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Tome premier.
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DIX-NEUVIÈME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

Les canons de paris transportés a mont-martre.

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^ N des caractères de la révolution, dans cette première ét immortelle semaine , c’estd avoir réuni et rapproché , dans un si court intervalle de temps , et dans l’enceinteParis et de Versailles , une telle multitude d’évènemens simultanés , qu’après cettee Poque , et pendant un temps considérable , les acteurs et les spectateurs , égalementopprimés du poids de tant de souvenirs , retrouvaient avec peine l’ordre et la suitees faits égarés en quelque sorte dans leur mémoire ; tous les évènemens semblaientPerdus dans la variété des émotions successives dont on avait été comme accablé pendants * x jours.

L’agitation de Paris , toujours égale , toujours extrême, se marquait presque d’heureheure par des symptômes différens. G’est qu’au milieu de tant de dangers, chacun deCes dangers devenant tour-à-tour l’objet dominant de l’attention générale, toutes lespassions , tous les caractères se manifestaient successivement sous des formes nouvelles.^ ar is, dans la soirée où la Bastille fut prise , Paris, pendant la nuit suivante , Paris ,lendemain matin , offrit un aspect différent, et cependant rien n’était changé pour* ui - Menacé par l’armée du maréchal de Broglie , par des soldats étrangers , par les^Ligands enfermés dans son sein , par ceux que salariait le duc d’Orléans, les dangersc l Ll ’d courait au-dedans redoublaient ses alarmes sur ceux du dehors. A peine était-ila Pprovisionné pour deux jours : déjà de fausses patrouilles , qu’il était impossible depas confondre avec les véritables, avaient diminué la sécurité des citoyens rassurésu abord par la vigilance de la milice bourgeoise. Des équivoques inévitables , le mote l’ordre mal donné ou mal entendu par des habitans sans expérience et armés subi-t, e Lnent 3 avaient occasionné des méprises funestes et sanglantes. Des hussards, des soldats^rangers } déguisés en paysans, attendaient le moment de se revêtir d’habits de gardes-r ançaises déjà préparés pour eux -, et trente mille bandits armés , redoublant le désordreP°ur hâter l’instant du pillage , devenaient des ennemis plus formidables que les régimensenvironnaient la capitale.

Ée courage , l’activité , l’humanité inconcevable de tous les citoyens , devinrent leLemède de tous ces maux. Toute idée utile , saisie aussitôt que proposée , s’exécutaits br-le-.champ t et s’exécutait bien. Des couriers allaient presser l’arrivée des convois ,°bt on hâtait la marche à grands frais , et qu’on escortait d’une force armée. Plusieursc itoyens portèrent des sommes considérables à l’hôtel-de-ville , et un grand nombre yfessa des dons patriotiques. Quelques-uns présentaient aux différens comités des

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