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Tome premier.
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DE LA RÉVOLUTION. 3 i

a insi placés entre l’armée du ministère et leurs concitoyens, dont ils étaient devenusEspérance et l’appui.

Divers incidens nés de la même cause accéléraient dans la capitale les progrès d’unMouvement universel. Vers la même heure, sur le boulevard, mais beaucoup plus loin,Un fort détachement de Royal-Cravate vint se poster au bout de la rue du Temple ,^ ace des petits spectacles. Là ils firent plusieurs évolutions en présence d’une foulecurieux, dont le nombre , considérable en tout temps et surtout le dimanche , sepouvait encore accru par la clôture inopinée des théâtres voisins. Le résultat de ces évo-10ïls fut enfin de se ranger en bataille ; et en dernier lieu , lorsque ces cavaliers bar-f aier, t toute la largeur du boulevard, un ordre que l’on n’entendit pas les fit partir^la-fois comme un trait et à bride abattue, renversant dans leur course tout ce quitraversait le boulevard , hommes , femmes, enfans , qui, dans la sécurité de la paix,Se trouvaient exposés à des accidens réservés pour la guerre. Ces pandours brutauxei *rent bientôt parcouru la longueur des boulevards , et arrivèrent en peu de minutesVers la place Louis XV, où M. de Lambesc les attendait.

^ous omettons quelques actes de violence , ou plutôt quelques assassinats commisans cette même soirée, par des hussards et par des officiers de Royal-Allemand sur desS re nadiers des gardes-françaises, qui, pour réponse à la question du jour, Êtes-vousP° Ur le tiers-états ? reçurent des coups de sabre ou de pistolet. Ces atrocités, qu’on ap-P re nait d’un moment à l’autre, appelaient le peuple à la réunion de toutes ses forcesCOî itre des ennemis si barbares. La plupart furent punis sur-le-champ par ceux quipaient pensé en être les victimes. Le peuple se précipitait sur le coupable au moment oùVeïl ait de tomber, et la figure d’homme disparaisait sous les coups dont l’accablait laUretlr de la multitude. On portait ces restes hideux aux Palais-Royal, devenu l’en-, Pot de ce commerce meurtrier entre les agens du ministère et leurs ennemis. Làe * a ient le foyer de l’insurrection , le point du départ et de retour pour tous les pro-3 pour toutes les vengeances 5 et ce lieu , dans son étroite enceinte , offrit aux yeuxPondant pins d’un mois ce qu’ont de plus terrible le crime et sa punition.

D action la plus coupable de cette journée , plus heureuse par ses suites que funesteSes désastres , celle qui fait le sujet de ce tableau , jointe à l’incursion gratuite de. ‘ ^e Lambesc dans les Tuileries , a été , comme on sait, l’objet d’une poursuitePH'idiq tle L’accusé a été absous, et il en sera quitte pour le blâme de la postérité.

n a vouant les faits, il a prétendu n’avoir agi que d’après des ordres supérieurs , quoi-^ lle ces ordres n’aient pu lui faire un devoir de poursuivre ses victimes jusques dans1111 jardin rempli d’hommes désarmés, de femmes et d’enfans. Au défaut de la loiClv üe , Un conse il de guerre devait juger ses moyens de défense. Mais qu’eût serviconseil de guerre , sinon à faire voir la difficulté de porter un jugement dans uneraire de ce genre , au moment où périssent les principes du despotisme , où com-cncent à naître ceux de la liberté ? Si l’insurrection eût fini par être appelée révolte,< î lil ne pouvait arriver que par la victoire du despotisme , M. de Lambesc, absousla loi , eût été récompensé par les dépositaires de la puissance : mais il eut étéïlc ° re niéprisé , autant que haï , pour avoir mêlé à l’exécution de leurs ordres une^nauté inutile. Dans le triomphe de la cause publique quand l’unanimité et le succèsinsurrection rendent ridicule la tentative de lui donner le nom de révolte, 1 indul-j^ Ce la loi qui l’absout prouve seulement que cette loi, ouvrage du despotisme ,eïla geait des ressources et des subterfuges aux hommes vils qui s’en montraient lesa Ppuis et les défenseurs. La liberté les dédaigne et les abandonne à leurs remords.