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Tome second.
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3 io TABLEAUX HISTORIQUES,

de sa vertu pour ne pas craindre de la voir soupçonnée dans une telle circonstance.Le 26 décembre , Louis XVI comparut pour la deuxieme fois à la barre de la con-vention , entouré de ses conseils Mallesherbes , Tronchet et Desèze . ( 1 ) Celui-ci pro-nonça un très long plaidoyer , dans lequel il employa toute son éloquence pour justifierle ci-devant roi de ce qu’on lui imputoit ; il cita la constitution et l’inviolabilité qu’ellelui assuroit. Son discours fut entendu dans le plus profond silence -, et la discussion quisuivit, offrit un calme , un appareil imposant qu’on a rencontrés rarement dans lestribunes et même dans les délibérations de la convention. Les débats durèrent plusieursjours sur la maniéré dont la procédure seroit terminée : ce fut dans ces débats que lesdeux partis connus sous les noms de Montagne et de Gironde , signalèrent la violenteopposition qui régnoit entre eux , et tirent trop prévoir les déchirements qu’ils ame-neroient dans le sein de la France .

On arrêta enfin que les questions seroient posées ainsi qu’il suit , et que les députésy répondroient par la voix de l’appel nominal :

i°. Si Louis Capet est coupable de conspiration contre la liberté de la nation, etd’attentat contre la sûreté générale de l’état ?

2 0 . Si son jugement, quel qu’il puisse être , sera soumis à la sanction du peuple ?

3 °. Quelle peine lui sera infligée ?

L’affirmative fut générale sur la première question ; Louis fut déclaré coupable.Dans la seconde, 283 membres votèrent pour l’appel au peuple , et 424 le rejetèrent.Ces deux questions ainsi résolues , on posa, le 16 janvier , celle qui devoit déterminerla peine que le coupable avoit encourue. Dans cet instant décisif les deux partis mirenten usage tous les moyens qui pouvoient faire pencher la majorité de leur côté. Lechargé d’affaires du roi d’Espagne écrivoit à la convention, dans ce moment même, queson maître offroit de garder la neutralité , et d’interposer sa médiation dans la guerreprésente , si Ton vouloit surseoir au jugement. Sa proposition ne fut pas écoutée ;l’on procéda à l’appel nominal , on le proclama , et la mort fut prononcée contreLouis XVI , à une majorité de cinq voix. Les défenseurs du condamné parurent alorsà la barre , et interjetèrent en son nom appel au peuple H11 jugement rendu. Undécret réduisit cet appel au néant.

Il ne resfoit plus qu’à décider si le jugement seroit exécuté de suite. Ceux quisoutenoient l’opinion contraire, représentoient que Louis seroit entre les mains de laconvention un otage précieux , qui lui répondroit des puissances belligérantes ; ilsfaisoient valoir de puissantes raisons politiques pour le conserver. Leurs adversairesl’emporterent encore, et un décret du 19 au soir ordonna que le jugement seroit misà exécution dans les vingt-quatre heures.

En conséquence de ce décret, le ministre de la justice , Garat , accompagné dusecrétaire du conseil exécutif et de deux membres du département de Paris , se renditau Temple , le dimanche 20 à deux heures et demie , et lui notifia son arrêt. Louis

( 1 ) M. Desèze ne fut pas le seul défenseur choisi par le roi. M. Baudry des Lozières fut désignépour remplacer M. Desèze, en cas de maladie ou tout autre accident.