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Tome premier.
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38 TABLEAUX HISTORIQUES

activité , fit le moindre mouvement pour réprimer cet audacieux brigandage. Ce silence,ou plutôt ce sommeil volontaire de la police , devenue complice d’une troupe de bandits,fit soupçonner alors à plusieurs citoyens le secret de quelques ministres qui sondaientles dispositions des gardes-françaises , et justifiaient en quelque sorte l’approche destroupes étrangères , seules capables de prévenir ou de châtier de pareils attentats. Leduc d’Orléans et ses agens ont peut-être aussi sous main dirigé ces excès , pour les

attribuer à la cour.

Quoi qu’il en soit de ce mystère aussi odieux qu’impénétrable , et en se bornant aurécit des faits , il est certain que des brigands répandus dans la ville et dans les faubourgsterminèrent leurs manœuvres de cette journée du 12 juillet par l’incendie des barrières.On y procéda méthodiquement , comme on avait fait à celui de la maison du sieurRéveillon . Les barrières arrachées , on renverse les baraques des commis qui avaientpris la fuite. La foule du peuple assistait à cette opération comme à un spectacle. Unmoment après , arrivent des gardes-françaises , qui se placent entre les spectateurs etles incendiaires , sans troubler ceux-ci ou leur porter le moindre empêchement ; d sparaissaient n’être venus que pour établir l’ordre au sein même de ce désordre , et pourempêcher que le feu ne se communiquât aux maisons voisines.

Le même tableau se reproduisait à chacune des barrières qui ferment l’enceinte deParis . Si nous avons préféré celui qu’offrit la barrière de la Conférence , c’est quece fut celle dont la destruction laissa le plus de regrets, après |que la terreur publiquefut calmée „ et lorsque le calme eut amené la réflexion. Les amateurs des arts regrettentencore les figures colossales , et cependant finies , qui décoraient particulièrement cettebarrière : c’étaient les figures allégoriques de la Bretagne et de la Normandie , q u *semblaient indiquer la route qui conduit de la capitale à ces deux provinces. Le feüles eût faiblement altérées : mais la rage des incendiaires , décidés à tout détruire , l eSporta à employer le fer , qui supplée si cruellement à l’impuissance du feu , et anéantit

les formes quand la matière ne peut être consumée.

A la même heure , au même instant, d’autres hordes de bandits allèrent brûler l eSpataehes sur la rivière , les cabanes , les meubles des commis , et faisaient ainsi l ,aguerre à la ferme: générale sur la terre et sur l’eau. C’est ce qui fit penser à plusieurspersonnes qu’une partie des désordres de cette journée fut l’effet d’une spéculationde contrebandiers : supposition qui n’en exclut aucune autre -, car , dans ce boulever'sement universel, diverses causes agissant à-la-fois, tous les effets ne peuvent $ erapporter à une seule. Des vengeances personnelles , des intérêts particuliers occ®'sionnèrent encore dans l’enceinte de Paris l’embrasement de plusieurs échoppes , hang arSet boutiques des marchés publics , qui pouvaient être la proie des flammes. C’étaûde loin surtout que ce spectacle était le plus effrayant. Ce grand nombre de citoyenqui, les jours de fête , vont se promener dans les environs et sur les auteurs fl 111dominent la capitale , étaient saisis de terreur en la voyant environnée d’un cercle d efeu , tandis que du centre il s’élevait un nuage épais de fumée : ils se persuadaient fl uela ville entière était embrasée : ils étaient dans des transes mortelles pour leurs pareilleurs amis qu’ils y avaient laissés , et n’étaient pas sans crainte sur le danger q u ^ s