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Tome premier.
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DE LA RÉVOLUTION. ao 3

les défenseurs du papisme ni les amis du bon ordre noserent élever la voix dans cejury public : les conclusions de laccusateur furent adoptées à lunanimité ; et lemannequin pontifical -, son bref à la main , et les journaux de labbé Royou , furentbrûlés aux cris de joie et aux applaudissements bruyants du peuple rassemblé enfoule pour jouir de ce spectacle.

Les journaux du parti contraire ne manquèrent pas décrire quindépendamment deloutrage fait au chef visible de la religion catholique , on avoit insulté gravement unsouverain qui feroit de sa cause celle de tous les princes de lEurope exposés à recevoirde nous de pareils traitements. Ils nobservoient pas , ce que nous disons néanmoins sansentendre approuver laction en elle-même, que le peuple de Londres traînoit naguerestous les ans leffigie du Pape dans les rues , et quil fmissoit par la pendre ou la brûler.

Il parut à la même époque une caricature quil est permis de rappeler dans cetableau , la nature du sujet nous force de déroger à la gravité de lhistoire. LePape au milieu de sa cour , tenant devant lui un vase plein deau de savon , que labbéRoyou faisoit mousser , formoit avec un chalumeau des bulles énormes que lescardinaux avec leurs chapeaux rouges, et les tantes de Louis XVI avec leurs éventails,dirigeoient contre la France . Le génie de la nation française détruisoit dun souffle cetouvrage fragile.

On se demandera peut-être comment la vérité , qui devoit être si fatale à toutes lessuperstitions, a pu traverser les siècles , entourée des bûchers de linquisition, retenuedans les entraves que lui donnoit le despotisme , et poser enfin dans notre âge laborne se briseront toutes les erreurs des hummes? Cest àlinrention de limprimerie,le plus beau présent que pût recevoir la société humaine, que sont dues les premièresvérités qui furent répandues sur la puissance pontificale ; et quelques Papes eux-mêmesprirent soin de détromper ceux qui étoient dans lillusion sur leur compte. Mais ,hélas! chez les foibles humains le mal est toujours à côté du bien. En détruisant lasuperstition , on risque de saper la religion, et dôter au peuple sa morale et son plusgrand frein.

Lenfance de la papauté navoit vu que des hommes adroits qui, profitant du renomque donnoient à leurs sectes les martyrs quelle avoit eus et la crédulité des empereursqui lavoient embrassée , cherchoient à établir ce pouvoir spirituel que leur fondateurleur avoit légué sur lunivers. La ferveur des missionnaires, léloquence du prosélytisme,lexemple des empereurs , et la propension naturelle qui porte lhomme à imiter ceuxquil voit au - dessus de lui, tout concourut à faire adopter le christianisme danslEmpire. Cependant les évêques de Rome profitèrent de la faute quavoient commiseles empereurs en transportant leur résidence à Constantinople. Restés a Rome avec unpréfet qui étoit chargé de lautorité civile , maîtres des esprits du peuple , ils netardèrent pas à simmiscer dans le gouvernement ; et quand les attaques réitérées desconquérants du Nord eurent enfin abattu et morcelé cet empire colossal , au milieude la confusion qui suivit cette chute , quand on ne connoissoit plus de possesseurlégitime , les Papes se trouvèrent maîtres spirituels et temporels de la ville de Rome . Ilfalloit prévenir cependant les réclamations des princes qui, en usurpant le titre des