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Tome second.
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4ia TABLEAUX HISTORIQUES, etc.

la Catalogne : dans les Alpes , nous nous rendîmes maîtres des plus belles vallées duPiémont 5 dans le Nord, du Palatinat, du pays de Liege , de la Belgique , et de la West-Flandre hollandaise. Alors les généraux Pichegru et Jourdan rappelèrent ces temps oùTurenne et Condé ne rivalisoient que de gloire. Nous ne prétendons pas assigner lesrangs que la postérité leur donnera ; nous nous bornons à dire que Pichegru et Jourdanont mis leurs noms , jadis obscurs , presque à côté des noms les plus célébrés. Tropgrands pour être bassement jaloux l’un de l’autre , ils concouroient à l’envi aux grandsprodiges que nous venons de retracer , l’un sur les bords de l’Océan , l’autre le longde la Meuse et du Rhin : le premier , maître du fort de l’Ecluse et d’Anvers , dont ilchassa le duc d’Yorck , menaçoit les provinces maritimes de la Hollande : le second ,poussant vers le Rhin les armées d’Autriche et de Prusse , les empêchoit de secourirles Anglais , cantonnés dans la Hollande proprement dite et dans quelques places dela Zélande .

Depuis la bataille de Fleurus , la résistance que fit l’armée combinée de Prusse etd’Autriche , dans les différents postes que la nature lui faisoit trouver tout fortifiéssur son passage , n’avoit d’autre objet que de sauver les grands approvisionnementsqu’on avoit faits pour elle. Ce fut dans cette vue que, forcée d’évacuer le Limbourg etune partie du duché de Juliers , elle s’étoit retranchée de nouveau derrière la Roër ,sa droite appuyée à la citadelle de Juliers , et sa gauche adossée à des montagnesgarnies de canons. Jourdan , pour profiter de la victoire de Flenrus , fit attaquerces retranchements le 3o octobre. Toutes les colonnes s’ébranlèrent avant le jour : lecamp de Juliers et les redoutes furent emportés en moins de deux heures. La frayeursaisit les ennemis , qui auroient pu se défendre dans Juliers , dont la citadelle , flanquéede six bastions , étoit environnée de fossés pleins d’eau : ils s’éloignèrent avec préci-pitation à la faveur d’un épais brouillard qui s’éleva sur le soir : le lendemain aulever du soleil le drapeau tricolor flotta sur les murs de cette citadelle. Le reste decette mémorable campagne fut un enchaînement de triomphes pour les Français : ilss’emparèrent de Coblentz , ville regardée depuis deux ans , par les puissances coalisées,comme la résidence de la cour de France. Il ne resta plus aux Allemands à cette époque,sur la gauche du Rhin , que les villes de Mayence et de Luxembourg , qui furentbientôt assiégées. Dans ce même temps Maëstricth , que les Autrichiens croyoientinexpugnable , surtout pendant l’hiver , fut enlevée le 6 octobre. On y trouva troiscents soixante pièces de canon , près de quatre cents milliers de poudre , et quatorzemille fusils. Bientôt la Hollande entière fut envahie plus utilement qu’elle ne l’avoitété par Dumourier , parceque cette conquête fut dirigée dans un tout autre esprit.Telles furent les conséquences inappréciables de la victoire de Fleurus.

V