JLje sujet de ce tableau est digne' sous plus dïm rapport, d’être recueilli par l’histoire.Il tient aux premiers évènements de la révolution ; il en est une des causes , et il endonne en partie la clef. Il intéressera également le philosophe et l’observateur, soit parles rapports politiques que nous venons d’indiquer, soit par les contrastes singulierset les anedoctes piquantes que présente la vie de d ’Eprémesnil , de cet homme qui a faittant d’efforts pour arriver à la célébrité , et qui avoit réellement tous les moyens deparvenir à une immortalité glorieuse , s’il eût mieux dirigé et plus constamment soutenusa carrière politique. En le considérant comme écrivain et comme magistrat, on nedisconviendra certainement pas qu’il n’eût de grands talents , et beaucoup de connois-sances. On le vit souvent attirer l’attention publique et la mériter dans les disputes quis’élevèrent entre les parlements et les ministres ; on doit ajouter même qu’il montrade l’énergie et du courage dans des circonstances difficiles et périlleuses : alors on l’entendittonner avec force contre les abus d’autorité. La crainte de la vengeance et le ressentimentdu ministère ne l’intimidoient point ; il affrontoit tous les dangers attachés à l’amourde la liberté, et au courage qui osoit la défendre.
L’exil, qui fut le prix de ces actes de vertu , fut pour lui un triomphe véritableet, jusqu’à ce moment, bien mérité ; il s’applaudit avec raison d’être le martyr d’une sibelle cause : aussi, lorsqu’il fut rappelé de son exil, toutes les villes où il passa, enrevenant à Paris , s’empressèrent de lui faire l’accueil le plus honorable et le plusflatteur.
Ce premier tableau de la vie politique de d’Epremesnil devoit faire espérer qu’endevenant membre des états-généraux , qui furent convoqués en 1789, la liberté trou-veroit en lui un de ses plus ardents défenseurs. Cependant, par une fatalité que l’onne peut expliquer , qu’en l’attribuant à des passions basses et rampantes, à la vanité ,et à un intérêt personnel mal entendus , il se montra tout-à-coup un des plus chaudspartisans du despotisme ; et la liberté n’eut pas d’ennemi plus prononcé que lui ; ellen’en eut pas en même temps de plus foible : car il n’est pas inutile d’observer qu’àdater de cette époque , il ne publia aucun discours, aucun écrit, où l’on pût reconnoître
E