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poudre , et voyant arriver le gouverneur avec des mèches allumées dans le dessein dese faire sauter , le repoussa avec violence , le menaçant même de le percer de sa baïon-nette s’il s’obstinait dans ce dessein. On sut dès lè soir même ( car l’intérêt qu’inspirasa mort fit rechercher sa conduite , et ce que l’on apprit -augmenta les regrets que causasa perte ) on sut qu’il avait souhaité de prévenir de la part du gouverneur toute mesurehostile , qu’il avait donné des conseils pacifiques , formé les vœux d’un citoyen , enfinqu’il s’était constamment abstenu , pendant le siège et le combat , de tirer un seul coupde fusil. Tel était celui dont la tête , quelques heures après , était portée au bout d’unepique , ainsi que celle du nommé Asselin , innocent comme lui , mais qui, comme lui>n’avait pas rendu le plus signalé de tous les services. Une fausse ressemblance dans lesuniformes, trompant la multitude, les avait fait prendre l’un et l’autre pour des canonniersde la Bastille. C’était le plus grand des crimes aux yeux d’un peuple qui avait vu depuisplusieurs jours ces instrumens de carnage tournés contre lui , et qui ce jour même venaitd’être écrasé sous plusieurs détonnations d’artillerie. Il immola donc ces deux infortunés $mais il pleura sa méprise aussitôt qu’il la connut.