DE LA RÉVOLUTION. 4 7
Ty ^ GS rem pht d’une féroce alégresse. Leur fureur redouble : ils remontent à la biblio-
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ï Ue > à la salle des tableaux , au réfectoire , aux chambres particulières des religieux ,'■usent, renversent, jettent tout par les fenêtres ., et semblent regretter de n’avoir plusrieïl a détruire que les murailles.
^ Tout-à-coup un de leurs chefs représente qu’il faut donner une preuve de leurj Ultla nité , et aller délivrer les prisonniers détenus dans la maison de force. On y court*s portes sont enfoncées ; et deux prisonniers , les seuls qui s’y trouvassent alors, sontCOî iduits en triomphe devant le chef. « Je suis surpris et fâché, dit-il, que vous ne soyez( ï Ue deux. Allez, et profitez de notre bienfaisance ». A ce mot , on se rappelle unejttitre espèce de détenus, les fous, les aliénés ; et l ? on s’écrie qu’il faut les délivrer sur-e champ, L’ordre est donné , il s’exécute. Alors paraissent et défilent l’un après l’autreCes êtres infortunés , que leurs prétendus libérateurs soutiennent sous les bras et qu’ilsc c*îduisent dans la rue , en y déposant les hardes et les malles de ces malheureux qu’ils^donnent à la pitié publique. Quelques citoyens honnêtes , pénétrés de douleur , se, ar gcrent d’eux, et les firent conduire à l’Hôtel-Dieu, où ils trouvèrent un asyle etes secours dus à leur triste état.
Toutes ces horreurs, commencées dans la nuit, se consommaient en plein jour, et,
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Tu est inconcevable , aux heures déterminées d’avance par les chefs. On a su depuiset c est un de ces traits qui remplissent l’ame d’une douleur profonde et d’une amertume^anthropique ) , on a su qu’un de ces chefs était un jeune homme autrefois reçu parar ité dans la maison de ces religieux, et même traité par eux avec une indulgencepa Grile e ‘ l’était le titre qu’il avait fait valoir auprès des brigands , pour être nomméeux sous-chef malgré sa jeunesse , et témoigner sa reconnaissance à ses bienfaiteurs»ce 6 5 dans ce désastre, la pieuse simplicité de ces bons pères, qu’au milieu de
k ^ttuilte on en vit quelques-uns , dans une des cours du couvent, montés sur desjl^ rîles e t prêchant l’amour de Dieu et du prochain au peuple qui s’était rassemblé ;j, 116 cessèrent leur sermon que lorsque les cris de joie , poussés par les brigands à°Uverture du coffre-fort, leur eurent enlevé tout leur auditoire et les eurent laisséss su milieu de la cour.
, *di était l’heure destinée au pillage de la chapelle de l’infirmerie. Les brigandsjJ P°rterent ; et, mêlant la dérision à leurs forfaits , ils revêtirent un d’entre eux de^ e joIe e |- ^ rochet , lui mirent dans les mains le ciboire ; et, marchant procession-^ e hement à sa suite , tenant des cierges allumés , ils sortent, et s’avancent vers l’églisees Hécollets ; ils obligent tous les passans à s’agenouiller , craignant, disaient-ils , d’êtref Ccus ês d’irréligion. Des coureurs envoyés en avant ordonnent aux Récollets de Venir. a Encontre des bandits jusqu’à l’entrée de la rue Saint - Laurent. Là , ils remirent
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uoire à l’un des prêtres récollets , et en exigèrent impérieusement la bénédiction,ce ( î u ’ds étaient pressés de retourner à leur ouvrage , qui consistait à réduire enr es les débris de tous les meubles accumulés dans les cours de Saint-Lazare.
Oq * r °^ s heures on tint conseil. Il fut décidé qu’il fallait conduire les bleds à la Halle.
eîl chargea dix - sept voitures de huit sacs chacune , tant en bled qu’en seigle.c^ Ur ^rche fut un triomphe hideux , assorti à leur affreuse victoire. Sur ces voitures^ ^rgées J e g ra j ns jj s avaient guindé des squelettes anatomiques, à coté desquels ils^ le nt force de s’asseoir les malheureux prêtres de Saint-Lazare , qu ils contraignaientai , r‘ U ^ er avec eux des brocs de vin, au milieu des cris d’une populace qui, voyantles deS ë ra i ns > applaudissait à leurs conducteurs. Ainsi ces monstres , bientôt punis,fur UnS dans ^instant et par eux-mêmes , les autres quelques jours après et par la justice,çli ent re Çus comme des bienfaiteurs publics. On saisit , pour voiturer ces bleds , tous leset eYaux des passans -, on détela ceux des carrosses bourgeois , des fiacres , des charrettes;
Uïl a * r de fête , moitié burlesque , moitié féroce , se mêlait à Ces odieuses violences.