VINGT-SEPTIEME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
■Depuis la prise d’armes aux Invalides et la chute de la Bastille , le torrent de laévolution paraissait entraîner à-la-fois les citoyens , la cour , et l’assemblée nationale.■^ a tache la plus difficile de l’historien qui veut transmettre à la postérité tous lese Venemens est d’en expliquer les contradictions apparentes , et de tracer la ligne oùles partis se réunissaient, quoiqu’ayant des vues bien différentes les unes de autres ,et la ligne où ils se divisaient et se combattaient ouvertement. Le moyen d éclaircirtous ces objets aux yeux de la postérité est de remonter à la cause des évènemens ,*ta développer les intérêts , les intentions , les projets de chaque parti, et de peindrel a situation de la France à chaque époque de la révolution. Il faut rendre en quelquesorte nos neveux présens aux temps où nous avons vécu.
L’intérêt de la cour était d’arrêter , autant qu’il serait possible , la marche de laévolution, non seulement parceque son autorité devenait presque nulle, mais surtoutP^rceque le caractère bien connu du duc d’Orléans ne promettait , s’il parvenait à lac °uronne , que le règne le plus affreux , et le despotisme des scélérats sur les gens*ta bien. Il y avait dans la minorité de la noblesse un parti , qui, feignant de se prêtera s a destruction , voulait établir une chambre haute , enfin un gouvernement dont l’Angle-terre lui offrait à-peu-près le modèle. C’était même cette coalition de jeunes patriciensavait, pour réaliser cette idée , imprimé le premier mouvement à la révolution.■Mais le mouvement , une fois donné , menaçait d’emporter toutes ces espérances , etrenverser à-la-fois les projets de la cour, et ceux de cette coalition. Ainsi ces deuxpartis , quoiqu’opposés entre eux , se réunissaient , dès qu’il fallait mettre une diguea n torrent révolutionnaire, et plus encore lorsqu’il s’agissait de combattre la faction^ Orléans . Celle-ci avait pour but d’anéantir la famille royale, de jeter le peuple dansto Us les excès de l’anarchie , en l’enivrant des idées d’une fausse liberté , afin de le^plonger , par la lassitude du crime et du désordre , dans le despotisme ; et le despotee Bt été d’Orléans . Les ennemis de la révolution concouraient, mais par un autre motif,av ec les Orléanistes , à précipiter la nation dans toutes sortes de violences. Ils voulaientM faire regretter et redemander son ancien gouvernement. De la ces mesures outrées^Ue ces deux dernières factions s’accordaient à faire adopter par le corps legislatif, auïîlo yen des membres de cette assemblée qui leur étaient dévoués. Enfin il y avait le parti
D 2