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Tome second.
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DE LA RÉVOLUTION. 299

la plus grande vigueur ; mais alors les obstacles se multipliant, le désordre se mit dansune brigade , à la vue de la cavalerie impériale , qui débouchait dans la plaine pourcharger notre infanterie. Ce fut en cet instant que le jeune Baptiste Renard , valet-de-chambre du général, inspiré par un mouvement héroïque par son attachement pourson maître , courut au grand galop vers la brigade qui se retirait, l’engagea à reprendrela ligne , alla chercher de la cavalerie pour la soutenir , et par cette manœuvre hardiecontint les Autrichiens qui allaient percer le centre de l’armée française.

A la droite , l’infanterie , intimidée pendant quelque temps par le feu terrible desbatteries autrichiennes , se ranime aussi à la vue de Dumourier , qui vient se mettre àsa tête : elle fait une décharge à bout portant sur la cavalerie qui veut la charger , lamet en fuite , et va , avec un courage et une gaieté qu’on ne peut décrire , attaquer lesredoutes par la gorge. Elles sont emportées, et les grenadiers hongrois qui les défendaientsont tous massacrés ou faits prisonniers de guerre.

I-’impétuosité française avait pareillement triomphé à la gauche , où les obstaclesavaient été entassés , et où il fallut emporter plusieurs villages , sous le feu le plus terribleet le plus soutenu. A dix heures , l’armée entière occupait les retranchemens de l’ennemiqui se retirait en désordre à travers la ville de Mons , laissant quatre mille morts oublessés sur le champ de bataille , son artillerie , ses bagages , et ouvrant par sa retraiteles Pays-Bas à l’invasion des Français .

Cette importante journée , dans laquelle il n’y eut pas un seul corps de l’arméerépublicaine qui ne se fut battu , et qui n’eut joint l’ennemi à la baïonnette , produisitle meilleur effet sur nos soldats. Pleins de confiance en eux-mêmes , en leur général , ilssemblèrent contracter dès-lors l’engagement de vaincre toutes les fois qu’ils attaqueraient :ils ont tenu parole. Depuis ce jour aussi, la terrible baïonnette est devenue entre leursmains l’instrument fidèle de la victoire -, et cette arme favorite , portée par l’impétuositéfrançaise au milieu des rangs ennemis, a toujours prévalu sur les savantes évolutions , etsur le feu le plus soutenu.

Le désordre et la désertion gagnèrent les troupes impériales ; leurs généraux n’osèrentplus nous attendre. Le 7 au matin les vainqueurs entrèrent dans Mons , dont les habitansles reçurent comme des frères , comme des libérateurs. Les magistrats étant venusapporter les clefs de la ville au général, il leur dit, en posant la main dessus: « Gardez» vos clefs ; nous ne venons que pour vous engager à tenir toujours vos portes fermées» contre vos anciens oppresseurs, et à défendre la liberté que nous venons de vous» conquérir. »

L’armée ne se remit en marche que le 11 , et n’eut à soutenir qu’un léger combatd’avant-garde à Anderlech, village à une demi-lieue de Bruxelles. L’ennemi ayant encoreété repoussé , Dumourier fit son entrée dans la capitale de la Belgique , le i 4 novembre ,un jour plutôt qu’il ne l’avait annoncé. Ce fut un véritable triomphe : le peuple prodiguaitaux Français les noms de frères , d’amis -, il s’empressait sur leur passage ; il comblaitleur général d’honneurs et d’applaudissemens. Les rues étaient bordées des deux côtésd’une double haie de déserteurs autrichiens , au nombre de plus de quatre mille , quivenaient d’eux-mêmes orner le triomphe de leurs vainqueurs. Les Français se condui-saient en hommes libres , c’est-à-dire , avec autant de générosité envers les habitansdes villes , qu’ils avaient montré de courage contre les ennemis qu’il leur avait fallucombattre.

Malines , avec ses magasins et sa belle fonderie, tomba bientôt au pouvoir des répu-blicains : Louvain se rendit de même : et après deux affaires peu importantes avec lesImpériaux qui ne cédaient le terrain que pied à pied , l’armée entra dans Liège le 28novembre.

Pendant que Dumourier étendait si rapidement ses conquêtes à la tête du principalcorps d’armée , Labourdonnaie , sur la gauche , s’était emparé de Tournai , de Courtrai ,