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Tome premier.
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i 4 TABLEAUX HISTORIQUES

fut accueillie comme elle devait l’être par des hommes qui voulaient se montrer citoyens.Il alla plus loin. Le g , veille du premier jour de l’insurrection décidée , on venait defaire un tableau, très-sensible des dangers qui environnaient la cité. Il proposa auxélecteurs de se constituer eux-mêmes comme élus du peuple, et les seuls actuellementen activité, sous le titre de représentans provisoires de la commune de Paris, jusqu’àl’instant où elle se rassemblerait elle-même , soit pour les confirmer dans cette fonction ,soit pour en nommer d’autres. Les présidens de l’assemblée , MM. la Vigne et Moreaude Saint-Méry, eurent peur des applaudissemens qu’obtenait cette proposition; et,dans l’inquiétude qui les agitait, ils demandèrent du temps pour discuter cette ques-tion importante, et voulurent remettre à huit jours une décision si essentielle. A cetteproposition du délai d’une semaine entière pour rassembler les électeurs , tandis quetout annonçait une crise prochaine, .un d’entre eux, qui arrivait de Versailles , et quiavait vu tout l’appareil de la guerre préparée à la patrie , M. de Leutre , se lève , etd’une voix perçante crie: « Qu’ose-1-on nous dire? Huit jours! Dans trois, si nous« ne sommes sur nos gardes , tout est perdu. Rassemblons-nous demain. Si nos prési-« dens balancent, qu’ils se démettent, nous en choisirons de moins timides. » Il désignaM. de la Salle et l’abbé Eauchet.

MM. la Vigne et Moreau de Saint-Méry cédèrent à leurs craintes ; ils déclarèrentqu’ils se démettaient. L’assemblée s’ajourna au surlendemain pour l’élection des présidens.On s’étonne de ne pas trouver dans l’historique du procès-verbal des électeurs cesfaits authentiques et incontestables. La justice et l’intérêt public condamnent égalementces réticences mensongères qui trompent ou égarent l’opinion du peuple sur le vraicaractère de ses défenseurs , plus ou moins courageux, dans le moment où il lui importele plus de les connaître et de les distinguer. Dès que la révolution fut décidée parl’unanime et invincible insurrection de la capitale, ces deux mêmes hommes qui, trente-sixheures auparavant, se démettaient de leur présidence pour n’être pas comptables augouvernement de l’énergie de l’assemblée, reprirent leurs fonctions, où ils se trouvaientforts de toute la puissance du peuple. La prise de la Bastille acheva de les rendreintrépides.

Si la motion de M. de Leutre , qui voulait, le samedi au soir 9 juillet, que dès lelendemain l’assemblée des électeurs se réunît, eût été arrêtée, le centre de ralliementse fût trouvé prêt pour diriger à l’instant même les forces éparses des citoyens , lesbrigands eussent été contenus, les barrières n’eussent pas été incendiées, Saint-Lazaren’eût pas été pillé , et la liberté eût marché d’un pas mesuré dès sa naissance. Mais lesélecteurs ne croyaient pas la crise si prochaine, et ils étaient persuadés qu’on seraità temps le lundi i3 pour prévenir tous les périls. L’exil de M. Necker ayant toutprécipité, dès quatre heures du soir, le dimanche, après la motion de Camille DesmouliuSau Palais-Royal , l’effervescence des patriotes fut extrême. Le peuple, outré de colère,mais non consterné de l’insulte qui venait de lui être faite par le renvoi d’un ministreen qui il avait placé sa confiance, n’apprit qu’avec indignation que les spectacles étaientouverts et qu’ils étaient remplis. La motion faite au Palais -Royal de les fermer futappuyée, décrétée, exécutee sur-le-champ : chose inouie jusqu’alors, et dont l’idée seuleétait faite pour frapper d’etonnement ! Jamais particulier n’avait obtenu cet honneur,devenu exclusivement un hommage a la splendeur du rang suprême, ou de ceux q uela naissance en approchait. Un semblable hommage supposait que leurs maladies, leursinfortunes, et surtout leur mort, étaient toujours des calamités publiques. Cinq semainesauparavant, le 4 juin, pendant la dernière maladie du Dauphin, mort âgé de septans, les spectacles avaient été fermés; et, le 11 juillet, on les fermait pour la retrait 0d’un citoyen cher au peuple. Ce rapprochement seul eût suffi pour irriter l’orgueil d e