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Tome premier.
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QUARANTE-SEPTIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

AFFAIRE DE LA CHAPELLE, LE 24 JANVIER 1791.

IN o u s commençons une année fertile en évènemens , mais, hélas ! plus désastreux,pour la plupart, qu’utiles pour le bien public et consolans pour l’humanité. Pendantle cours de l’année précédente s’étaient préparés tous les ressorts qui devaient en êtreles mobiles. U aurait fallu qu’on fût bien aveugle pour ne pas les apercevoir. LaFrance était en proie à une anarchie d’autant plus déplorable, que le roi et sesministres étaient accusés , non sans fondement, de la fomenter et de l’entretenir. Lesadministrations , les tribunaux , le clergé , les armées de terre et de mer , tout étaitlivré à la plus triste comme à la plus fatale désorganisation. La retraite de M. Neckeravait été le signal du renouvellement de tout le ministère. M. de la Luzerne avaitcédé la marine à M. Fleurieu ; l’archevêque Cicé avait remis les sceaux à M. Duport duTertre ; M. de Lessart , déjà chargé de la partie des ünances , avait remplacé M. Guignardde Saint-Priest dans la place de ministre de l’intérieur ; et M. Duportail avait succédé àM. de la Tour-du-Pin dans le ministère de la guerre ; M. de Montmorin seul était resté.

Les fautes du corps législatif secondaient, contre ses intentions, les vues désorganisa-trices des ennemis du bien public , et surtout de la cour d’une part, et des Orléanistesde l’autre. A la grande erreur d’avoir créé une constitution civile du clergé , l’assembléeconstituante avait joint celle de prescrire ce fameux serment qui a fait tant de réfractaires ,et peut-être encore plus de parjures. Enfin, à la honte du dix-huitième siècle, et d’uneassemblée qui se disait politique et philosophe , un parti janséniste avait dicté des loisreligieuses. De là ces querelles fatales des prêtres assermentés et non sermentés, jureurset non jureurs , constitutionnels et inconstitutionnels , qui, même a Paris , et bien plusencore dans les départemens , surtout dans ceux de l’Ouest et du Midi, faisaient déjàfermenter des élèmens inflammables , et préparaient, comme dans des antres volcaniques,les plus terribles explosions.

Les clubs étaient encore de nombreux instrumens de discorde et de désorganisation.Sans doute ces sociétés ont imprimé un grand mouvement à la révolution ; mais nouscroyons ne pas hasarder un paradoxe en avançant qu’elles lui ont plus nui qu’elles nel’ont servie, tantôt en entravant sa marche , tantôt en la précipitant d’une manière

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