388 TABLEAUX HISTORIQUES, etc.
aux bourreaux pendant les exécutions , et notamment aux massacres des 2 et 3 septembre1792 , et insulter avec une joie féroce à tous les infortunés que le tribunal révolution-naire envoyoit à l’échafaud. Il nous reste à parler d’un autre motif qui portoit Robes-pierre à prononcer ou faire prononcer les proscriptions dont nous venons de rendrecompte. La désunion s’étoit mise entre le club des cordeliers et celui de jacobins , parceque les premiers se prononçoient moins pour Robespierre , et paroissoient vouloirrivaliser avec la société-mere. Les cordeliers avoient acquis une popularité qui ne pouvoitqu’alarmer les jacobins , et surtout Robespierre . Enfin les cordeliers avoient à leur têteDanton , que le tyran jalousoit depuis long-temps , et qui étoit en effet un rival redou-table pour lui. En proscrivant Hébert, Chaumette et Momoro , Robespierre facilitoitla chute des autres coryphées du club des cordeliers. Ceux-ci ne s’apperçurent pas quela hache révolutionnaire étoit également suspendue sur leur tête , et qu’abandonnerquelques-uns de leurs membres c’étoit s’abandonner eux-mêmes. On a vu que la conventionavoit fait la même faute : ce qui prouve cette grande vérité avancée par Linguet, qu’uncorps trop nombreux gouverne ordinairement plus mal ses propres intérêts qu’un simpleparticulier ne gouverne les siens. La nuit du 3o au 3i mars Danton fut immolé , et leclub des cordeliers perdit toute son influence.