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Tome second.
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QUATRE-VINGT-HUITIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

MASSACRE DE L’ÉQUIPAGE DE LA MODESTE DANS LE PORTDE GÊNES, PAR LES ANGLAIS , LE 5 OCTOBRE i 79 3 ;

LE i3 VENDÉMIAIRE, AN DEUXIEME DE LA RÉPUBLIQUE.

d e toutes les puissances indépendantes de l’Italie, la Sardaigne étoit la seule quise fut ouvertement déclarée contre la France dès le commencement de la guerre.Des intérêts de famille l’emportent souvent chez les rois sur ceux de leurs peuples.Le cabinet de S.-James , qui s’étoit fait le proxénète de la coalition, crut qu’il n’étaitpas suffisant pour elle de s’être assuré des gorges du Piémont , et d’avoir empêchél’entrée des Français en Italie ; il employa ses plus habiles négociateurs pour entraîner,par les insinuations ou les menaces , le reste des puissances qui gardoient encore laneutralité. Naples céda à sa haine, et joignit ses vaisseaux à ceux des Anglais et desEspagnols : Rome avoit donné des gages de sa foi par le massacre des agens français ;son prince spirituel et temporel prodigua des secours de deux especes pour assurer unsuccès qui devoit , comme chacun sait, effectuer le rétablissement de la religion : laToscane , plus prudente, résista long-temps à la séduction de l’exemple; sa conduitegénéreuse envers les artistes chassés de Rome attesta quelle violence lui fit l’insolentamiral de l’escadre anglaise , qui la força de rompre sa neutralité sous peine de voirses ports incendiés : Venise , toujours prudente, ne s’armoit point pour la défense del’Italie ; mais , trop complaisante pour son redoutable voisin , elle refusoit de recon-noître l’envoyé de la république , et annonçoit par-là ce qu’on devoit attendre d’elle siles armes nous étoient défavorables : Modene , Parme , Raguse , trop foibles pouravoir d’autre volonté que celle du vainqueur , fournissoient leur mise en grains et enargent. Gênes seule restoit à séduire ou à intimider pour compléter le triomphe del’Angleterre , et pour qu’il ne restât pas un seul port de ITtalie ouvert aux vaisseauxfrançais . Cette république , si peu considérable par son territoire , et qui n’acquéroitd’importance aux yeux des coalisés que par sa proximité de nos frontières , et parles ressources que nous pouvions tirer de ses ports , plusieurs fois conquise etdéfendue par les Français , entretenoit depuis deux siècles avec eux une alliance quen’a voient pu altérer que momentanément les violences de Louis XIV . Le peuplegénois , habitué à voir en nous des amis fideles et puissants , avoit manifesté plusieurs

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