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DE LA- RÉVOLUTION* 79
qui n’était qu’un reproche ou un conseil ; ces cris de Vive la nation , expressionSl nouvelle pour l’héritier de tant de rois \ ces trois cents membres de l’assembléeNationale précédant ou suivant à pied la voiture du monarque , applaudis avec transport,c °nsolés de leurs peines par les bénédictions d’un grand peuple , mais accablés deknrs fatigues précédentes , de leurs craintes passées , et de leurs inquiétudes sur unay enir obscur et incertain où la pensée ne pénétrait qu’avec effroi 5 le monarque etCe ^ imposant cortège arrivant à Paris et accueillis si différemment, le roi avec respect,îes députés avec l’ivresse d’une joie fraternelle , couverts de fleurs semées sur leursPas , de couronnes , de guirlandes jetées du haut des fenêtres ; le mélange singulierde tumulte et d’ordre ; l’appareil de la guerre et le vœu général de la tranquillité 5 lesgardes-françaises marchant avec leurs canons devant ce monarque , qu’ils veulent servirencore quand il sera le roi d’un peuple libre : tous ces contrastes et tant d’autres°ecupaient l’ame de ceux qui, dans ces vives agitations , restent capables d’observeret de réfléchir, tandis que la multitude se livrait au sentiment confus qui résultait dus Pectacle' de toutes ces scènes si majestueuses et si nouvelles.
Lufin , après une marche de plus de neuf heures, Louis XVI , arrivé à l’hôtel-de-v dle, sous une voûte immense et prolongée de plusieurs milliers de piques et d’épées111168 , y est reçu en roi qui se rend aux vœux d’un peuple affligé mais plein d’espérance ,n’a besoin pour aimer son chef que de ne plus craindre un maître , ou plutôt sesCuistres. Le discours que lui tint le nouveau maire de Paris , en lui remettant les clefsf’hôtel-de-ville, est le résultat des idées qui ont préparé la révolution et qui doiventa Consommer : Sire , Henri IV avait reconquis son peuple ; ici c’est le peuple qui a reconquisSOn roi. Pensée vive et heuseuse ! Il aurait dû terminer là sa harangue : car que direa P r ès une phrase d’un si grand sens ?
-La renommée a fait retentir l’Europe de tous les détails de cette séance mémorable ,0u le roi entendit le langage de la vérité simple et douce dans la bouche d’un de sesaïl ciens officiers municipaux , énergique dans celle du président des électeurs. II yRépondit avec une émotion touchante , se para du signe distinctif des Français , seCentra au peuple , orné de ce signe devenu le symbole de la liberté , confirma laimination du maire et du commandant de la garde parisienne , et s’aperçut , auxa cclamations universelles , à l’expression de l’ivresse publique , qu’en dépit de sesMinistres et de ses obsesseurs il avait conservé l’amour de son peuple. Alors ce cri siai *cien , yive le roi , sortit de toutes les bouches avec ce cri plus nouveau Vive la nation ;
j en se retirant, le roi les entendit retentir partout sur son passage. Alors, ces épées,ces lances qui , deux heures auparavant, sur le parvis de l’hôtel-de-ville avaient présentéùïie apparence menaçante , et avaient comme formé au-dessus de la tête du monarqueUïle voûte d’acier, ces lances , ces baïonnettes , s’abaisserent respectueusement devant^ 5 et le roi en ayant de sa main rabattu une qui restait haute dans la main d un soldat,Ce signe de paix , expliqué par un sourire du monarque , mit le comble a l’alegressegénérale,
La crainte et l’inquiétude avaient été chercher Louis XVI a Versailles •, l’amour l’yReconduisit. C’étaient les mêmes hommes , et le cortège ne paraissait plus le même ;c est que les cœurs étaient changés. Le peuple croyait toucher a la fin de ses tourmens.
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