QUATRE-VINGT-DIXIEME TABLEAU
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DE LA REVOLUTION.
MORT DES VINGT ET UN, LE 3 i OCTOBRE 1793;
LE 10 BRUMAIRE, AN DEUXIEME DE LA RÉPUBLIQUE.
Le décret qui avoit ordonné, le 2 juin , l’arrestation de trente-deux membres de laconvention nationale avoit été converti en mise hors la loi de ceux qui s’étoient soustraitsa cette violence. C’est une des plus atroces inconséquences de ces temps révolu-tionnaires que d’avoir osé déclarer que la loi n’existoit plus pour une certaine quantitéde citoyens qui avoient tous le même droit à sa protection. On frémit quand on songeque cette disposition sanguinaire , qui étoit prise avec la plus grande légèreté , futappliquée à tous les députés qui ne vouloient pas se laisser égorger par les assassinsjuridiques de Paris , à tous les membres de la commission populaire de Bordeaux ,et à beaucoup d’autres individus qui, ne trouvant plus auprès des tribunaux le refugequ’ils doivent à tous les accusés , furent obligés de s’ensevelir dans des cavernes , oude s’exiler d’une patrie qui les rejetoit de son sein. Gorsas fut le premier des députésproscrits qui perdit la vie par cette loi abominable. Ce caustique journaliste , quis’étoit dévoué avec tant de courage , dès l’aurore de la révolution , à poursuivre tousles abus de l’ancien régime , avoit vu récompenser son zele par sa nomination àla convention nationale. Son amour des principes , son inflexible haine pour touteespece de tyrannie , le firent proscrire après le 3 i mai. D’abord fugitif à Caen et àRennes , l’imprudent osa revenir à Paris . Il fut trahi, livré au tribunal et exécuté le16 vendémiaire.
Le 25 du même mois, péris aussi sur l’échafaud la ci-devant reine des Français ,Antoinette d’Autriche , cette femme à jamais célébré dans les annales de la France ,
et que l’on peut regarder comme la principale cause des malheurs de son mari.
Ce n’étoit pas pour s’arrêter dans le champ du carnage que les tyrans se permettoientces sanglantes exécutions. La mort de Gorsas ne devoit que préparer celle de sesmalheureux collègues. Le peuple ayant vu avec indifférence cette breche funeste à lareprésentation nationale , tout ce que cet auguste édifice contenoit de grand , de beau,alloit s’écrouler avec fracas , et laisser sans défense tous les amis de l’ordre , des loise t de la république.
Le 11 vendémiaire , Amar avoit présenté , au nom du comité de sûreté générale ,un acte d’accusation de la convention nationale contre quarante et un de ses membres.
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