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Tome second.
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3 oo TABLEAUX HISTORIQUES, etc.

de Gand ; et Miranda , qui commanda son armée après lui , força la citadelle dAnvers àse rendre, après quelques jours de siège. Sur sa droite, le général Valence avait débouchépar Charleroi , avait poussé lennemi avec vigueur ; et ayant fait le siège du château deNamur , cette place très-forte par sa situation et ses ouvrages, se rendit le % décembre.Toutes les villes de la Flandre maritime furent pareillement prises par un détachementde la garnison de Dunkerque . Ainsi les Pays-Bas se trouvèrent conquis en entier, unmois après louverture de la campagne.

Le conseil exécutif avait arrêté que les armées ne prendraient leurs quartiers dhiverquaprès avoir repoussé lennemi au-delà du Rhin ; mais le dénuement complet dhabille-mens , la difficulté de se procurer des vivres , les obstacles que le nouveau ministre de laguerre apportait aux conquêtes de Dumourier , lempêchèrent de les pousser aussi rapi-dement quil aurait le faire, et le forcèrent à prendre ses cantonnemens le long de laRoër et de la Meuse , après avoir forcé les Autrichiens à reculer jusquau-delà dAix-la- Chapelle , nos troupes entrèrent le 8 décembre. Il avait bien senti que ses quartiersdhiver ne seraient point assurés tant quil ne serait point maître de Juliers et deMastricht, qui lui formeraient des points dappui respectables ; il sollicita donc du conseilexécutif la permission de faire le siège de ces deux villes : de vaines considérations , tellesque le prétexte de lobservation de la neutralité ( que lon viola bientôt à notre égard ) ,empêchèrent le conseil de lui donner cette autorisation 5 et cette faute , bien grande enpolitique , donna le temps aux ennemis de se préparer à la défense , et fit prévoir lesrevers que les Français essuyèrent le printemps suivant.

Cependant les Belges et les Liégeois , réunis en assemblées primaires , se consultaientsur lusage quils devaient faire de la liberté quils avaient recouvrée , sur le gouver-nement quils devaient choisir. Au projet quil leur avait été présenté de sériger enrépublique indépendante, ils préférèrent de se réunir à la France ; et , quelle que dût êtrelinfluence des vainqueurs dans ces délibérations, il est du moins certain que cette réunionfut votée dun consentement presque unanime. Dailleurs ces belles contrées savaienttrouver dans leurs nouveaux alliés quelles choisissaient un invincible appui contre leursanciens oppresseurs. Les armées françaises avaient observé jusques- une exacte disci-pline 5 la plus parfaite union régnait entre elles et les habitans des pays conquis : ce futaux exagérations des commissaires de la convention, aux excès de tout genre commis parceux du conseil exécutif, que la Belgique dut ses malheurs , et que nous aurions laperte dun allié puissant et fidèle , si nous navions reconquis son affection , en luirendant enfin sa liberté que la maison dOrange lui avait ravie depuis long-temps.