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Tome second.
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SOIXANTE-DIX-SEPTIÈME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

ASSASSINAT DE LEPELLETIER, LE 20 JANVIER 1793;

3o NIVOSE, AN I" DE LA RÉPUBLIQUE.

J^e 20 janvier , Michel Lepelletier St.-Fargeau, ci-devant conseiller au parlement deParis , depuis membre de l’assemblée nationale constituante , où il avait déployé beaucoupde talent et de philosophie dans la rédaction du code criminel , nommé , en 1792 , parle département de l’Yonne , député à la convention, et ayant voté en cette qualité lamort de Louis XVI , fut assassiné chez un restaurateur du Palais-Egalité à l’instant oùil payait son dîner. Le meurtrier remonta précipitamment de la grotte où il venait decommettre son crime ; et à la faveur du déclin du jour et d’une ample redingote quil’enveloppait, il réussit à se soustraire à la poursuite dirigée contre lui. Lepelletier ,reporté dans sa maison , y mourut le soir même entre les bras de son frère et deplusieurs de ses collègues , qui pleurèrent amèrement la perte qu’ils faisaient.

Son assassin , nommé Pâris , était un ancien garde-du-corps , connu durant le coursde la révolution par son attachement pour la royauté. Ce spadacin avait pourtant vu.rabattre sa fierté par un artiste de l’opéra , qui avait proposé dans les journaux de sebattre , n’importe avec quelle arme , contre tous ceux qui voudraient appeler en duelnos législateurs , ou les citoyens distingnés par leurs talens , dont la vie était tropprécieuse pour la compromettre avec des gladiateurs. Cet artiste , ayant ouï parler desfanfaronnades de Pâris , voulut en purger la France -, et l’ayant défié plusieurs fois aucombat à mort, sans pouvoir le forcer à en venir aux mains , il vit que ce 11’étaitqu’un être méprisable qui cherchait à déguiser sa lâcheté sous des rodomontades ridicules.Pâris , démasqué dès-lors , et n’osant plus rester dans la capitable , avait parcouru lesdépartemens et les armées, où il entra même comme simple volontaire, cherchant àpervertir l’esprit des citoyens et des soldats , et à faire des partisans à son idole chérie.Loin de voir réussir ses desseins, le trône avait été abattu, et la république décrétée.Le roi avait été condamné à mort. Qu’on juge de l’impression que dut produire unetelle procédure sur l’esprit d’un des plus ardens zélateurs de la monarchie. Pâris enperdit presque la raison ; et il prit la résolution de signaler une époque aussi désas-treuse à ses yeux , par un acte de courage qui effrayât au moins les juges de leur roi,et qui pourrait peut-être produire parmi ses partisans une explosion bien nécessairedans un instant aussi décisif.

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