io4 TABLEAUX HISTORIQUES, etc.
différentes sociétés qui se piquèrent d’une émulation généreuse. C’était à qui enrichiraitle plus l’autel de la patrie, à qui repousserait le plus le fléau de la banqueroute. Onvit, disent les deux historiens que nous avons déjà cités plus d’une fois , on vitl’enfance sacrifier ses jouets , la viellesse les soulagemens si nécessaires à son existence ;l’opulence présenter le tribut de ses richesses, l’indigence celui de sa pauvreté l eSdomestiques , dans plusieurs maisons particulières , se réunir ; dans plusieurs manufac-tures , les ouvriers se cotiser , et donner à l’état une portion de leur faible pécule ,quelques-uns même ouvrir une souscription chez un notaire. Enfin une pauvre femme,rencontrant les députés de son district qui allaient porter leur contribution à l’assembléenationale , voulut avoir part à cette œuvre civique , et les contraignit, à force d eprières et de larmes, d’accepter la moitié de sa fortune , vingt-quatre sous , et de joindrele denier de la veuve à leurs magnifiques offrandes. Tous ces traits de vertu , et il y eneut plusieurs , étaient pour la patrie un trésor plus précieux que les sommes qu’ilsproduisaient. Ils montraient que les Français , quoi qu’osassent dire les ennemis de hrévolution , n’étaient pas indignes de la liberté , malgré l’abyme des vices où la servitude,et plus encore les agitateurs de toute espèce , les avaient plongés. Nous avons vu, deuxans après , la guerre étrangère provoquer de nouveaux sacrifices consommés avec unnouvel enthousiasme ; tant le Français est ardent pour la chose publique! tant le peupleveut le bien , quand il n’est pas égaré !