QUARANTE-TROISIÈME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
FÊTE FUNÈBRE AU CHAMP - DE - MARS APRES L’AFFAIREDE NANCY, LE 20 SEPTEMBRE 1790.
-Ljors de la malheureuse et déplorable affaire de Nancy , dont nous avons rendu comptedans le précédent tableau , le massacre des officiers et des soldats ne cessa point avec lecombat : il continua jusqu’au 4 septembre. Le premier jour, les vaincus furent en quelquesorte livrés à la discrétion des vainqueurs. Les soldats suisses de l’armée de M. de Bouillémassacraient sans pitié ceux de leurs frères qu’ils rencontraient dans les rues. Des troisrégimens qui étaient en garnison à Nancy , celui du Roi avait pris le moins de partà l’action. Retiré dans son quartier , il fit dire au général qu’il était prêt à recevoirses ordres. On le fit partir sur-le-champ pour Verdun . La plus grande partie du régi-ment de Mestre-de-camp s’était sauvée à la- chartreuse de Nancy à une lieue de cetteville. Un seul détachement était resté dans les casernes j il en partit à quatre heures dumatin. Le régiment de Château-vieux , qui s’était montré le plus opiniâtre, était engrande partie pris ou tué. Les débris de ce régiment s’étaient retirés, ou pour parleravec plus de justesse , s’étaient réfugiés dans la citadelle. Ils furent envoyés à Vie ,^loyenvie , et Marsal. Enfin , dès le 2 septembre , tandis que les juges civils pour-suivaient ceux qui avaient pris part à l’insurrection , que le bailliage se concertait avecta municipalité pour les détruire , que les municipaux fermaient le club appelé de larévolution , enlevaient les papiers de la société et les déposaient dans leur greffe , quetas officiers du bailliage multipliaient les décrets et les procedures contre des habitans ,dont plusieurs n’avaient favorisé l’insurrection des soldats que par un patriotisme exaltéot peu réfléchi ( 1 ), ou peut-être aussi par crainte, un conseil de guerre fut assembléP^r les ordres de M. de Bouillé. Deux soldats de Chateau-vieux furent condamnés à lar oue , vingt-un à la potence $ et dès le lendemain tous subirent leur supplice. Ainsi
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Le vrai patriotisme n’est que dans la soumission à la loi et le maintien du bon ordre.
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