QUATRIÈME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
SORTIE DE L’OPÉRA.
L
^ E grand mouvement excité dans Paris par le renvoi de M. Necker avait deux causes :
a bord, l’opinion qu’on s’était formée de cet administrateur, dont l’influence au conseilSe Hait alors dans tous les esprits à l’idée du bonheur public. On l’avait vu dans sonP re mier ministère porter la plus stricte économie dans l’emploi des revenus de l’état.
avait fréquemment repoussé les avides sollicitations des courtisans, et une fois entreU * res d avait répondu à l’un d’eux : « Ce que vous me demandez forme la contributione plusieurs villages. » Ce mot, répandu parmi le peuple , était devenu presquea jissi célèbre que la poule au pot , promise en quelque sorte aux paysans par Henri IV ,ne leur a été donnée ni par lui ni par ses successeurs. Ce mot avait conciliéMinistre une popularité qui semblait indestructible. Son retour au ministère l’avaitïlc °i'e accrue, et son exil inattendu paraissait le signal des projets hostiles médités°tttre Paris . Il devenait en quelque sorte une déclaration de guerre aux habitans de
a capitale.
. Ée second motif de l’insurrection , moins aperçu de la multitude, mais non moins^périeux , était le besoin presque généralement senti de mettre Paris sous la protection^ Rtie force publique capable de diriger la bouillante énergie du peuple, qui, parlrtl pétueuse irrégularité de ses mouvemens , pouvait compromettre le salut de la ville^ême de l’empire.
Les électeurs ne tenaient d’assemblées ordinaires qu’une fois la semaine. Déjà leursc^nces j qu’ils avaient rendues publiques, les avaient montrés capables de prendre des. Ures d e vigueur dans les événemens décisifs que chacun prévoyait. Nicolas Bonnevillev ait fait j e p rem i er l a motion d’armer les citoyens , et de former ce qu’on appelait^ rs une garde bourgeoise. Cette idée, qui avait d’abord effrayé les esprits, incertains,, ^frient où l’on pourrait tenter à force ouverte de secouer le joug du despotisme,j etait re produite peu de jours avant l’exil du ministre chéri 5 et l’on se proposait, vumuhitudg des régimens qui environnaient Paris , de la réaliser au plutôt. Mais laRation des citoyens en corps de commune était un préalable nécessaire.
. ans les premières assemblées électives, séparées en trois chambres , l’abbé Fauchetait soutenu le droit et la nécessité de cette organisation des habitans en commune :lib 1S ^ Payait à un clergé trop ami de l’ancien régime pour entendre des penséesres et courageuses. Il fit de nouveau cette proposition aux électeurs réunis ■: elle
D