LettreXXXI de
U IV Partie,
P*g. 53 deL’Edit. deHollande.
( 73 I Balzac,Dissertationau Révé-rend PereDom An^rcde PaintDenysThéologiende laCon-gregatiostdes Reve-rends PeresEeuillans »à la fin dtfSocrateChrétien»pag, m, i9ì '
194.
( 74 ) Vofa ^page 175 ffuìv. de laBibliothè-que Fiantíoile.
' 7f ’Le d»
maiJ> eS -
Lkettt-
contre
Maim-
bourg 7pat- 71 ‘