DE LA REVOLUTION. i 5
ceux qui croient que tout hommage public n’appartient qu’à la grandeur. La plupart détes-taient dès long-temps M. Necker ; et, lors de son renvoi, après son premier ministère, sachûte avait été pour eux le sujet d’une joie révoltante et scandaleuse. On les avait vusalors étaler leur triomphe dans tous les spectacles publics. Cette seconde fois , le 12Juillet 1789, ils y étaient accourus en foule, et leur allégresse était encore plus grande. Ilsconnaissaient la destination de cette armée dont on investissait la capitale. Ils croyaientVoir bientôt le peuple, effrayé, asservi, retomber sous le joug qu’il venait de soulever1111 moment, et qui n’était pas encore brisé. Qu’on se représente leur étrange situation,quand l’insurrection publique vint troubler le sentiment trompeur qu’ils avaient deleur victoire , et surtout leur intimer l’ordre de sortir du spectacle ! Il fallut obéir etceder à la force , qui d’ailleurs se manifesta sans violence et avec une sorte de règle,hlul accident grave ne signala cette sortie. Le seul désagrément qu’il fut impossible deleur sauver, ce fut la nécessité de défder entre deux haies de citoyens non décorésobscurs même, et dont peut-être aucun , par sa naissance, ne pouvait être présentéa la cour.
Plût au ciel que, sans nuire à l’établissement de la liberté publique, il eût été possibled’épargner à ses ennemis des malheurs plus grands que cette humiliation passagère !Plût au ciel surtout qu’on eût pu épargner des atrocités, des crimes encore plus épou-vantables , tels que l’incendie des châteaux , l’égorgement de leurs propriétaires, ladévastation des moissons , enfin cette guerre si désastreuse, si féconde en malheurs et■forfaits de toute espèce, qu’on commença d’élever entre la classe pauvre et la classeaisee sous le règne des Robespierre , des Marat , en présentant sans cesse au peuple laec laration de ses droits, jamais celle de ses devoirs, en l’enivrant des idées, aussiabsurdes que chimériques , d’une égalité impraticable par la manière outrée dont ona concevait, en l’abreuvant des principes les plus faux et les plus subversifs de tout° r dre social. (1)
CO
ÏL NE DOIT ,