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ét les députés du corps législatif, et lui donnoient les moyens de pénétrer jusques dansle cœur de la république. Mais les chefs des Vendéens , sentant la nécessité de s’emparerd’un port de mer, s’avancèrent par la rive droite de la Loire , prirent Angers , et vinrentattaquer Nantes le 29 juin (v. s. ), n messidor.
Le général Turreau , dans ses mémoires sur la Vendée , a dit que le siégé de Nantes est peut-être l’évènement militaire le plus important de la révolution. On se rangede son avis quand on considéré de quels affreux résultats pouvoit être suivie la prisede cette grande cité , la première de la ci-devant Bretagne , qui auroit ouvert cetteprovince , déjà le théâtre de plusieurs actes d’insurrection, et le berceau de la conspi-ration générale dont la guerre de la Vendée n’étoit qu’un rameau. Comment se fit-ildonc qu’une ville immense , amollie par le commerce et les richesses , et renfermantun grand nombre de mécontents , pût résister , sans aucunes fortifications , et sans autrestroupes que trois mille hommes , auxquels se joignit la garde nationale , à une arméede quarante mille hommes , enflammée par le fanatisme , par des succès inouis , et parl’espoir du pillage ? Comment la foible garnison de Nantes pût-elle contenir les mal veillants,et résister à un combat opiniâtre qui dura depuis le point du jour jusqu’à quatre heuresdu soir ?... C’est que la grandeur du péril doubla la force des assiégés \ que la jeunessenantaise retrouva la généreuse vigueur qu’elle avoit manifestée dès le commencement de1789 -, que Charette , qui étoit sur la rive gauche de la Loire avec une armée de quarantemille hommes , ne seconda pas les assaillants de la droite ; enfin c’est que les Vendéens ,dont la valeur alloit jusqu’à la témérité, n’ont jamais su l’art d’attaquer les plus foiblesretranchements. La Bretagne fut donc préservée pour ce moment, du fléeau de la guerrecivile. Les brigands apprirent qu’ils n’étoient pas invincibles ; et Nantes eut d’autant plusde mérite à être leur premier écueil, qu’elle devoit plus naturellement devenir leur proie.