CINQUANTE-SEPTIÈME TABLEAU
DE LA RÉVOLUTION.
PROCLAMATION DE
LE 18
LA PREMIÈRE CONSTITUTION,SEPTEMBRE 1791.
Quand un peuple s’expose aux tempêtes des révolutions, quand il consent à rompreun pacte social établi depuis long-temps , et que le désir d’être libre lui fait envisagersans crainte les malheurs inséparables de l’absence momentanée du gouvernement 5 enun mot, quand , par ses efforts > son courage , ses sacrifices , il a constamment secondéceux qu’il avait chargés de l’honorable fonction de lui donner des lois ; sans doute ila le droit d’exiger de ses mandataires un compte sévère de leur mission ; et, puisqu’ila rempli ses devoirs envers eux , il peut leur demander hautement ce qu’ils ont faitpour son bonheur. Telle était la question que pouvait adresser le peuple français à sonassemblée constituante , lorqu’après vingt-huit mois d’attente , il reçut enfin d’elle uneconstitution qui a réuni autant d’admirateurs que de contradicteurs, mais qui paraissaitdans des circonstances peu favorables à sa durée. Comment d’ailleurs aurait-on pu croireque, dans un siècle de philosophie et de lumières, on aurait laissé subsister l’alliance,aussi impossible que monstrueuse , de la liberté et du despotisme ?
Ce fut le 3 septembre 1791 que fut terminée cette constitution si long-temps l’espoirdes bons citoyens. L’assemblée déclara sur-le-champ qu’elle ne pouvait plus y rienchanger, et députa soixante de ses membres pour la présenter à l’acceptation du roi.Louis XVI n’en faisait plus les fonctions depuis son retour de Varennes j mais il enreprit le titre par cette nouvelle transaction entre le peuple et lui.
La députation , chargée de présenter au roi la révision de l’acte constitutionnel , serendit au palais des Tuileries: elle était composée de soixante commissaires. Louis XVI écrivit quelques jours après à l’assemblée qu’il acceptait purement et simplement laconstitution. Enfin il se rendit en personne le i 4 dans le sein du corps législatif, etprononça le discours suivant, bien remarquable parcequ’il peint la situation de l’état àcette époque :
« La gravité des circonstances où se trouve la France me conduit parmi vous. Le» relâchement progressif de tous les liens de l’ordre et de la subordination, la suspension
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