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Tome second.
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etc.

58o TABLEAUX HISTORIQUES,

nement. Le sang ruissela dans les rues pendant toute la nuit du a3 au 24 août. Lesdéputés Reverchon , Albite , et Dubois-Crancé , se rendirent quelque temps après àMâcon pour diriger les préparatifs hostiles contre Lyon . Les habitants de cette derniereville les assurèrent de leur soumission aux lois de la république : mais on leur réponditqu’il falloit livrer leurs armes , et les chefs de leur nouvelle administration. LesLyonnais , réduits au désespoir , choisirent pour les commander le général Précy. Dubois-Crancé et ses collègues avoient été rappelés à Paris. Collot-d’Herbois , jadis histrion ,sifflé à Lyon , Couthon et Maignet , levèrent une armée d’environ cent mille sans-culottes , et firent bombarder cette malheureuse cité, qui fut obligée d’ouvrir ses portesaux assiégeants. Chàlier y avoit été quelque temps auparavant condamné et mis à mort.Lorsque Collot, Couthon et Maignet furent entrés dans Lyon , ils firent d’abord égorgerplus de deux mille habitants. On fit l’apothéose de Châlier . Collot, ne trouvant pasl’action de la guillotine assez prompte , inventa une nouvelle atrocité qui devoit fairepérir les prisonniers en masse -, ce fut de les exterminer par le canon chargé à mitraille.Deux cents soixante-neuf victimes des deux sexes périrent en un seul jour de cettemaniéré ; on les avoit liées deux à deux ; six canons chargés à mitraille étaient placésen face -, deux autres chargés à boulets étaient en arriéré. Quelques-uns de ces pri-sonniers , dont les liens furent rompus par la mitraille , prirent la fuite : ils furentpoursuivis , hachés a coups de sabre : on les jeta dans le Rhône . Plusieurs respiroientencore , deux eurent la force ou le malheur de nager jusqu’à un banc de sable ; ilstendoient envain leurs mains défaillantes : quelques dragons de Lorraine et quelquessans-culottes traversèrent le bras du fleuve , et achevèrent de les tuer. Cette horribleexpédition dura plus d’une heure ; et Collot-d’Herbois , qui en fut l’ordonnateur, assassinaplusieurs victimes de sa main. Le sang coula pendant cinq mois dans Lyon . Plus de sixmille victimes périrent dans ce carnage vaste et prolongé. Enfin, pour mettre le combleà tant de férocité , et pour insulter par la dérision la plus cruelle à cette ville infortunéequ’ils avoient rendue veuve de ses habitants , et dont ils avoient fait raser et démolirles principaux édifices , Couthon et ses collègues la nommèrent Commune affranchie. Hélas !c’était une commune esclave et déserte. Il ne faut pas oublier que ces représentants .. .que ces montres n’employerent aucune voie de conciliation, avant d’en venir au bombar-dement de Lyon , qu’il était si aisé de prévenir. Il faut dire aussi à la postérité la plusreculée que la nouvelle de la destruction d’une des plus florissantes villes de France futreçue par la convention assemblée avec la même joie , les mêmes transports d’alégresse,qu’on eût pu faire éclater pour une victoire remportée contre les ennemis extérieursles plus acharnés , ou les plus redoutables.