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Tome premier.
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DELA RÉVOLUTION. 27

Passait à la colère contre un régiment étranger. Les soldats de Royal - Allemand enrecueillirent les fruits dès le lendemain, quoique leur seul tort fût d’obéir aux ordresun commandant qu’ils détestaient, et que même ils maltraitèrent, dit-on, dans sa fuite,aïs revenons à cet après-midi du 12 juillet, dont l’époque sera si fameuse dans l’histoiree la révolution. Tandis que M. de Lambesc était occupé d’un côté, d’autres troupes^rangeres, postées en différens faubourgs, firent aussi quelques incursions dans les ruesv °isines, et contribuèrent à augmenter la fermentation. Les citoyens des quartiers éloi-gnes des Tuileries crurent tous avoir couru le même péril que ceux qui s’étaient promenésa ns ce jardin. Dès le soir même de cette journée mémorable, l’indignation contre lessoldats étrangers fut générale : il semblait qu’ils eussent cessé d’être les troupes du gou-vernement ; on ne voyait plus en eux que des ennemis et des Allemands . On paraissaitau c °ntraire ne voir que des amis dans les soldats français ; le peuple pressentait, commee disait en ce même temps un orateur célèbre, qu’ils oublieraient un moment leur^alité de soldats pour se souvenir qu’ils étaient hommes et citoyens. C’est ce que crai-gnait le despotisme malgré son aveuglement; et voilà pourquoi il s’était environné de^ r °üpes étrangères. Trois régimens suisses étaient campés au Champ-de-Mars, Salis-a *«ade , Diesbach , et Châteauvieux, ce même Châteauvieux qui depuis prit parti poura évolution.

A Sève et à Meudon se trouvaient ceux d’Helmstadt et de Royal-Pologne. Trois autresre gittiens étaient prêts à marcher vers la porte d’Enfer. C’étaient encore des Allemands .

^ ^ est alors que se montra dans toute son horreur aux yeux des Français , ce projet°Pprimer une nation par des étrangers que cette nation paie pour sa défense. En touthjtys et en tout temps, le premier pas vers la liberté devrait être la suppression de cetUs révoltant: mais, par malheur, il ne peut être détruit que quand la liberté com-j^ttce à s’établir, comme il ne commence à s’établir, du moins pour l’ordinaire, que° rs que la liberté chancelle ou quand elle n’existe plus. Elle n’existait pas sous Louis XI ,le premier, appela en France ces étrangers mercenaires empressés à trafiquer de

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sang, à le répandre, s’il le faut, au-dedans du royaume comme au-dehors, sure de celui qui les soudoie. Bientôt cet instrument de la tyrannie devint un faste

trône. Les rois , ou plutôt leurs ministres, se sont presque toujours montrés lespïiernis des nations qu’ils gouvernaient : mais cette vérité cruelle , ne devaient-ils pasa cacher avec soin plutôt que de l’annoncer , de la publier eux-mêmes, de la rendre,^ quelque sorte, visible aux yeux les moins éclairés, en ne s’offrant aux regards qu’avecappareil d’une force étrangère , entourés d’hommes indifférens au bien, au mal de leureiïl pire ; sans patrie, sans affection locale, insensibles comme l’acier qui les couvre etCOï mne le fer dont ils menacent les citoyens.

^ Ces réflexions sur les troupes étrangères ne peuvent s’appliquer aux cantons helvé-qucs , dont l’antique alliance et la fidélité envers la France ne s’est jamais démentie,P as même pendant la révolution , quelques insinuations, quelques intrigues qu’aient^ployées les puissances coalisées pour leur faire enfreindre la neutralité. Nous nel^ r0ïls rien ici de la conduite des Suisses au 10 août (1). Elle n’a rien de commun aveca bonne harmonie qui n’a cessé de régner entre leur nation et la nôtre.

Qoant aux autres corps de troupes étrangères au service de France , un décret deass emblée nationale les a depuis peu incorporés dans l’armée française; et cette mesure

Provisoire annonce et présage le moment où la liberté n’admettra que ses enfans et ses

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parmi ses derenseurs armes.

^ Q u and nous en serons à cette époque, nous examinerons avec la plus exacte impartialité les torts011 a imputés aux Suisses en cette occasion.