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Tome second.
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CEN T-S IXIEME TABLEAU

DE LA RÉVOLUTION.

CLOTURE DE LA SALLE DES JACOBINS, DANS LA NUIT

DU 27 AU 28 JUILLET 1794;

NUIT DU 9 AU 10 THERMIDOR, AN DEUXIEME DE LA RÉPUBLIQUE.

Les sociétés populaires ont servi peut-être la révolution dans ses premiers moments ;elles ont infiniment aidé à lui imprimer un grand mouvement : mais ces sociétés , utilesquand il ne s’agissoit que d’abattre le colosse du despotisme , étoient devenues très-dangereuses quand il nefalloit plus qu’établir une constitution sage, et prévenir l’anarchie,qui est ordinairement la suite d’une grande révolution. S’il est une histoire dont la posté-rité puisse tirer de grandes leçons , c’est assurément celle de nos sociétés soi-disant popu-laires. Aucune histoire n’est plus propre à prouver à quel point de perfides déclamateurspeuvent égarer le peuple, à quels excès ils peuvent le conduire. La plus désastreuse detoutes les dominations , la plus affreuse de toutes les tyrannies , est celle de ces prétendusorateurs ou parleurs qui de tout temps ont séduit la multitude , et l’ont enivrée de leursfureurs. Les écrivains politiques de l’antiquité conviennent que le principal défaut dugouvernement démocratique , lorsqu’il n’y a pas la balance des pouvoirs , c’est-à-direune bonne constitution établie , est la puissance presque magique des orateurs dansles délibérations soumises à des assemblées tumultuaires et trop nombreuses. On comparoitavec raison leur parlage, tantôt au chant perfide des syrènes , tantôt gu bruit confus etsinistre d’un tonnerre retentissant. Ils subjuguoient au lieu de persuader , ils assour-dissoient au lieu de raisonner et de convaincre. C’étoient des vociférations et desinjures, des assauts de poumons ( i ) plutôt que de logique. Une république ressemblealors à un navire dont le sénat est à peine le pilote , dont les démagogues babillards etoutrés sont les capitaines , et dont les non - propriétaires , les sans - culottes , sont lesmatelots. Comme cette portion du peuple est la moins instruite et en même temps laplus nombreuse , le zele de parti, véritable ou feint, donne de la réputation , de lapopularité, et un grand ascendant aux factieux, lors même qu’ils n’ont ni probité ni senscommun ; l’attachement au parti tient lieu de tout, supplée à tout. « Étrange renverse-ment , dit Gordon sur Salluste , de voir regarder comme honnêtes gens des gens sansmœurs » ! Une autre observation bien importante , et malheureusement trop confirméepar l’expérience de l’époque dont nous parlons , c’est que ce sont ordinairement des

( i ) Histoire secrette de la Révolution française , par François Pagès.

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