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Tome premier.
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SEPTIEME DISCOURS PRÉLIMINAIRE

AUX TABLEAUX HISTORIQUES

de la révolution française .

LE PEUPLE FORCE CEUX QUI PASSENT SUR LE PONT-wuUF

A SALUER LA STATUE DE HENRI IV .

LE 16 SEPTEMBRE 1788.

Ce tableau présente une des plus grandes leçons que l’histoire puisse offrir auxgouvernements. En effet, dans quelle circonstance le peuple de Paris se rassembla-t-ilsur le Pont-Neuf , pour y faire saluer et mettre à genoux les passants devant la statue deHenri IV , du meilleur de tous les rois ? C’est précisément à la veille de cette étonnanterévolution, qui devoir bientôt abolir la royauté en France , et faire disparoître de cetteïiieme place la statue du monarque dont on forçoit les passants à vénérer en ce moment1 image *, c’est enfin à une époque où l’extrême dilapidation des finances , les coupsd autorité hasardes et multipliés par le despotisme, l’exil des parlements, et le commen-cement des troubles de toute espece, faisoient le plus peser le joug du despotisme sura na tion, achevoient d’aliéner les esprits et d’ulcérer tous les cœurs. Le peuple nesembloit-il pas dire aux gouvernants, par sa conduite en cette occasion : « O vous ! quepouvoir suprême environne, et à qui il n’a été remis que pour faire le bonheur deceux que vous appelez vos sujets, apprenez que le peuple est juste , que vous pouvezcompter sur son amour, sur son appui, tant que vous en paroîtrez dignes j mais qu’ilVous abandonnera aussitôt qu’il se verra abandonné par vous ». Telle est la grande etimportante vérité qu’offre ce juste mouvement delà vénération du peuple pour Henri IV ,e t des bénédictions dont la mémoire de ce monarque sera éternellement accompagnée,quelques révolutions qui surviennent sur la surface du monde moral et politique. Pourrendre cette vérité encore plus sensible , et afin qu’elle soit en même temps plus instruc-tive , nous allons la développer davantage, et l’appuyer sur des faits incontestables ,

puises dans l’histoire des nations , et principalement dans celle du gouvernementrrançais.

N est-ce pas la tyrannie des Arabes qui engagea les Espagnols à secouer leur joug ?e sont-ce pas les vexations odieuses de Philippe II qui valurent à la Hollande sa liberté?es Suédois ne languiroient-ils pas encore dans les cavernes de la Dalécarlie, si lesrois de Dannemarck n’eussent déployé imprudemment l’étendard du pouvoir arbitraire ?^ s ^~ ce P as d 11 se in de l’esclavage le plus terrible que les Suisses ont recouvré la qualitéhommes ? L’Amérique septentrionale se seroit-elle insurgée, sans l’oppression insul-

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