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Tome premier.
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HUITIEME DISCOURS PRÉLIMINAIRE

AUX TABLEAUX HISTORIQUES

DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE .

ATTROUPEMENT AU FAUBOURG ANTOINE,

LE 28 AVRIL 1789.

E p u 1 s l’origine des sociétés le despotisme pese sur l’univers. L’histoire des révolutionsumaines n’est que le récit des usurpations du pouvoir, des réclamations de la raisonet des vengeances du plus fort. Chez tous les peuples de la terre les vexations ont produit, es réactions violentes, et ces réactions ont enfanté des révolutions. Par-tout, dans lesRépubliques comme dans les monarchies, la violence a lassé la patience des opprimés :Car enfin le peuple n’a qu’une certaine mesure de patience 5 alors il surpasse les excèsmeme des despotes, et il ressemble à des tigres échappés de leur chaîne. En tousclimats l’anarchie et le désordre ont été la suite des explosions occasionnées par l’excèsde l’oppression, et ne se sont arrêtés qu’au moment, où, après une lutte sanglante, laliberté triomphe, ou bien le despotisme reprend son empire, pour le perdre encore dansde nouvelles crises.

Comme c’est principalement le despotisme ministériel qui, plus que celui des rois, apese sur la France , et a causé en partie la révolution dont nous décrivons l’histoire, c’estici le cas d’observer que ce despotisme est le plus cruel de tous, parcequ’un ministrepeut faire le mal plus impunément qu’un roi. Qu’a risqué jusqu’ici un ministre pervers ?a p ace. Lhistoire ministérielle ne nous présente, si l’on en excepte d’Amboise, Suger ,u Y j Colbert, Turgot , et peut-être Necker, qu’une affreuse combinaison de la force,U ^mtrigue. Ce sont les ministres qui ont prodigué les proscriptions, et

cette ou e de lettres de cachet, dont nous aurons occasion de parler dans la suite. Legouvernement, sous les ministres de Louis XV , empira et dégénéra : l’abbé Terray,ne pouvant avoir d’argent, en vola au nom du roi ; et l’on sait à quel point ses exactionse rendirent odieux. Sous Louis XVI , les dissipations et les prodigalités de Calonneac everent de ruiner les finances et d’épuiser la nation.

L accumulation de tant de maux, de tant d’abus, excita un mécontentement, et bientôt

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